le blog de marie madeleine

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livres et spectacles

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samedi 9 janvier 2016

Préférences 2015

J'ai toujours été fascinée par le théâtre. Nous fûmes initiés par mes parents aux plaisirs du spectacle et de la scène. Adolescente je fus subjuguée par Phèdre au Français, invitée plusieurs fois par notre amie Helen Dessonnes dont le mari avait été doyen de la Comédie Française. Plus tard je suis allée plusieurs fois à Chaillot voir jouer mon oncle Jean, un des frères de Maman, qui était comédien au TNP dirigé par Jean Vilar puis par Georges Wilson. Pendant mes années d'études à la Sorbonne, j'ai fréquenté beaucoup de comédiens et c'est au théâtre Mouffetard lors de la création du farfelu Jesus-Fric Supercrack pour lequel j'avais fait tous les costumes, que j'ai rencontré celui qui fut mon mari pendant presque 20 ans. Nous avions en commun ce goût de la scène et d'ailleurs nous jouions partout!

Comarque.jpg 1972, avec Jean-Marie en Dordogne au château de Commarque qui était alors une ruine, scène ouverte à tous vents

Malheureusement les places de théâtre sont chères et lorsque j'ai quitté mon travail, j'ai renoncé à mes abonnements par souci d'économie. Toutefois, je suis gâtée par mes proches qui connaissent ce goût et m'invitent parfois à les accompagner ou m'offrent des places. C'est ainsi que je vais régulièrement voir des ballets contemporains ou des pièces de théâtre . En 2015 trois spectacles ont eu ma préférence dans tout ce que j'ai vu. S'ils passent du côté de chez vous,allez-y!

  • Des fleurs pour Algernon, chef-d’œuvre de Daniel Keyes adapté au théâtre que j'ai vu à Vincennes en janvier grâce à Eve. C'était re-mar-quable et j'ai compris pourquoi Grégory Gadebois a obtenu le Molière du meilleur comédien en 2013 et celui du meilleur comédien seul en scène l'année suivante
  • Le bizarre incident du chien pendant la nuit que je suis allée voir cet automne à la Cartoucherie sur les conseils de mon amie Sylvie, elle-même comédienne dans une troupe amateur et ressource en bons plans du côté des scènes parisiennes. Quelle audace et quelle prouesse d'acteurs dans ce sujet singulier et cette mise en scène qui décoiffe. Superbe!
  • Opus 14- La danse contemporaine étant aussi un de mes grands plaisirs, j'ai eu la chance d'être plusieurs fois invitée à Chaillot par mon grand ami Pablo. Cette année mon spectacle préféré fut la magnifique chorégraphie de Kader Attou. Que d'admiration et d'émotions lors de ce splendide ballet vu en décembre dernier!

Et vous? Qu'avez vous vu et aimé cette année? Si vous avez envie de savourer la belle langue française de Molière, courez voir avant le 31 janvier à Ivry sur scène, au théatre Antoine Vitez, Les femmes savantes dans l'atmosphère des années 60,

au moment où de nouvelles revendications féministes voient le jour. Quand des questions comme “ Qui fait la cuisine ? ”, “ Qui s’occupe des enfants ? ”, “ Qui a le temps de lire ? ” deviennent des questions politiques. Elisabeth Chailloux

mercredi 26 novembre 2014

Bain de lune

Je l'avais rencontrée au festival America. A la même table il y avait deux femmes resplendissantes et graves, Rita Mestokosho dont je voulais acheter le recueil de poésie " Née de la pluie et de la terre" et Yanick Lahens. Je suis allée lui parler et j'ai beaucoup aimé sa voix profonde, et ce qu'elle disait de la terre, des sources de vie et des femmes. Alors j'ai acheté son livre "Bain de lune". C'est un roman d'une incroyable puissance empreinte de poésie. Quel lien fort avec la terre, l'histoire de son pays et les êtres qui l'habitent!
Lorsqu'elle fut récompensée par le prix Femina, j'ai été ravie, un peu comme s'il s'agissait d'une amie. Je parle rarement de lecture sur ce blog, d'ailleurs je ne lis plus guère que deux ou trois livres par mois, beaucoup moins qu'à certaines époques. Il y a des livres que je trouve intéressants ou passionnants, mais assez peu qui m'émerveillent. " Bain de lune" est un de ceux là.

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Juste une histoire qui est celle des hommes quand les dieux se sont à peine éloignés... Quand la mère et le vent soufflent encore tout bas ou à pleins poumons leurs noms d'écume, de feu et de poussière. Quand les eaux ont tracé une bordure franche à la lisière du ciel.... Une histoire de tumultes et d'événements très ordinaires. Quelquefois de fureurs et de faims. Par moment de corps qui exultent et s'enchantent. Par d'autres de sang .et de silence. Et parfois de joie pure. Si pure.... Une histoire ou un monde nouveau chevauche pourtant déjà l'ancien. Yanick Lahens

vendredi 28 mars 2014

Bric à brac

Je me réjouissais d'aller voir à Chaillot Metamorphosis.Dés l'entrée dans la salle, le décor m'a surprise et séduite. Quelle déception ensuite! Quelques danses m'ont fascinée, les références aux mythes fondateurs m'ont interessée, un moment de poésie m'a émue, la montée en puissance musicale m'a emprisonnée, mais chaque fois l'envolée qui se fait dans la violence et souligne la noirceur du monde m'a terrifiée. Le texte d'Ovide est un prétexte à plus de deux heures de bric à brac sonore et lumineux, à plus de deux heures de vomissures de couleurs et de mots. Cette vision de la violence du monde contemporain et de ses puissances manipulatrice est trop loin de moi, trop loin de l'espoir et de l'amour, de ma façon de voir le monde et d'appréhender la vie. Ce fut difficile à supporter aussi bien pour Pablo que pour moi. En sortant j'avais mal à la tête mal au coeur, envie de boire et de me laver.

metamorphosis.jpg un des moments que j'ai trouvé très beau au cours de cette soirée

Cette année c'est la première fois qu'un spectacle me déçoit mais heureusement j'ai vu d'autres choses!
En janvier ma fille et moi avons été enchantées par "La Locandiera" de Goldoni que nous avons vu le soir de mon anniversaire au théâtre de l'Atelier. Le texte vif est porté par d'excellents comédiens et nous avons bien ri et souvent souri avec émotion devant l'interprétation vive et légère de Dominique Blanc, Locandiera pétillante et futée, porte-drapeau des femmes.
Quand elle m'a invitée à voir "Le Pianiste aux 50 Doigts"de Pascal Amoyel au théatre du Ranelagh, Sylvie ne savait pas que j'adore Cziffra découvert grâce à Maman avec les Rhapsodies hongroises de Lizt lorsque j'étais enfant. Merveilleux partage musical qui donne envie de reprendre les propos du Canard enchaîné "Pascal Amoyel fait feu de tout doigt"ou de France musique "Le spectacle de Pascal Amoyel sur Cziffra… Bouleversant… des frissons !"
Quelle force sombre et quels comédiens dans "Mangez le si vous voulez" d'après Jean Teulé au théâtre Tristan Bernard. C'est l'histoire vraie d'un fait divers (1870)où un seul mot mal interprété conduit son auteur à la torture et à la mort. C'est terrifiant! Heureusement que le grotesque et l'humour nous aide à supporter cette histoire tellement possible, tellement actuelle.
J'ai vu "Liliom" au théâtre de La Colline, pièce écrite par un dramaturge hongrois dont Fritz Lang fit un film en 1934. Représentation sensible et fine pour d'émouvants personnages qu'on voit se battre pour sortir de la misère sociale mais aussi affective et culturelle.
Au théatre de Belleville, "La maladie de la mort" d'après Marguerite Duras est un spectacle étonnant et riche entre danse, performance théatrale et jeux de lumière magnifiques.
Avant d'en parler à mes amis et à leurs enfants j'ai vu Eve Dadiès, superbe sorcière clowne que je vous conseille d'aller voir avec vos 4- 8 ans si elle remonte sur scène aux prochaines vacances scolaires

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La lecture théatrale à Vincennes d "Exploits mortels" de Rasmus Lindberg m'a donné envie d'aller voir "Le mardi où Morty est mort à La Cartoucherie. Oui mais quand? ça ne dure que jusqu'au 13 avril et l'emploi du temps de mes soirées est très chargé jusque là!

dimanche 5 janvier 2014

lectures 2013

Je lis moins qu'avant. Dans la journée je vaque à différentes activités, je me couche tard, et le soir je m'endors souvent très vite après quelques pages. Le matin je bondis, prête à parcourir la vie... Alors comme Maman, je lis après le déjeuner sauf le jeudi où je dois être aux restos du coeur au début de l'après midi.

Voici toutefois les titres des livres lus au cours de l'année qui vient de se terminer:

Partir Tahar Ben Jelloun
Un lien fraternel Wells Tower
Le journal intime d'un arbre Didier Van Cauweart
Du bon usage des crises Chrisiane Singer
Mercure Amélie Nothomb
Proust fantôme Jérôme Prieur
La prophétie du Golghota Jean-Michel Riou
Kafka sur le rivage Haruki Murakami
Traité de vie intérieure Frédéric Lenoir
"Une saison ardente" Richard Ford
"La fabrique des mots" Erik Orsenna
" Des frères et des soeurs" Sylvie Angel
"Le confident" Hélène Grémillon
"Celui qui court derrière l'oiseau" Marie Nimier
"Milarepa" Eric Emmanuel Schmitt
Lydia Cassat lisant le journal du matin Harriet Scott Chessman
Zarbie les yeux verts Joyce Carol Oates
La liste de mes enviesGrégoire Delacourt
Derborence Charles-Ferdinand Ramuz
"La mare au diable" Georges Sand
"un souvenir d'enfance de Leonard de Vinci" Sigmund Freud
"Questions à mon père" d'Eric Fottorino
"Monsieur Ibrahim" Eric-Emmanuel Schmitt
Les chutes Joyce Carol Oates
"La réforme de l'entendement" Spinoza
"La femme aux pieds nus" Scholastique Mukasonga
"Nous ne savons pas aimer" Jean-Marie Rouart
"Une forme de vie" Amélie Nothomb
"Grand Large" Dourvac'h
"Rien ne s'oppose à la nuit" Delphine de Vigan

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C'est avec un regard bien différent de celui de mes 15 ans que j 'ai relu Georges Sand. J'ai rencontré des écrivains connus que je ne connaissais pas comme Richard Ford, découvert Joyce Carol Oates grâce à mon amie Brigitte et Murakami dont je n'avais presque rien lu. J'ai été particulièrement touchée par "Le grand Large"de mon ami Dourvac'h, "Le journal intime d'un arbre" de Didier Van Cauwear et le magnifique "Derborence" de Louis Ferdinand Ramuz dont j'aime l'écriture assez classique, pleine et grave.
Je lis généralement un roman rapidement en même temps qu'un sujet de réflexion sur lequel je m'attarde plus longtemps. Et il y a de longues périodes où je ne lis pratiquement pas. En ce moment je suis plongée dans le "Socrate, Jésus, Bouddha" de Frédéric Lenoir et j'ai commence l'année avec "Le goût des pépins de pomme" de Katharina Hagena rencontrée à Brive où la lumière de son sourire m'avait attirée.

mardi 12 novembre 2013

bain de lecture

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Il n'a pas fait très beau dans le Lot pendant cette semaine que j'ai passée chez mes amis. Ce fut pourtant un merveilleux séjour. Nous avons fait quelques sorties entre les gouttes, mais surtout ce week-end nous avons pris, Josiane et moi, un bon bain de lecture, et arpenté les allées de la Foire aux livres de Brive La Gaillarde. J'ai suivi l'échange inattendu entre Alexandre Jardin et Frédéric Mitterand, fait la connaissance d'Alain Mabanckou à qui j'ai acheté deux ouvrages car je n'ai encore rien lu de lui, j'ai réussi à étonner Plantu qui, du coup, a levé ses yeux clairs au dessus de son dessin et m'a gratifiée d'un grand sourire. J'ai adoré la vitalité joyeuse de Véronique Ovaldé et la gentillesse habituelle d'Amélie Nothomb.

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J'ai apprécié la discrétion d'Emilie Frèche auteur de "Deux étrangers" et j'ai admiré les petites fossettes de Claudie Gallay. J'ai découvert beaucoup de jeunes écrivains agréables et d'auteurs enclins à l'échange comme Thomas Reverdy auteur de "Les évaporés", Jérôme Prieur ou Didier Van Cauwelaert . J'ai longtemps discuté avec l' adorable Marie Rouanet et le charmant Yann Quéffelec, mais j'ai fui Jean-Paul Enthoven, imbu de sa personne et très peu aimable, sans acheter "Le dictionnaire amoureux de Proust" que pourtant je lorgnais! Heureusement je suis allée ensuite choisir quelques livres pour mes petits enfants et j'ai remarqué que les auteurs de littérature enfantine sont souriants et prennent du temps pour une belle dédicace, un peu comme les dessinateurs. Superbe journée dont le bilan est tout de même de 18 livres dont 4 pour les enfants et un porte-monnaie qui s'est un peu vidé même si chaque fois que c'est possible, j'ai précisé à l'auteur que je lirai son nouvel ouvrage lorsqu'il sortirait en poche!

vendredi 14 juin 2013

Ballets Béjart

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Béjart encore et encore! C'est d'ailleurs étonnant que je n'en ai parlé ici qu'ici et car j'adooooore ces ballets depuis longtemps. Subjuguée la première fois par le "ballet du XXème siècle" avec la"Messe pour le temps présent" à la fin des années 60, j'ai souvent fait danser mes élèves sur la musique de Pierre Henry!
Je crois que j'ai vu tous les spectacles créés par Maurice Béjart et présentés à Paris. J'ai aimé "Le sacre du printemps", "l'Oiseau de Feu", le "Boléro", Don Quichotte" et les autres mais c'est surtout la grandiose représentation de "La Neuvième symphonie" qui m'avait enchantée. Mardi dernier en rentrant de Gourdon, j'étais ravie de me précipiter au palais de Chaillot pour voir "Light" et les ballets de Lausanne. Quelle sobriété du décor et des costumes au profit du corps et de la puissance du mouvement! Un grand moment pour les yeux et les oreilles avec la musique de Vivaldi

2013-06-13_19.35.24.jpg Photo prise sur le site des Ballets de Lausanne

jeudi 18 avril 2013

trois petits livres

Mais que fais-je? J'ai l'impression que je fais moins de choses, que je bricole et touche à tout sans m'investir assidûment. Je ne dessine guère, j'écris peu, je ne blogue pas vraiment, je tricote moins depuis que la main droite me fait vraiment souffrir....Alors quoi? que fais-je donc pendant ces journées dont la durée n'a pas diminué? Bon d'accord, je traîne le matin, prends le temps de voir mes amis, je fais de le gym chaque jour et marche un peu sauf quand il pleut, mais les jours passent si vite que j'ai l'impression de ne rien faire. En tous cas, une chose est sûre c'est que je lis moins vite, moins longtemps, je choisis des livres peu lourds à tenir, bref comme je l'ai déjà dit ici je lis de moins en moins de romans...

Toutefois j'ai ri, pleuré et décidé de partir à Guernesey en lisant "Le cercle littéraire des amateurs d'épluchure de patates" de Mary Ann Shaffer & Annie Barrows. Comme depuis longtemps déjà j'ai envie d'y aller retrouver les traces de Victor Hugo, ce sera une raison de plus d'y passer un moment.

Mon amie Véronique m'a offert le très beau "Rien ne s'oppose à la nuit" de Delphine de Vigan qui m'a beaucoup émue. J'ai découvert Jean Marie Rouart en lisant "Nous ne savons pas aimer". Sa culture et sa passion pour les hommes de pouvoir m'impressionnent et son écriture à la fois alerte et posée me plaît beaucoup.
Amélie Nothomb m'a étonnée avec "Une forme de vie, par contre j'ai été déçue par "et mon coeur transparent" de Véronique Ovaldé et je n'ai pas aimé du tout "Charly 9" de Jean Teulé.

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Et puis parmi mes lectures,il y trois petits bijoux, trois écrits différents, trois petits livres qui m'ont vraiment beaucoup plu:

  • "Questions à mon père" d'Eric Fottorino. Quelle finesse et quelle clarté dans l'expression de la complexité des relations filiales et dans l'évolution des sentiments, quelle attention à l'autre!
  • Eric-Emmanuel Schmitt m' a emportée dans une valse de bienveillance, de tolérance et d'amour avec son "Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran". Il y a des rêves, des sourires, des clins d'oeil,...un vrai bonheur.
  • Le troisième petit bijou de mes lectures hivernales n'est pas connu du grand public puisqu'il s'agit du roman d'un de mes amis blogueurs, "Grand Large" de Dourvac'h que j'ai lu avec plaisir du début à la fin. Je lui ai dit d'ailleurs car "J'ai aimé l'écriture sensible et toute en nuances... les mots sont posés par touches, un peu comme on prend la couleur sur une palette pour les utiliser sur la toile. J'apprécie la force des sentiments et la retenue de l'expression malgré la gravité de la situation."

Pas étonnant que ce soit lui qui m'ait conseillé la lecture de Charles-Ferdinand Ramuz dont j'ai dévoré "La grande peur dans la montagne"!

lundi 25 juin 2012

Je lis moins qu'avant

J'ai déjà raconté comment grâce à Proust j'ai retrouvé le goût des romans. J'y trouve des études psychologiques complexes et variées qui me passionnent, à travers une escapade dans une autre vie que la mienne. Je passe régulièrement des heures chez Millepages et glâne au gré de mon humeur des livres qui attendent près de mon lit d'être sortis de la pile. Depuis le début de l'année, j'ai enchaîné des lectures diverses et légères mais tout de même, depuis deux ans, je médite et tricote davantage mais je lis beaucoup moins qu'avant!

la_lecture.jpg Auguste Renoir, La lecture, 1890

J'ai dévoré "Le club des incorrigibles optimistes" de JM Guenassia qui nous emmène en 1959 dans un café fréquenté par Kessel et Sartre et m'a donné envie de relire "Les mots". J'ai été ébranlée par le petit livre de Atiq Rahini "Singué sabour, pierre de patience" et par la vie de "Lennon" vue par David Foenkinos Je me suis laissée intriguée par les "Meurtres au potager du roy" de Michèle Barrière et j'ai suivi l'intrigue dans "Les hommes qui n'aimaient pas les femmes" écrit par le suédois Stieg Larsson, sans pourtant avoir envie de poursuivre avec les autres tomes de la série.
J'ai ri à l'anglaise avec "La reine des lectrices" d'Alan Benett, soupiré grâce à Olivier Adam dans "Le coeur régulier", pleuré à la lecture d' "Alabama song" de Gilles Leroy et de "Venise seule" de Claudie Gallay. Je me suis exclamée "quelle chance j'ai de ne pas avoir eu un tel père!" en terminant la "Lettre au père" écrite par Kafka. Je me suis à nouveau passionnée pour Léonard de Vinci grâce à Sophie Chauveau dans "L'obsession Vinci"et je fus ravie de suivre la vie de Berthe Morisot racontée par Dominique Bona.

morisot-petite-fille.jpgPortrait de Julie Manet, sa fille, peint en 1873 par Berthe Morisot

J'ai beaucoup aimé "Le Choeur des femmes" de Martin Wincker que m'avait conseillé Lucile et dont elle avait parlé dans sa Care box l'automne dernier. C'est un roman empli d'humanité que j'ai conseillé autour de moi à tous ceux qui, d'une façon ou d'une autre, par leur travail ou dans leur vie se mettent au service des autres.
Outre les écrits de Gaston-Paul Effa dont j'ai déjà parlé récemment, c'est le magnifique "Déluge" d'Henri Bauchau qui m'a le plus touchée. Beaucoup d'émotions y côtoient une profonde réflexion sur l'artiste, l'art, la folie du créateur et sa beauté intérieure.

samedi 16 juin 2012

Fabuleux spectacle

Je suis assez peu sensible à l'art contemporain, exception faite pour la danse. Je vois moins de spectacles depuis que je ne travaille plus et depuis plusieurs années j'ai supprimé tous les abonnements au théatre, à Chaillot et à Garnier. Budget oblige! En décembre, à Chaillot, j'avais été déçue par "l'Orphée" de Montalvo que j'avais un peu trop froid, conceptuel et maniéré par rapport à ce que j'avais vu de lui auparavant.

swann.jpgphoto extraite de Sud-Ouest

Par contre quel enchantement que ce Swann de Luc Petton! Ce n'est pas seulement la présence des cygnes sur scène qui rend ce spectacle époustouflant, mais la poésie, la puissance et la sensualité des danseuses imprégnées de la grâce de ce bel oiseau. En plus nous avions la chance d'être au deuxième rang et j'avoue de c'est magique de voir chaque élongation ou crispation du muscle en mouvement, la couleur et la brillance des yeux, les gouttes d'eau sur le visage des danseuses qui sont souvent en contact avec l'eau.

swan5.jpg photo extraite du site de Chaillot

Si ce spectacle est programmé du côté de chez vous, n'hésitez pas, allez- y!!

lundi 14 mai 2012

rencontre chez Millepages

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Le festival L'Afrique en marche s'est terminé hier soir par un spectacle étonnant, musique et danses d'un groupe de pigmées. C'est dans ce cadre que j'avais rencontré chez Millepages Scholastique Mukasonga, auteur de "La femme aux pieds nus" et découvert Gaston-Paul Effa, écrivain qui m'était parfaitement inconnu.

Lorsqu'il parle d'enseignement, il exprime ce que j'ai ressenti, lorsqu'il écrit sur la musique des mots il raconte la même chose que moi, lorsqu'il parle de ses racines et du retour à la source, il dit mieux que moi ce que je pense, alors bien sûr, je trouve que c'est un écrivain formidable! Sa plume est à la fois légère et riche d'images fortes. Il écrit dans une langue que j'aime, plutôt classique et chaleureuse, il s'exprime clairement en public. Il est philosophe et théologien, lorrain, camerounais, professeur, chercheur, cuisinier, écrivain. J'ai aussitôt dévoré son dernier livre que j'ai beaucoup aimé "Je la voulais lointaine".

Un mot faisait obliquer son monologue vers une autre direction, le faisait rebondir, retrouver comme par un mystérieux hasard une idée déjà abordée, sur laquelle maintenant il revenait, qu'il développait, qui s'entrecroisait avec d'autres, s'enrichissait d'aperçus nouveaux qui proliféraient à leur tour en une gerbe toujours plus nourrie, plus dense, plus éblouissante

Ce qui me surprend toujours c'est qu'on puisse croire avoir épuisé un paysage, compris un être, achevé une recherche quelle qu'elle soit. ''

Il s'agit bien d'une quête d'identité, de l'histoire d'une naissance ou plutôt re-naissance de celui qui se serait engourdi. A travers l'africain exilé, il s'agit de moi, de vous, et de tous ceux qui à travers les ornières et les obstacles de la vie sont en route vers sa source. J'ai donc poursuivi ma lecture avec "Nous les enfants de la tradition"où Osele poursuit sa recherche vers l'essentiel, son chemin vers la lumière qu'il trouvera en lui-même.

Il y aura toujours cette voix en moi que rien n'a jamais pu réduire au silence et qui s'acharne à me souffler que vivre, c'est descendre toujours plus loin en nous, que le seul combat qui vaille la peine d'être mené, c'est celui qui descelle et dénude. Il ne saurait se confondre avec aucun mensonge et aucune consolation.

Quel bonheur lorsque la lecture vous aide à "fermer les yeux et entendre battre la lumière en vous"(extrait d'une dédicace )

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jeudi 1 mars 2012

Les mots

A dire, à écouter les mots peuvent être chantants. A lire ou à écrire ils sont parfois grinçants. Dans un sens ou dans l'autre, parfois les mots sont à double sens. Au sens propre ou au sens figuré, ils s'élancent ou s'échappent, se déforment et se transforment. Mots tendres ou mots durs, gros mots, jeux de mots, mots doux ou mots d'excuse, les mots ont beaucoup à dire...Deux filles s'en emparent et nous réjouissent en les utilisant à leur manière dans un spectacle vif et joyeux, léger mais jamais vulgaire.

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Déshabillez mots au studio des Champs Elysées, écrit, adapté et interprété par Léonore Chaix et Flor Lurienne, mis en scène par Marina Tomé d’après les chroniques réalisées et produites par elles-mêmes pour France Inter

"Un « strip texte » mené avec élégance et fantaisie par un duo d’obsédées textuelles"

NB: En passant, je vous signale 2 semaines sur les mots à l'Espace du possible du 14 au 28 avril. Si vous décidez de venir, faites moi signe, je vous accueillerai.

samedi 19 novembre 2011

à propos de Marcel Proust

Pendant plus d'un an, je n'ai pas pu lire un seul roman. Trop d'émotions sans doute après une déception qui m'a beaucoup blessée et qui a chamboulé ma vie! Oui je sais, je ne vous ai presque rien dit de mes peines, pudeur oblige! d'ailleurs je suis davantage tournée vers l'avenir que vers le passé. Pour cela il me faut vivre le présent intensément, traverser mes émotions plutôt que les dire et je préfère toujours me consacrer à la reconstruction plutôt que m'étendre sur la démolition. Alors j'ai veillé à savourer les petites choses de la vie, à savourer chaque instant, à méditer régulièrement, j'ai relu les poèmes de Rimbaud, Baudelaire, Victor Hugo et Henri Michaux, je me suis plongée dans Ekhart Tollé, Christiane Singer, Isbelle Filliozat, Louise Hay, Khabil Gibran et aussi Jean-Yves Leloup, Edgar Morin, Platon, Spinoza, Gilles Deleuze et Roland Barthes, je me suis passionnée pour la biographie d'Einstein, et tout cela m'a aidée à me reconstituer et retrouver calme et joie intérieure.

lac-lamaixlac de Lamaix, près d'Allarmont dans les Vosges

Et puis, au bout d'un an, au début du printemps je me suis chargée de la coordination des deux semaines "Traces et Transmissions" à l'Espace du possible.J'ai contacté des "proposants" intéressés par le thème et surtout je me suis replongée dans "A la recherche du temps perdu". Quel plaisir de lire ces pages qui ne m'avaient guère impressionnée lorsque j'étais jeune! Au lycée, la lecture du premier tome de l'oeuvre de Marcel Proust "Du côté de Chez Swann" était obligatoire et se révéla plutôt neutre et sans passion...
Et voilà que j'ai découvert avec délices les lignes, les phrases, les pages de cette oeuvre extraordinaire. Je lis, je relis, je dis à haute voix certains passages pour entendre leur résonnance. Tout est riche, l'écriture est belle et les réflexions sur le souvenir et les traces laissées par le passé sont tout à fait passionnantes.
Lorsque j'étais enfant, dans le joli village de Normandie qui s'appelle Ryes, je passais souvent devant la boulangerie et dévorais des yeux ces coquillages qu'on appelait des roudoudous. La couleur brillait sous la cellophane, et le rouge ou l'orange suffisait à me mettre l'eau à la bouche. Parfois, il y avait ce moment exceptionnel et féérique où Maman proposait d'en acheter. Je m'entends encore demander à la boulangère "un roudoudou s'il vous plait madame" et le mot vibrait sur mon palais comme un roucoulement de tourterelle dans les airs. L'hésitation sur le choix du parfum, le froissement du papier qu'on enlève, le premier contact de la langue avec le sucre coloré, tout était une sorte de ravissement...Et bien dorénavant, pour moi, la lecture de Proust, c'est comme un roudoudou!

lecture3.jpglecture publique, Arômes et délices, Paris XVème

Grâce à l'oeuvre de Proust, j'ai retrouvé le plaisir de sauter dans une nouvelle ambiance, découvrir un auteur, vivre des émotions en pénétrant dans un monde nouveau, bref de lire un roman. Comme toujours, je me suis laissée guider par mon feeling chez Millepages, ma librairie favorite, et depuis l'été j'ai été emportée dans les mondes de Lucia Extebarria, Véronique Ovaldé, Tatiana de Rosnay, Agnès Desarthe et Frédérique Deghelt. J'ai beaucoup aimé "Les déferlantes" de Claudie Galland ainsi que "Victoria et les Staveney" de Doris Lessing mais ce que j'ai préféré c'est "La délicatesse" de David Foenkinos, tant pour le sujet que pour l'écriture. Régulièrement, entre chaque nouvelle lecture, bien sûr, je goûte un peu de mon "roudoudou" en lisant ou relisant certaines pages de "A la recherche du temps perdu". De toutes façons, j'ai de quoi faire durer le plaisir puisqu'il y a plusieurs tomes que je n'ai jamais lus et le seul titre de celui que je lis actuellement me ravit, "A l'ombre des jeunes filles en fleurs".

renoir.jpgun des tableaux champêtres de Renoir que j'adore

jeudi 10 février 2011

Avez vous lu "Ouragan"?

Etait-ce la tiédeur de l'air? Les grosses gouttes qui commençaient à tomber, égrenant leur trace ronde sur le trottoir? je me suis dit "moi, Marie-Madeleine, née le 25 janvier, je sens l'éclosion de la nature à travers cette pluie printanière, comme chaque année après mon anniversaire... tiens je parle comme Joséphine!" et les mots lus il y a peu de temps me vinrent en mémoire:

"Moi, Josephine Linc. Steelson, négresse depuis presque cent ans, j'ai ouvert la fenêtre ce matin, à l'heure où les autres dorment encore, j'ai humé l'air et j'ai dit: "ça sent la chienne". Dieu sait que j'en ai vu des petites et des vicieuses, mais celle là, j'ai dit, elle dépasse toutes les autres, c'est une sacrée garce qui vient et les bayous vont bientôt se mettre à clapoter comme des flaques d'eau à l'approche du train...

Ainsi commence Ouragan, le dernier livre de Laurent Gaudé. C'est sans doute en raison du rythme de ma phrase intérieure que cette pensée m'est venue à la sortie du cours de gym ce matin.Il faut dire que je me sens souvent très proche de cet écrivain dans sa sensibilité extrême, la façon d'écrire, le balancement des phrases et la force des images... Comme je n'avais pas pu le rencontrer lorsqu'il est venu chez Millepages en novembre, j'étais allée dans le 14ème en décembre, à la librairie Le Livre Ecarlate, pour échanger avec lui sur ses écrits et ce très beau livre orchestré comme une chorégraphie d'opéra. Quelle bizarre impression alors, au début du film "Au delà"! j'ai cru replonger dans ce roman lu peu de temps auparavant et j'ai subitement compris que c'est la même chose qui me fait tant aimer les films de Clint Eastwood: les sujets sont graves et l'expression puissante et profonde, que ce soit dans les mots de Laurent Gaudé ou dans les images de Clint Eastwood. C'est pourquoi rentre aussi facilement dans toute la force et l'unité du sujet, exactement comme le vent dans les arbres, entièrement, par l'intérieur de l'être et non seulement par la pensée ou par le ressenti. J'adore!!!
Et vous? Avez vous vu "Au delà"? Avez-vous lu "Ouragan"?

vent

samedi 20 novembre 2010

mouchoirs et homonymes

Deux filles portent le même prénom, deux femmes différentes dans leur allure et dans leur façon de penser, deux filles que j'apprécie chacune pour des raisons différentes!
J'aime bien l'Anarchique pour son apparente joie de vivre, pour son exubérance boute en train, pour les carnets qu'elle réalise et la façon dont elle a su en faire son gagne-pain, Par contre je n'aime pas son intolérance. Elle a beau crier fort sa spiritualité, elle reste souvent dans les mots et sans véritable écoute de la pensée de l'autre.
J'aime beaucoup l'Aristocrate qui malgré son apparence un peu stricte et son air réservé, montre une vraie bienveillance, une sincère attention aux autres et un grand amour de la vie. Elle comprend et accepte les comportements même difficiles de chacun avec une belle ouverture du coeur.

A votre avis, laquelle a aimé "les petits mouchoirs" malgré les critiques assassines du Monde et de Télérama tandis que l'autre a dit tout net sans contrepartie possible "c'est nul et archi-nul!" ???

Certains aiment, d'autres n'aiment pas...c'est vrai qu' au début il y a peu d'émotions et ce n'est qu'à la fin qu'on sort ses mouchoirs parce qu'il yen a trop, mais je trouve que c'est un joli carnet de croquis sur les copains et la jeunesse bobo. Je suis allée le voir avec des amis et nous n'avons pas vu le temps passer! Chacun d'entre nous s'est senti concerné et s'est reconnu dans la complexité de ses relations amoureuses et amicales. Lisez ça, laissez vivre votre sensibilité et voyez vous-même.

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Et oui! je me suis remise à aller au ciné. J'ai bien aimé "L'homme qui voulait vivre sa vie" et j'ai adoré "Des hommes et des dieux" qui fait l'unanimité; quel film splendide! Par contre c'est la première fois que je suis vraiment déçue par un film de Woody Allen

dimanche 7 novembre 2010

je ne sais plus lire

Au secours, je ne sais plus lire! Depuis des mois je n'arrive plus à lire, ou plus exactement je n'arrive plus à lire de romans! Pourtant, jusqu'à maintenant j'avais toujours aimé plonger dans l'atmosphère particulière, brumeuse, chaude ou légère, sereine ou grave et tumultueuse d'un roman....

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Toute petite j'ai aimé l'évasion procurée par les contes que Maman lisait, par les histoires que ma tante Suzanne racontait, et très vite par les romans de ma jeunesse. Dès que j'ai su lire, à Ryes, je m'installais dans l'escalier, sur le rebord de la fenêtre qui donnait sur le parc et me plongeais dans "Un bon petit diable" , "Maroussia" ou "le petit lord Fauntleroy", livres de mon enfance dont le nom évoque aussitôt les symphonies de Beethoven, les Valses de Strauss, Schubert, Mozart, tout ce qu' écoutait Maman l'après midi, alors qu' elle lisait, tricotait ou faisait de la couture. A dix ans, je me suis passionnée pour les "signes de piste", adolescente j'ai dévoré tous les Arsène Lupin Agatha Christi, les romans de Georges Sand, la littérature classique, tout ce qui sortait du fond de la grande bibliothèque de mes parents. J'ai aussi lu secrètement les romans à l'eau de rose et les romans photos que me glissait Denise sous le matelas quand elle faisait mon lit ou le ménage de la chambre.

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Plus tard j'ai adoré me plonger complètement dans l'atmosphère d'un auteur en lisant tout Balzac, tout Flaubert, Hervé Bazin, sans avoir envie de sortir de leur ambiance ni de faire quoi que ce soit d'autre de mes loisirs. J'ai pleuré avec Scarlett Ohara, j'ai été émue par Les Hauts de Hurlevent, J'emmenais les romans de Tolstoï, les Sexus, Nexus, Plexus d'Henry Miller pour lire en dinant seule le soir dans un petit restaurant Vincennois en face de l'église. Je lisais dans le train, je lisais dans le métro, dans les amphis de la Sorbonne, entre et parfois pendant les cours . Je lisais au soleil sur le pont des Arts pendant que Lionel dessinait à la craie et qu'André vendait ses tableaux. Les garçons se moquait de nous les filles si j'évoquais ce que j'aimais chez Colette, Sagan ou Beauvoir. Nous échangions sur les Chants de Maldoror, Le Meilleur des Mondes, Histoire d'O ou Moravagine autant que sur les écrits de Sartre,Camus, ou Boris Vian. J'ai dégusté Pagnol, dévoré Dostoïovski,savouré les pages de Benoite Groult et Isabel Allende, adoré Jane Austen.

Et voilà que je ne peux pas! je n'arrive plus à suivre une intrigue, à rentrer dans une histoire.

J'ai toujours lu dans mon lit avant de dormir, et depuis que j'ai cessé de travailler, j'avais pris l'habitude de lire le matin avant de me lever. Récemment, j'ai ri avec Katherine Pancol, souri avec Erik Orsenna et tremblé avec Fred Vargas. J'ai lu Eric Emmanuel Schmidt et Amélie Nothomb. Je n'ai pas aimé "l'élégance du hérisson" et j'ai zappé "Millenium" mais j'ai découvert la belle écriture de Laurent Gaudé. Depuis quelques mois, c'est impossible! je flâne chez Millepages et respire dans les rayons de littérature française ou étrangère, je choisis et j'achète des livres qui s'emplilent dans ma PAL (pile à lire).

"A quoi me sert mon petit coin biblithèque? Je n'arrive plus à lire" disais-je inquiète à madame P que je vois régulièrement ces derniers temps, ma psy, quoi! En analysant plus finement mes propos, elle me demande si j'e vais au cinéma, si je regarde des films à la télévision. Non plus! C'est pareil! même envie, même impossibilité.... Je ne peux pas!
Je finis par percevoir que si je n'arrive pas à me plonger dans un roman, je réussis parfaitement à me documenter, m'intéresser à divers sujets, approfondir des connaissances, lire le journal, etc...bref je sais encore lire! Et si je n'arrive pas à regarder un film, je peux suivre des reportages, des sujets d'actualité, je vais voir des spectacles de danse, des concerts ou des pièces de théatre... Je fuis les émotions du romanesque mais poursuis ma quête de connaissances. Ouf!! me voilà rassurée mais tout de même, j'aimerais à nouveau pouvoir échapper au réel, m'évader, explorer d'autres mondes depuis mon canapé, sous la douceur de la couette ou sur un fauteuil de salle de ciné!

dimanche 30 mai 2010

danse, danse, danse!

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6 jours de spectacles sur le parvis de la Défense pour le Festival Seine de danse. J'ai choisi le spectacle d'ouverture du Ballet du Grand Théatre de Genève avec Jiri Kilian que j'avais déjà vu, mais c'est une autre création qui m'a émerveillée mardi soir : "Loin" de Sidi Larbi Cherkaoui

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Hier soir, j'ai été époustouflée par la compagnie Käfig dirigée par Mourad Merzouki dans spectacles de hip hop impressionnants: "Correira", course folle de la vie et "Agwa" sorte de chant de l'eau. Que d'énergie et de puissance dans ces jeunes corps en mouvement! que d'humour! que de poésie et de chaleur dans les échanges et le regard sur la vie! J'en avais le souffle coupé.

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dimanche 23 mai 2010

Ousmane Sow

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Je me souviens comme ses sculptures géantes faites de matériaux de récupération m'avait impressionnée sur le pont des Arts. Alors quand j'ai su que La librairie Mots et Motions recevait Ousmane Saw à l'occasion de la sortie du livre de Béatrice Soulé, je n'ai pas hésité et ce fut grand moment vendredi soir à Saint Mandé. Il y eut des lectures, de la musique et des échanges simples et sympathiques. J'ai pu bavarder avec Christophe Humbert, le dessinateur, avec Béatrice, Ousmane et des Saint-Mandéens que je n'avais pas vus depuis longtemps. Et oui! il y a bientôt 3 ans que j'ai quitté ma dernière école.

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Des anecdotes, des péripéties, des émotions racontent la vie d'Ousmane Saw dans sa belle famille Peulh. C'est un livre que Béatrice écrivit à l'attention de sa petite-fille et des petits-enfants du sculpteur, mais c'est la merveilleuse aventure d'un sacré grand bonhomme, que tous ceux qui ont gardé leur coeur d'enfant liront avec plaisir!

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A l'âge de trois ans, Ousmane tombe amoureux de la lune. pour toujours. Sous la véranda de la grande maison où il vit avec ses neuf frères et soeurs, son père est allongé sur le transat. Lorsque la nuit tombe, il écarte légèrement ses longues jambes pour que l'enfant puisse venir s'y blottir, la tête posée sur son ventre. C'est ainsi qu'Ousmane s'endort chaque soir, à la lueur de la lune, sa mère assise à leurs côtés...

jeudi 15 avril 2010

Les nouvelles brèves

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J'y étais allée en mars et j'y suis retournée hier soir!
...tellement c'est réaliste, tellement c'est juste, tellement c'est percutant et parfois grinçant, tellement j'aime les bistrots, tellement je ne me rappelais pas tout, tellement les décors sont beaux et la mise en scène vivante.
Deux fois je me suis amusée et je crois que j'ai ri plus encore hier car le rire de mon voisin était franc et communicatif et puis j'espèrais, j'attendais la suite, j'avais peur que la fin n'arrive trop vite cette fois-ci encore et ouf, je pouvais continuer à profiter de ce bon moment de langage et de vie .

vendredi 2 avril 2010

quelques lignes pour le 500ème

"Le boulevard périphérique" d'Henry Bauchau m'avait happée dés le début par le rythme et les mots. Est-ce parce que ça commence par une ascension? Ce que j'avais aimé d'emblée c'est une écriture forte, belle et tellement rapide que je me sens essoufflée à la fin de chaque chapître. C'est comme l'effort, l'amour, c'est la vie, la mort...Quelle puissance!

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Je viens de commencer à écrire et j'allais parler de mes dernières lectures quand je m'aperçois que c'est une sorte d'anniversaire. Alors, je change de chemin et parlerai littérature une autre fois car c'est mon 500ème billet!

Il s'en est passé des choses depuis mon premier billet en 2007. Se doutait-il Pablo que j'y prendrais autant de plaisir lorsqu'il m'a ouvert cet espace? C'était une idée, un défi, une piste, une occupation pour mes moments de liberté et de solitude....Bloguer est devenu une distraction, un travail de mémoire et m'a offert des découvertes, des rencontres. Merci à l'initiateur de ce blog et merci à tous ceux qui me lisent, particulièrement à ceux qui y laissent leur avis.

Prendrez vous une part de cette belle brioche pour fêter ça?
briocheElle vient de la boulangerie de Saint Germain sur Morin en Seine et Marne

jeudi 28 janvier 2010

Invictus

J'avais beaucoup aimé les précédents films de Clint Eastwood, et ce fut un de mes cadeaux d'anniversaire d'aller voir "Invictus", magnifique hommage au grand bonhomme qu'est Mandela, aux efforts qu'il fit et et à la nécessité d'une foi inébranlable qu'il fallut pour changer les mentalités avec les difficultés qu'il y eut à faire sortir l'Afrique du Sud de l' apartheid. C'est aussi une célébration de la richesse du sport et de la puissance de la ­compétition sur le moral. Ma cousine l'avait vu et en a parlé ici

Et même si les images de jeu ne sont pas parfaites, pour moi, ce sont aussi des souvenirs d'émotions au bord du terrain, de peurs devant les bleus ou les points de suture de mon fils, le combat pour garder blanc des shorts devenus marron, le dégoût des machines de linge...Il y a des images de jeu sous la pluie et en voyant les shorts boueux, je pense à mon "petit garçon" qui passait tout à l'eau avant de quitter le stade pour me faciliter la tâche, et faisait le long trajet du retour avec un sac devenu encore plus lourd, plusieurs fois par semaine. Quand je vais du côté des stades, quand je passe devantLéo Lagrange, souvent je m'en veux de n'être jamais allée le chercher. Pourtant ça ne l'a pas découragé et il a repris depuis 2 ans son sport favori qu'il avait arrêté en quittant Vincennes comme je l'évoquais . Je souhaite bon courage à Camille qui a pris le relais des pansements et des machines!

rugby_1995.jpg En 1991, Tristan avec la balle, à l'entraînement .

C'est amusant car Clint Eastwood avait fait un grand film sur la boxe "Million Dollar Baby" et ma fille a fait de la boxe (française)! Mes deux enfants sont sportifs et ont commencé le sport dès leur petite enfance car je pense que c'est une école de coopération, d'autonomie, d'endurance et de courage: "mens sana in corpore sano"! D'ailleurs ça leur a donné des forces dans les moments difficiles et je pense que ça les aidera toujours.
En latin, invictus est un adjectif fort qui signifie invaincu, invincible. "Je suis le maître de mon destin: je suis le capitaine de mon âme." Quelle leçon de vie dans cette dernière phrase du poème de Henley!

Invictus

Out of the night that covers me,
Black as the Pit from pole to pole,
I thank whatever gods may be
For my unconquerable soul.

In the fell clutch of circumstance
I have not winced nor cried aloud.
Under the bludgeonings of chance
My head is bloody, but unbowed.

Beyond this place of wrath and tears
Looms but the Horror of the shade,
And yet the menace of the years
Finds, and shall find, me unafraid.

It matters not how strait the gate,
How charged with punishments the scroll.
I am the master of my fate:
I am the captain of my soul.

William Ernest Henley

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