le blog de marie madeleine

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livres et spectacles

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samedi 19 novembre 2011

à propos de Marcel Proust

Pendant plus d'un an, je n'ai pas pu lire un seul roman. Trop d'émotions sans doute après une déception qui m'a beaucoup blessée et qui a chamboulé ma vie! Oui je sais, je ne vous ai presque rien dit de mes peines, pudeur oblige! d'ailleurs je suis davantage tournée vers l'avenir que vers le passé. Pour cela il me faut vivre le présent intensément, traverser mes émotions plutôt que les dire et je préfère toujours me consacrer à la reconstruction plutôt que m'étendre sur la démolition. Alors j'ai veillé à savourer les petites choses de la vie, à savourer chaque instant, à méditer régulièrement, j'ai relu les poèmes de Rimbaud, Baudelaire, Victor Hugo et Henri Michaux, je me suis plongée dans Ekhart Tollé, Christiane Singer, Isbelle Filliozat, Louise Hay, Khabil Gibran et aussi Jean-Yves Leloup, Edgar Morin, Platon, Spinoza, Gilles Deleuze et Roland Barthes, je me suis passionnée pour la biographie d'Einstein, et tout cela m'a aidée à me reconstituer et retrouver calme et joie intérieure.

lac-lamaixlac de Lamaix, près d'Allarmont dans les Vosges

Et puis, au bout d'un an, au début du printemps je me suis chargée de la coordination des deux semaines "Traces et Transmissions" à l'Espace du possible.J'ai contacté des "proposants" intéressés par le thème et surtout je me suis replongée dans "A la recherche du temps perdu". Quel plaisir de lire ces pages qui ne m'avaient guère impressionnée lorsque j'étais jeune! Au lycée, la lecture du premier tome de l'oeuvre de Marcel Proust "Du côté de Chez Swann" était obligatoire et se révéla plutôt neutre et sans passion...
Et voilà que j'ai découvert avec délices les lignes, les phrases, les pages de cette oeuvre extraordinaire. Je lis, je relis, je dis à haute voix certains passages pour entendre leur résonnance. Tout est riche, l'écriture est belle et les réflexions sur le souvenir et les traces laissées par le passé sont tout à fait passionnantes.
Lorsque j'étais enfant, dans le joli village de Normandie qui s'appelle Ryes, je passais souvent devant la boulangerie et dévorais des yeux ces coquillages qu'on appelait des roudoudous. La couleur brillait sous la cellophane, et le rouge ou l'orange suffisait à me mettre l'eau à la bouche. Parfois, il y avait ce moment exceptionnel et féérique où Maman proposait d'en acheter. Je m'entends encore demander à la boulangère "un roudoudou s'il vous plait madame" et le mot vibrait sur mon palais comme un roucoulement de tourterelle dans les airs. L'hésitation sur le choix du parfum, le froissement du papier qu'on enlève, le premier contact de la langue avec le sucre coloré, tout était une sorte de ravissement...Et bien dorénavant, pour moi, la lecture de Proust, c'est comme un roudoudou!

lecture3.jpglecture publique, Arômes et délices, Paris XVème

Grâce à l'oeuvre de Proust, j'ai retrouvé le plaisir de sauter dans une nouvelle ambiance, découvrir un auteur, vivre des émotions en pénétrant dans un monde nouveau, bref de lire un roman. Comme toujours, je me suis laissée guider par mon feeling chez Millepages, ma librairie favorite, et depuis l'été j'ai été emportée dans les mondes de Lucia Extebarria, Véronique Ovaldé, Tatiana de Rosnay, Agnès Desarthe et Frédérique Deghelt. J'ai beaucoup aimé "Les déferlantes" de Claudie Galland ainsi que "Victoria et les Staveney" de Doris Lessing mais ce que j'ai préféré c'est "La délicatesse" de David Foenkinos, tant pour le sujet que pour l'écriture. Régulièrement, entre chaque nouvelle lecture, bien sûr, je goûte un peu de mon "roudoudou" en lisant ou relisant certaines pages de "A la recherche du temps perdu". De toutes façons, j'ai de quoi faire durer le plaisir puisqu'il y a plusieurs tomes que je n'ai jamais lus et le seul titre de celui que je lis actuellement me ravit, "A l'ombre des jeunes filles en fleurs".

renoir.jpgun des tableaux champêtres de Renoir que j'adore

jeudi 10 février 2011

Avez vous lu "Ouragan"?

Etait-ce la tiédeur de l'air? Les grosses gouttes qui commençaient à tomber, égrenant leur trace ronde sur le trottoir? je me suis dit "moi, Marie-Madeleine, née le 25 janvier, je sens l'éclosion de la nature à travers cette pluie printanière, comme chaque année après mon anniversaire... tiens je parle comme Joséphine!" et les mots lus il y a peu de temps me vinrent en mémoire:

"Moi, Josephine Linc. Steelson, négresse depuis presque cent ans, j'ai ouvert la fenêtre ce matin, à l'heure où les autres dorment encore, j'ai humé l'air et j'ai dit: "ça sent la chienne". Dieu sait que j'en ai vu des petites et des vicieuses, mais celle là, j'ai dit, elle dépasse toutes les autres, c'est une sacrée garce qui vient et les bayous vont bientôt se mettre à clapoter comme des flaques d'eau à l'approche du train...

Ainsi commence Ouragan, le dernier livre de Laurent Gaudé. C'est sans doute en raison du rythme de ma phrase intérieure que cette pensée m'est venue à la sortie du cours de gym ce matin.Il faut dire que je me sens souvent très proche de cet écrivain dans sa sensibilité extrême, la façon d'écrire, le balancement des phrases et la force des images... Comme je n'avais pas pu le rencontrer lorsqu'il est venu chez Millepages en novembre, j'étais allée dans le 14ème en décembre, à la librairie Le Livre Ecarlate, pour échanger avec lui sur ses écrits et ce très beau livre orchestré comme une chorégraphie d'opéra. Quelle bizarre impression alors, au début du film "Au delà"! j'ai cru replonger dans ce roman lu peu de temps auparavant et j'ai subitement compris que c'est la même chose qui me fait tant aimer les films de Clint Eastwood: les sujets sont graves et l'expression puissante et profonde, que ce soit dans les mots de Laurent Gaudé ou dans les images de Clint Eastwood. C'est pourquoi rentre aussi facilement dans toute la force et l'unité du sujet, exactement comme le vent dans les arbres, entièrement, par l'intérieur de l'être et non seulement par la pensée ou par le ressenti. J'adore!!!
Et vous? Avez vous vu "Au delà"? Avez-vous lu "Ouragan"?

vent

samedi 20 novembre 2010

mouchoirs et homonymes

Deux filles portent le même prénom, deux femmes différentes dans leur allure et dans leur façon de penser, deux filles que j'apprécie chacune pour des raisons différentes!
J'aime bien l'Anarchique pour son apparente joie de vivre, pour son exubérance boute en train, pour les carnets qu'elle réalise et la façon dont elle a su en faire son gagne-pain, Par contre je n'aime pas son intolérance. Elle a beau crier fort sa spiritualité, elle reste souvent dans les mots et sans véritable écoute de la pensée de l'autre.
J'aime beaucoup l'Aristocrate qui malgré son apparence un peu stricte et son air réservé, montre une vraie bienveillance, une sincère attention aux autres et un grand amour de la vie. Elle comprend et accepte les comportements même difficiles de chacun avec une belle ouverture du coeur.

A votre avis, laquelle a aimé "les petits mouchoirs" malgré les critiques assassines du Monde et de Télérama tandis que l'autre a dit tout net sans contrepartie possible "c'est nul et archi-nul!" ???

Certains aiment, d'autres n'aiment pas...c'est vrai qu' au début il y a peu d'émotions et ce n'est qu'à la fin qu'on sort ses mouchoirs parce qu'il yen a trop, mais je trouve que c'est un joli carnet de croquis sur les copains et la jeunesse bobo. Je suis allée le voir avec des amis et nous n'avons pas vu le temps passer! Chacun d'entre nous s'est senti concerné et s'est reconnu dans la complexité de ses relations amoureuses et amicales. Lisez ça, laissez vivre votre sensibilité et voyez vous-même.

cinema1.jpg
Et oui! je me suis remise à aller au ciné. J'ai bien aimé "L'homme qui voulait vivre sa vie" et j'ai adoré "Des hommes et des dieux" qui fait l'unanimité; quel film splendide! Par contre c'est la première fois que je suis vraiment déçue par un film de Woody Allen

dimanche 7 novembre 2010

je ne sais plus lire

Au secours, je ne sais plus lire! Depuis des mois je n'arrive plus à lire, ou plus exactement je n'arrive plus à lire de romans! Pourtant, jusqu'à maintenant j'avais toujours aimé plonger dans l'atmosphère particulière, brumeuse, chaude ou légère, sereine ou grave et tumultueuse d'un roman....

bibli

Toute petite j'ai aimé l'évasion procurée par les contes que Maman lisait, par les histoires que ma tante Suzanne racontait, et très vite par les romans de ma jeunesse. Dès que j'ai su lire, à Ryes, je m'installais dans l'escalier, sur le rebord de la fenêtre qui donnait sur le parc et me plongeais dans "Un bon petit diable" , "Maroussia" ou "le petit lord Fauntleroy", livres de mon enfance dont le nom évoque aussitôt les symphonies de Beethoven, les Valses de Strauss, Schubert, Mozart, tout ce qu' écoutait Maman l'après midi, alors qu' elle lisait, tricotait ou faisait de la couture. A dix ans, je me suis passionnée pour les "signes de piste", adolescente j'ai dévoré tous les Arsène Lupin Agatha Christi, les romans de Georges Sand, la littérature classique, tout ce qui sortait du fond de la grande bibliothèque de mes parents. J'ai aussi lu secrètement les romans à l'eau de rose et les romans photos que me glissait Denise sous le matelas quand elle faisait mon lit ou le ménage de la chambre.

bibli-enfant

Plus tard j'ai adoré me plonger complètement dans l'atmosphère d'un auteur en lisant tout Balzac, tout Flaubert, Hervé Bazin, sans avoir envie de sortir de leur ambiance ni de faire quoi que ce soit d'autre de mes loisirs. J'ai pleuré avec Scarlett Ohara, j'ai été émue par Les Hauts de Hurlevent, J'emmenais les romans de Tolstoï, les Sexus, Nexus, Plexus d'Henry Miller pour lire en dinant seule le soir dans un petit restaurant Vincennois en face de l'église. Je lisais dans le train, je lisais dans le métro, dans les amphis de la Sorbonne, entre et parfois pendant les cours . Je lisais au soleil sur le pont des Arts pendant que Lionel dessinait à la craie et qu'André vendait ses tableaux. Les garçons se moquait de nous les filles si j'évoquais ce que j'aimais chez Colette, Sagan ou Beauvoir. Nous échangions sur les Chants de Maldoror, Le Meilleur des Mondes, Histoire d'O ou Moravagine autant que sur les écrits de Sartre,Camus, ou Boris Vian. J'ai dégusté Pagnol, dévoré Dostoïovski,savouré les pages de Benoite Groult et Isabel Allende, adoré Jane Austen.

Et voilà que je ne peux pas! je n'arrive plus à suivre une intrigue, à rentrer dans une histoire.

J'ai toujours lu dans mon lit avant de dormir, et depuis que j'ai cessé de travailler, j'avais pris l'habitude de lire le matin avant de me lever. Récemment, j'ai ri avec Katherine Pancol, souri avec Erik Orsenna et tremblé avec Fred Vargas. J'ai lu Eric Emmanuel Schmidt et Amélie Nothomb. Je n'ai pas aimé "l'élégance du hérisson" et j'ai zappé "Millenium" mais j'ai découvert la belle écriture de Laurent Gaudé. Depuis quelques mois, c'est impossible! je flâne chez Millepages et respire dans les rayons de littérature française ou étrangère, je choisis et j'achète des livres qui s'emplilent dans ma PAL (pile à lire).

"A quoi me sert mon petit coin biblithèque? Je n'arrive plus à lire" disais-je inquiète à madame P que je vois régulièrement ces derniers temps, ma psy, quoi! En analysant plus finement mes propos, elle me demande si j'e vais au cinéma, si je regarde des films à la télévision. Non plus! C'est pareil! même envie, même impossibilité.... Je ne peux pas!
Je finis par percevoir que si je n'arrive pas à me plonger dans un roman, je réussis parfaitement à me documenter, m'intéresser à divers sujets, approfondir des connaissances, lire le journal, etc...bref je sais encore lire! Et si je n'arrive pas à regarder un film, je peux suivre des reportages, des sujets d'actualité, je vais voir des spectacles de danse, des concerts ou des pièces de théatre... Je fuis les émotions du romanesque mais poursuis ma quête de connaissances. Ouf!! me voilà rassurée mais tout de même, j'aimerais à nouveau pouvoir échapper au réel, m'évader, explorer d'autres mondes depuis mon canapé, sous la douceur de la couette ou sur un fauteuil de salle de ciné!

dimanche 30 mai 2010

danse, danse, danse!

cherkaoui3

6 jours de spectacles sur le parvis de la Défense pour le Festival Seine de danse. J'ai choisi le spectacle d'ouverture du Ballet du Grand Théatre de Genève avec Jiri Kilian que j'avais déjà vu, mais c'est une autre création qui m'a émerveillée mardi soir : "Loin" de Sidi Larbi Cherkaoui

cherkaoui2

Hier soir, j'ai été époustouflée par la compagnie Käfig dirigée par Mourad Merzouki dans spectacles de hip hop impressionnants: "Correira", course folle de la vie et "Agwa" sorte de chant de l'eau. Que d'énergie et de puissance dans ces jeunes corps en mouvement! que d'humour! que de poésie et de chaleur dans les échanges et le regard sur la vie! J'en avais le souffle coupé.

merzouki

merzouki2

dimanche 23 mai 2010

Ousmane Sow

ousmane_sow

Je me souviens comme ses sculptures géantes faites de matériaux de récupération m'avait impressionnée sur le pont des Arts. Alors quand j'ai su que La librairie Mots et Motions recevait Ousmane Saw à l'occasion de la sortie du livre de Béatrice Soulé, je n'ai pas hésité et ce fut grand moment vendredi soir à Saint Mandé. Il y eut des lectures, de la musique et des échanges simples et sympathiques. J'ai pu bavarder avec Christophe Humbert, le dessinateur, avec Béatrice, Ousmane et des Saint-Mandéens que je n'avais pas vus depuis longtemps. Et oui! il y a bientôt 3 ans que j'ai quitté ma dernière école.

ousmane_sow

Des anecdotes, des péripéties, des émotions racontent la vie d'Ousmane Saw dans sa belle famille Peulh. C'est un livre que Béatrice écrivit à l'attention de sa petite-fille et des petits-enfants du sculpteur, mais c'est la merveilleuse aventure d'un sacré grand bonhomme, que tous ceux qui ont gardé leur coeur d'enfant liront avec plaisir!

ousmane_sow

A l'âge de trois ans, Ousmane tombe amoureux de la lune. pour toujours. Sous la véranda de la grande maison où il vit avec ses neuf frères et soeurs, son père est allongé sur le transat. Lorsque la nuit tombe, il écarte légèrement ses longues jambes pour que l'enfant puisse venir s'y blottir, la tête posée sur son ventre. C'est ainsi qu'Ousmane s'endort chaque soir, à la lueur de la lune, sa mère assise à leurs côtés...

jeudi 15 avril 2010

Les nouvelles brèves

breves.jpg


J'y étais allée en mars et j'y suis retournée hier soir!
...tellement c'est réaliste, tellement c'est juste, tellement c'est percutant et parfois grinçant, tellement j'aime les bistrots, tellement je ne me rappelais pas tout, tellement les décors sont beaux et la mise en scène vivante.
Deux fois je me suis amusée et je crois que j'ai ri plus encore hier car le rire de mon voisin était franc et communicatif et puis j'espèrais, j'attendais la suite, j'avais peur que la fin n'arrive trop vite cette fois-ci encore et ouf, je pouvais continuer à profiter de ce bon moment de langage et de vie .

vendredi 2 avril 2010

quelques lignes pour le 500ème

"Le boulevard périphérique" d'Henry Bauchau m'avait happée dés le début par le rythme et les mots. Est-ce parce que ça commence par une ascension? Ce que j'avais aimé d'emblée c'est une écriture forte, belle et tellement rapide que je me sens essoufflée à la fin de chaque chapître. C'est comme l'effort, l'amour, c'est la vie, la mort...Quelle puissance!

bauchau_0002.jpg

Je viens de commencer à écrire et j'allais parler de mes dernières lectures quand je m'aperçois que c'est une sorte d'anniversaire. Alors, je change de chemin et parlerai littérature une autre fois car c'est mon 500ème billet!

Il s'en est passé des choses depuis mon premier billet en 2007. Se doutait-il Pablo que j'y prendrais autant de plaisir lorsqu'il m'a ouvert cet espace? C'était une idée, un défi, une piste, une occupation pour mes moments de liberté et de solitude....Bloguer est devenu une distraction, un travail de mémoire et m'a offert des découvertes, des rencontres. Merci à l'initiateur de ce blog et merci à tous ceux qui me lisent, particulièrement à ceux qui y laissent leur avis.

Prendrez vous une part de cette belle brioche pour fêter ça?
briocheElle vient de la boulangerie de Saint Germain sur Morin en Seine et Marne

jeudi 28 janvier 2010

Invictus

J'avais beaucoup aimé les précédents films de Clint Eastwood, et ce fut un de mes cadeaux d'anniversaire d'aller voir "Invictus", magnifique hommage au grand bonhomme qu'est Mandela, aux efforts qu'il fit et et à la nécessité d'une foi inébranlable qu'il fallut pour changer les mentalités avec les difficultés qu'il y eut à faire sortir l'Afrique du Sud de l' apartheid. C'est aussi une célébration de la richesse du sport et de la puissance de la ­compétition sur le moral. Ma cousine l'avait vu et en a parlé ici

Et même si les images de jeu ne sont pas parfaites, pour moi, ce sont aussi des souvenirs d'émotions au bord du terrain, de peurs devant les bleus ou les points de suture de mon fils, le combat pour garder blanc des shorts devenus marron, le dégoût des machines de linge...Il y a des images de jeu sous la pluie et en voyant les shorts boueux, je pense à mon "petit garçon" qui passait tout à l'eau avant de quitter le stade pour me faciliter la tâche, et faisait le long trajet du retour avec un sac devenu encore plus lourd, plusieurs fois par semaine. Quand je vais du côté des stades, quand je passe devantLéo Lagrange, souvent je m'en veux de n'être jamais allée le chercher. Pourtant ça ne l'a pas découragé et il a repris depuis 2 ans son sport favori qu'il avait arrêté en quittant Vincennes comme je l'évoquais . Je souhaite bon courage à Camille qui a pris le relais des pansements et des machines!

rugby_1995.jpg En 1991, Tristan avec la balle, à l'entraînement .

C'est amusant car Clint Eastwood avait fait un grand film sur la boxe "Million Dollar Baby" et ma fille a fait de la boxe (française)! Mes deux enfants sont sportifs et ont commencé le sport dès leur petite enfance car je pense que c'est une école de coopération, d'autonomie, d'endurance et de courage: "mens sana in corpore sano"! D'ailleurs ça leur a donné des forces dans les moments difficiles et je pense que ça les aidera toujours.
En latin, invictus est un adjectif fort qui signifie invaincu, invincible. "Je suis le maître de mon destin: je suis le capitaine de mon âme." Quelle leçon de vie dans cette dernière phrase du poème de Henley!

Invictus

Out of the night that covers me,
Black as the Pit from pole to pole,
I thank whatever gods may be
For my unconquerable soul.

In the fell clutch of circumstance
I have not winced nor cried aloud.
Under the bludgeonings of chance
My head is bloody, but unbowed.

Beyond this place of wrath and tears
Looms but the Horror of the shade,
And yet the menace of the years
Finds, and shall find, me unafraid.

It matters not how strait the gate,
How charged with punishments the scroll.
I am the master of my fate:
I am the captain of my soul.

William Ernest Henley

mardi 19 janvier 2010

un tag sympa

domergue.jpgC'est Kéline qui m'a envoyé ce tag sur la lecture que je trouve plutôt sympathique. C'est ainsi que j'ai appris que nous avions plusieurs points communs, la psycho, les non-séries, le choix des livres....Je m'y prête donc de bonne grâce!

1-Plutôt corne ou marque-pages?
Marque-pages toujours, qui est très souvent un ticket de métro. Par contre je corne les pages dont je veux noter un passage si je n'ai pas de crayon sous la main.

2-As-tu déjà reçu un livre en cadeau?
Très souvent, depuis que je suis enfant. Comme disait un jour ma fille il y a quelques années: "je n'imagine pas un anniversaire ou un Noël sans livres".

3 -Lis-tu dans ton bain?
Non, d'ailleurs je prends chaque jour une douche et très rarement un bain!

4-As-tu déjà pensé à écrire un livre?
J'y pense, souvent aiguillonnée par les uns ou les autres, mais je ne l'ai pas encore décidé.

5-Que penses-tu des séries de plusieurs tomes?
Ce n'est guère mon truc, j'aime varier style et idées. Par exemple, j'ai acheté "La valse lente des tortues" dès que j'ai terminé "Les yeux jaunes des crocodiles" mais je lis d'autres choses entre les deux. Il fut un temps pourtant où je lisais par vagues, tout Dostoïevski, les "Sexus", "Nexus", "Plexus" d'Henri Miller, tout Boris Vian etc...

6-As-tu un livre culte?
Non, mais j'aime beaucoup les vieux livres brochés, ce qui m'a permis de découvrir les superbes illustrations de Domergue et d'avoir des signatures originales, comme celle d'Henri Michaux.

7-Aimes-tu relire?
Non pour les romans sauf après de longues années pour une vraie re-découverte. Oui pour les livres de psycho que je consulte, compulse régulièrement afin de trouver des réponses ou des solutions à des difficultés humaines.

8-Rencontrer ou non les auteurs des livres qu'on a aimés?
Eventuellement. J'aime bien offrir des livres dédicacés car je sais pour ma part que l'écriture des écrivains me touche comme le coup de crayon des peintres. Je suis allée souvent m'attendrir devant des manuscrits à la BN

9-Aimes-tu parler de tes lectures?
De temps en temps mais pas chaque fois, ni avec n'importe qui. J'ai horreur des conversations de salon autour d'un livre ou d'un film qui a touché ma sensibilité.

10-Comment choisis-tu tes livres?
Au feeling. je flâne, regarde, touche, feuillette....

11-Une lecture inavouable?
Qu'est-ce qu'une lecture inavouable? Anaïs Nin? Sader-Masoch et sa "Vénus à la fourrure"? ou bien des romans de hall de gare, genre Ana Gavalda ou Marc Lévy?

12-Des endroits préférés pour lire?
Non. Je m'isole facilement et m'évade complètement, quel que soit le lieu, y compris dans le métro, d'ailleurs je dois être vigilente car je "rate" souvent mon changement.

13-Lecture en musique ou en silence?
Peu importe, mais si je lis je n'entends ni la musique ni les conversations.

14-lire un livre électronique?
Pas tentée! Dans un livre j'aime aussi le contact, l'odeur et le bruit des pages qu'on tourne...

15-Un livre pour toi serait?
Je ne comprends pas la question. Ou plutôt chaque phrase que j'écris là est un élément de réponse.

16-Lire par dessus l'épaule?
Bof!

17-Lire et manger?
Parfois pendant le petit déjeuner

18-Quel est le titre que tu lis actuellement et quel sera le prochain?
Je lis "ni d'Eve ni d'Adam" d'amélie Nothomb, et c'est Henri Bauchau qui m'attend avec "Le boulevard périphérique"

19-As tu déjà abandonné la lecture d'un livre?
Peu mais ça m'est arrivé avec des lectures que je m'étais imposées pour faire comme tout le monde, par exemple "L'élégance du hérisson" que j'ai abandonné après 50 pages.

20-Qui tagues-tu?
Je pense que ma cousine n'a pas trop le temps mais si ça lui dit... et aussi à Célestine,, Elisa, Hermione et tous ceux ou celles qui le souhaitent...

michaux.jpg

lundi 11 janvier 2010

ma vie comprise

J'aime vraiment Benoîte Groult, sa façon de parler des femmes, des vieilles, des jeunes, des sages et des autres. De l'intérieur, sans détours. J'ai souvent l'impression qu' elle parle de moi, de ma vie. Je suis comprise, acceptée avec mes faiblesses et pour une fois, je ne me sens plus pécheresse. Dans "Les vaisseaux du coeur", c'est comme si elle évoquait cette relation discrète qui parfois me rend sombre, et me laisse inévitablement seule le week-end. C'est pourtant tellement essentiel à mon être que je ne sais ni comment, ni pourquoi m'en défaire... De temps en temps, il m'arrive d'avoir peur et d'être envahie d'inquiétudes:

"C'est pas moi qui compte pour moi, c'est toi dans ma vie."
"Comment saurais-je s'il va bien? comment me fera-t-il savoir s'il a besoin de moi? Toute la précarité de notre relation nous apparaît....On se dit longtemps qu'on a sauvé l'essentiel, qu'on a gardé la meilleure part.Mais vient le jour cruel où, dans le plus grand besoin, celui qu'on aime ne peut plus vous appeler. Je suis moins que la dernière de ses amies désormais et cette impuissance m'accable."
"Mais je frissonnais malgré le temps doux, comme si ma peau toute entière eût été en deuil de lui. En deuil d'un homme avec lequel je n'aurai jamais passé Noël."

Moi aussi j'essaie de lutter, de m'éloigner, je me raisonne et tente de me détacher. Mais est-ce facile de raisonner ce qu'on ressent? je me laisse envelopper par la douceur des attentions et je vis par moi-même, entourée d'amis, pleinement, au présent, et de mieux en mieux.

mercredi 6 janvier 2010

mes voyages

Honteux! jusqu'à 10h la tête sur une pile d'oreillers et le reste du corps enfoui sous la couette...pourtant, je ne clochardise pas comme disait ma grand-mère des gens qui traînent au lit. Non! au contraire je voyage! Ma première évasion 2010 m'entraîne sur Les vaisseaux du coeur, roman de Benoîte Groult dont j'ai parlé dans un précédent billet. C'est ainsi que je commence mes journées les matins où je ne vais pas à la gym, où je ne prends pas le train, où je n'ai pas d'engagement... C'est chaque fois un merveilleux voyage! pas seulement dans l'histoire, l'aventure ou le suspense, pas seulement dans l'atmosphère ou les idées ni dans une époque, mais surtout dans la langue. Surprises et variétés du rythme, des mots et des tournures sont toujours au rendez-vous. C'est ce qui m'a le plus frappé dans mes dernières lectures.

Il faut dire que je suis passée de Carlos Ruiz Zafon, écrivain espagnol qui vit aux Etats- Unis, né en 1964, à André Gide dont l'écriture est tellement raffinée voire un peu maniérée, né presque cent années plus tôt, en passant par George Sand, femme exceptionnelle aux idées révolutionnaires et à l'écriture un peu désuette, aussi terrienne que ses origines, née au début du XIXème.

Voici quelques extraits de mes 3 derniers voyages:

Carlos Ruiz Zafon:
L'ombre du vent est à l'image de son site, sur fond noir d'où sortent des taches de lumières dans les méandres sans fin des tourmentes de la vie.

des phrases que j'ai aimées:

rien ne marque autant un lecteur que le premier livre qui s'ouvre vraiment un chemin jusqu'à son coeur.

Les mots avec lesquels on empoisonne le coeur d'un enfant, par petitesse ou ignorance, restent enkystés dans sa mémoire et, tôt ou tard, lui brûlent l'âme.

Nous restons vivants tant que quelqu'un se souvient de nous

et une que j'ai eu du mal à accepter:

Faire confiance aux femmes est une chose, et faire confiance à ce qu'elles disent en est une autre.

André Gide:
La symphonie pastorale m'avait bouleversée. Je l'avais découvert en 3ème, au lycée, pendant une heure de colle, alors que j'avais terminé la punition obligatoire. J'ai lu les autres oeuvres au fil des années et relu il y a quelques années La porte étroite pour confirmer mon horreur du sacrifice. Il n'y avait guère que L'Ecole des femmes que je ne connaissais pas et dont l'actualité des propos m'a sidérée:

Quelles réflexions sur l'être et le paraître, le rôle de l'église, la puissance des mots!

C'est que, au fond, l'Eglise et lui ne se soucient que des dehors. L'abbé s'accomode bien plus volontiers d'un simulacre qui le sert que de ma sincérité qui le gêne

Je sais à présent découvrir dans les grands auteurs du passé, à travers ce qui ne me paraissait que pompe froide et beau langage, beaucoup de confidence, au point que de certains d'entre eux j'ai fait des conseillers secrets, des amis , et c'est souvent pès d'eux que j'ai cherché refuge...car je me sens terriblement seule.

car tout naturellement, et presque malgré soi, on en vient à penser ce que l'on a dit.

George Sand:
Quand Eve m'a demandé si j'avais des livres de George Sand dont elle n'avaitétudié que des extraits à l'école, j'ai cherché en vain dans mes étagères. Et au rayon poche chez Millepages, on ne trouve rien, il faut aller voir au rayon classique. C'est ainsi que j'ai relu chez Eve La Petite Fadette de mon enfance. Je me souvenais bien de l'étage de la bibliothèque de mes parents où elle était rangée et de l'aspect du livre dans la collection Nelson dont j'ai encore quelques exemplaires, mais pas du tout de la finesse psychologique et des idées. Comment l'aurais-je pu à 12 ans?

Landry ne pouvait pas deviner cette jalousie de son frère ; car, de son naturel, il n'avait eu, quant à lui, jalousie de rien en sa vie.

La belle Madelon qui était renommée pour son air sage et pour ses manières fières avec les garçons, était cependant très coquette en dessous, et pas moitié si raisonnable ni si fidèle dans ses amitiés que le pauvre Grelet, dont on avait si mal parlé

Moi, je crois que l'amour me commanderait encore plus que ce que l'amitié me fait faire.

Je crois bien que, quand elle le suivait par les champs et par les chemins, en lui disant des folies et des taquineries pour le forcer à s'occuper d'elle, elle ne savait point encore ce qu'elle faisait, ni ce qui la poussait vers lui.

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mardi 1 décembre 2009

l'entre-deux

Entre deux eaux. Entre chien et loup. Entracte.

Je viens de refermer mon livre et me sens toute chose. c'est une séparation qui me laisse pantoise, un peu désemparée. Je ressens comme un vide et reste assise un moment, les yeux dans les étoiles. C'est le départ d'amis invités à dîner, les conversations se sont tues, la porte s'est refermée, la table n'est pas encore débarrassée et le silence s'installe, bienveillant. C'est le retour d'une soirée joyeuse où la danse et les échanges ont tourbillonné, j'enlève mes chaussures et laisse vagabonder mes pensées. C'est le moment où il rentre chez lui, après tant d'échanges et d'intimité, j'ai la joie sur le coeur et les larmes près des yeux. C'est le départ du train ou l'avion qui s'envole, l'ascenseur qui démarre quand les enfants s'en vont, et le ventre se noue, juste au creux, sous les côtes...

L'entre-deux. C'est le vestibule où j'avais accroché mon manteau et posé mon foulard. Je me recoiffe devant le miroir, remets du rouge à lèvres, attrape le manteau et plonge dans la rue. Changer d'atmosphère, braver la vie, difficile bascule! Je me suis préparée, j'ai passé du temps chez Millepages et choisi les prochaines lectures. Il me faut toujours un moment, une sorte de sas pour passer d'un livre à l'autre. Et voilà, j'attendrai demain pour me plonger dans "l'ombre du vent" après le monde délicieux, enjoué, vif, plein de larmes et de rires de Katherine Pancol.
livres

dimanche 29 novembre 2009

L'atelier du peintre

Eve a régulièrement des rendez-vous à Paris. Elle essaie souvent de les regrouper pour venir passer quelques jours à Vincennes, retrouver ses amis, voir son père quand il n'est pas en Corse, flâner, etc....Nous prenons le temps de parler toutes les deux et nous nous organisons souvent pour voir un spectacle ensemble. Cette semaine nous sommes allées voir "L'atelier du peintre" du cirque Plume.

cirque

La barbe, c'est d'aller au fond du Parc de La Villette le soir: parking sud complet, nord inaccessible avec les travaux! et puis c'est sombre, loin, difficile de se garer. Heureusement nous avons passé une excellente soirée. Non seulement ils sont tous très "pro" dans leur domaine mais il y a une exceptionnelle cohésion du groupe. Et puis, tout est beau, la musique avec les clowns ou les gymnastes, les associations d'images et d'acrobaties, la variété des matières et du décor. Un vrai bonheur! Malheureusement, je crois qu'il ne reste guère de place à Paris pour cette année :-(( mais on peut le voir ailleurs!

dimanche 20 septembre 2009

Le mec de la tombe d'à côté

Je suis attirée par les histoires d'esprits, je respire à travers les tombes, je devine les ondes qui traversent les cimetières...je m'y sens à l'aise, comme l'an dernier pendant l'expo... ou comme dans le cimetière des anges, à Londres.

cimetière

C'est sans doute pour cela que l'un des livres choisis chez Millepages cette semaine est Le mec de la tombe d'à côté. Un nom pareil, c'était tentant! Je n'écris pas souvent sur mes lectures, mais là, je n'ai pas été déçue, ce fut une vraie bonne surprise. J'ai commencé le soir et terminé le lendemain matin. Certes ce n'est pas très long, 250 pages chez Babel, mais surtout c'est poignant, c'est fort et la gravité sourde s'exprime légèrement. Généralement, je suis plutôt agacée par les chapîtres où alternent les pensées de l'un puis de l'autre avant de se rejoindre dans une vie ou une histoire. Par exemple, je n'ai jamais pu "entrer" complètement dans l'Elégance du hérisson malgré son écriture d'exception, mais dans ce roman, pas de problème, c'est simple. Les ressentis se croisent sans difficulté et sont décrits avec délicatesse et maturité. Pourtant quelle aventure, quelle rencontre détonante, caricaturale entre la bibliothécaire raffinée et le rustre paysan ! j'ai ri toute seule, j'ai espéré et me suis mise en colère. Dur dur les différences culturelles!! Katarina Mazetti écrit en suédois, alors bien sûr, c'est une traduction que j'ai lue. C'est drôle, c'est vif et je me suis délectée.

mardi 7 juillet 2009

Encore et encore...

Cette fois encore, ça commence fort!
mozambique
J'attends toujours la parution en collection de poche des livres que je convoite, pour des raisons de coût, et aussi parce que c'est moins lourd dans mon sac à main. Cette fois-ci, c'est Eve qui a acheté Dans la nuit du Mozambique et me l'a prêté. C'est un recueil de récits que j'ai lu dans le train au retour de Zurich. Je préfère généralement les romans ou les livres qui touchent à la psychologie ou para-psy mais je ne me lasse jamais de lire Laurent Gaudé. Son écriture est forte, parfois violente et me touche beaucoup.

jeudi 21 mai 2009

même pas lu Millenium!

En lisant le billet de Brigitte, je me dis "Ouf!". J'avais cru que c'était obligatoire, que j'allais devoir m'y coller pour ne pas vous sembler trop bizarre... je n'osais pas le dire mais je ne suis pas tentée par la lecture de cette trilogie que s'arrachent les filles! Je me suis dit que peut-être, par curiosité, j'emprunterai le 1er tome à quelqu'une pour ne pas être totalement hors circuit. Bref, je n'ai pas lu Millenium! par contre, je viens de dévorer "Le troisième secret", thriller de Steve Berry, je me suis plongée dans "Les dessous de l'affaire Colonna" - tiens, il est passé aux oubliettes! - et je découvre "Le traité du désir" de Gérard Leleu, un document qu'on devrait offrir aux jeunes couples pour un anniversaire de mariage sans attendre qu'ils soient en souffrance.ann_mariage.jpg

Et je me suis "régalée" en lisant récemment "Les rêves de mon père" de Barack Obama qu'il a écrit il y a plus de 10 ans! C'est une agréable lecture, vive et facile. Il a raison Paul Auster quand il dit "Je ne peux pas cacher que je suis très content que le président des Etats-Unis soit non seulement un écrivain, mais un bon écrivain”! De plus, j'ai aimé découvrir cet homme droit et sincère, avec ses doutes, ses aspirations et ses difficultés. C'est très émouvant. Je comprends mieux la ferveur qu'il a soulevé en nous, l'espoir qu'il fait naître et pourquoi il s'est lancé dans cette mission impossible. Pourvu que la présidence ne le gâche pas!

lundi 18 mai 2009

1, 2, 3 sardines

Au début de la pièce, j'étais sur mes gardes, fleurais l'odeur du gag et me disais en secret "oh la la! ce n'est guère le genre qui va me plaire, comment vais-je tout à l'heure dire à Martin que je n'ai pas aimé? Il faut dire que je déteste la vulgarité, je n'aime pas ce qui touche à l'ordinaire, bref, le boulevard, ce n'est pas trop mon truc, sauf exception. Et bien, ce n'est certes pas littéraire ni intellectuel, mais rien de vulgaire ou grossier, beaucoup de surprises et de mouvements dans " 1, 2, 3, sardines". Grâce au talent des comédiens, aux personnages bien plantés, j'ai passé un bon moment. D'ailleurs on m'entendit rire de bon coeur ce samedi après-midi à La Roseraie de Croissy s/seine!
sardines Le pot en terrasse au "village" et le dîner-pique-nique-sur-les-bords-de-seine, transféré chez la maman de Patricia en raison du froid et de la grisaille, furent eux aussi animés et très joyeux!

jeudi 14 mai 2009

ma vie avec Millepages

millepages
Je ne sais plus exactement quand...à la fin des années 70? au début des années 80? C'était peu de temps après la naissance de mon fils, dans la rue du premier appartement vincennois où j'ai vécu avec ma soeur alors que nous étions étudiantes. Une toute petite librairie s'est installée presqu'au bout de la rue, au coin de la rue Lejemptel, juste avant cette partie où la rue Raymond du temple était tellement crapoteuse que nous ne nous y aventurions guère.

En y pénétrant par curiosité, la première fois, j'ai découvert une sorte de caverne d'Ali Baba! Pourtant, malgré l'espace très réduit, le libraire savait toujours de quoi je parlais et je trouvais tout ce que je cherchais. Il me semble qu'ils étaient deux, ou trois, des jeunes sympathiques qui se pliaient en quatre pour m' aider et me laissaient fouiller dans les tas de livres empilés. Très vite, j'ai changé mes habitudes, et j'ai fréquenté régulièrement cette petite librairie. Je ne continuais à aller rue du midi, chez monsieur Paris dont la barbe et les cheveux blanchissaient, que pour l'achat des manuels scolaires.

Un jour Francis annonça qu'il fermait la boutique - désolation! - mais qu'il ouvrait un plus grand espace - ouf! - rue de Fontenay, de l'autre côté de la rue de Montreuil. Au début, cela semblait loin mais c'était spacieux et finalement pas très éloigné de la bibliothèque où j'allais régulièrement avec mes enfants. Tristan et Eve aimaient y choisir leurs achats pendant que je faisais les miens. J'y ai acheté aussi des livres pour ma bibliothèque de classe, puis les livres de prix pour l'école quand je fus directrice de l'école du Sud. Il y eut une grande fête au centre Pompidou, pour l'inauguration, ou pour un anniversaire, je ne sais plus! Je ne voyais pratiquement plus mon p'tit libraire du coin de la rue! Très occupé par de multiples activités, Francis est devenu un "grand" libraire, éditeur, créateur d'évènements... il s'est entouré de collaborateurs compétents qui font vivre la librairie dont Pascal Thuot est responsable. D'année en année, l'espace est à nouveau trop étroit et il fallut pousser les murs, les livres d'enfants s'exilèrent un peu plus loin, puis les BD: trois librairies Millepages rue de Fontenay qui pourtant ne suffirent bientôt plus.

Et voilà! samedi dernier, nouveau déménagement, nouvel agrandissement sur deux niveaux, plus près du château, plus près de la médiathèque, de la mairie, et plus près de chez moi. C'est clair, c'est fonctionnel et beau. On sent encore le "neuf" mais déjà on respire l'odeur du papier, on vibre en feuilletant les pages, on entend les voix de l'écrit. Comme je suis devenue grand-mère, je continuerai à fréquenter aussi l'ancienne librairie où le coin des enfants déménage pour s'étendre un peu plus :-)) Presque trente ans de ma vie où je flâne, rêve, glâne des infos et choisis mes lectures chez Millepages.

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mercredi 25 mars 2009

Enfers et voyage

gaudeToujours cette écriture somptueuse et chaude que j'aime tant chez Laurent Gaudé! C'est la même émotion puissante que j'avais évoquée après avoir lu Le Soleil des Scortas. Dans La Porte des Enfers les vivants rencontrent les morts, les âmes se croisent et s'expriment dans un même langage. Le père rejoint son fils dans un voyage aux Enfers et lui offre la vie en échange de la sienne devenue inutile. Conscience de la mort lièe à la vie comme dans une superbe constellation familiale. C'est une force de l'écrit qui rappelle celle de la matière dans certaines sculptures. D'ailleurs le titre du roman est bien proche de celui de la Porte de l'Enfer qu'on peut toujours voir dans le jardin du musée Rodin et la description des Enfers n'est pas sans rappeler le texte de Dante dans La Divine Comédie.

Un très beau livre, vraiment.

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