le blog de marie madeleine

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livres et spectacles

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mardi 19 janvier 2010

un tag sympa

domergue.jpgC'est Kéline qui m'a envoyé ce tag sur la lecture que je trouve plutôt sympathique. C'est ainsi que j'ai appris que nous avions plusieurs points communs, la psycho, les non-séries, le choix des livres....Je m'y prête donc de bonne grâce!

1-Plutôt corne ou marque-pages?
Marque-pages toujours, qui est très souvent un ticket de métro. Par contre je corne les pages dont je veux noter un passage si je n'ai pas de crayon sous la main.

2-As-tu déjà reçu un livre en cadeau?
Très souvent, depuis que je suis enfant. Comme disait un jour ma fille il y a quelques années: "je n'imagine pas un anniversaire ou un Noël sans livres".

3 -Lis-tu dans ton bain?
Non, d'ailleurs je prends chaque jour une douche et très rarement un bain!

4-As-tu déjà pensé à écrire un livre?
J'y pense, souvent aiguillonnée par les uns ou les autres, mais je ne l'ai pas encore décidé.

5-Que penses-tu des séries de plusieurs tomes?
Ce n'est guère mon truc, j'aime varier style et idées. Par exemple, j'ai acheté "La valse lente des tortues" dès que j'ai terminé "Les yeux jaunes des crocodiles" mais je lis d'autres choses entre les deux. Il fut un temps pourtant où je lisais par vagues, tout Dostoïevski, les "Sexus", "Nexus", "Plexus" d'Henri Miller, tout Boris Vian etc...

6-As-tu un livre culte?
Non, mais j'aime beaucoup les vieux livres brochés, ce qui m'a permis de découvrir les superbes illustrations de Domergue et d'avoir des signatures originales, comme celle d'Henri Michaux.

7-Aimes-tu relire?
Non pour les romans sauf après de longues années pour une vraie re-découverte. Oui pour les livres de psycho que je consulte, compulse régulièrement afin de trouver des réponses ou des solutions à des difficultés humaines.

8-Rencontrer ou non les auteurs des livres qu'on a aimés?
Eventuellement. J'aime bien offrir des livres dédicacés car je sais pour ma part que l'écriture des écrivains me touche comme le coup de crayon des peintres. Je suis allée souvent m'attendrir devant des manuscrits à la BN

9-Aimes-tu parler de tes lectures?
De temps en temps mais pas chaque fois, ni avec n'importe qui. J'ai horreur des conversations de salon autour d'un livre ou d'un film qui a touché ma sensibilité.

10-Comment choisis-tu tes livres?
Au feeling. je flâne, regarde, touche, feuillette....

11-Une lecture inavouable?
Qu'est-ce qu'une lecture inavouable? Anaïs Nin? Sader-Masoch et sa "Vénus à la fourrure"? ou bien des romans de hall de gare, genre Ana Gavalda ou Marc Lévy?

12-Des endroits préférés pour lire?
Non. Je m'isole facilement et m'évade complètement, quel que soit le lieu, y compris dans le métro, d'ailleurs je dois être vigilente car je "rate" souvent mon changement.

13-Lecture en musique ou en silence?
Peu importe, mais si je lis je n'entends ni la musique ni les conversations.

14-lire un livre électronique?
Pas tentée! Dans un livre j'aime aussi le contact, l'odeur et le bruit des pages qu'on tourne...

15-Un livre pour toi serait?
Je ne comprends pas la question. Ou plutôt chaque phrase que j'écris là est un élément de réponse.

16-Lire par dessus l'épaule?
Bof!

17-Lire et manger?
Parfois pendant le petit déjeuner

18-Quel est le titre que tu lis actuellement et quel sera le prochain?
Je lis "ni d'Eve ni d'Adam" d'amélie Nothomb, et c'est Henri Bauchau qui m'attend avec "Le boulevard périphérique"

19-As tu déjà abandonné la lecture d'un livre?
Peu mais ça m'est arrivé avec des lectures que je m'étais imposées pour faire comme tout le monde, par exemple "L'élégance du hérisson" que j'ai abandonné après 50 pages.

20-Qui tagues-tu?
Je pense que ma cousine n'a pas trop le temps mais si ça lui dit... et aussi à Célestine,, Elisa, Hermione et tous ceux ou celles qui le souhaitent...

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lundi 11 janvier 2010

ma vie comprise

J'aime vraiment Benoîte Groult, sa façon de parler des femmes, des vieilles, des jeunes, des sages et des autres. De l'intérieur, sans détours. J'ai souvent l'impression qu' elle parle de moi, de ma vie. Je suis comprise, acceptée avec mes faiblesses et pour une fois, je ne me sens plus pécheresse. Dans "Les vaisseaux du coeur", c'est comme si elle évoquait cette relation discrète qui parfois me rend sombre, et me laisse inévitablement seule le week-end. C'est pourtant tellement essentiel à mon être que je ne sais ni comment, ni pourquoi m'en défaire... De temps en temps, il m'arrive d'avoir peur et d'être envahie d'inquiétudes:

"C'est pas moi qui compte pour moi, c'est toi dans ma vie."
"Comment saurais-je s'il va bien? comment me fera-t-il savoir s'il a besoin de moi? Toute la précarité de notre relation nous apparaît....On se dit longtemps qu'on a sauvé l'essentiel, qu'on a gardé la meilleure part.Mais vient le jour cruel où, dans le plus grand besoin, celui qu'on aime ne peut plus vous appeler. Je suis moins que la dernière de ses amies désormais et cette impuissance m'accable."
"Mais je frissonnais malgré le temps doux, comme si ma peau toute entière eût été en deuil de lui. En deuil d'un homme avec lequel je n'aurai jamais passé Noël."

Moi aussi j'essaie de lutter, de m'éloigner, je me raisonne et tente de me détacher. Mais est-ce facile de raisonner ce qu'on ressent? je me laisse envelopper par la douceur des attentions et je vis par moi-même, entourée d'amis, pleinement, au présent, et de mieux en mieux.

mercredi 6 janvier 2010

mes voyages

Honteux! jusqu'à 10h la tête sur une pile d'oreillers et le reste du corps enfoui sous la couette...pourtant, je ne clochardise pas comme disait ma grand-mère des gens qui traînent au lit. Non! au contraire je voyage! Ma première évasion 2010 m'entraîne sur Les vaisseaux du coeur, roman de Benoîte Groult dont j'ai parlé dans un précédent billet. C'est ainsi que je commence mes journées les matins où je ne vais pas à la gym, où je ne prends pas le train, où je n'ai pas d'engagement... C'est chaque fois un merveilleux voyage! pas seulement dans l'histoire, l'aventure ou le suspense, pas seulement dans l'atmosphère ou les idées ni dans une époque, mais surtout dans la langue. Surprises et variétés du rythme, des mots et des tournures sont toujours au rendez-vous. C'est ce qui m'a le plus frappé dans mes dernières lectures.

Il faut dire que je suis passée de Carlos Ruiz Zafon, écrivain espagnol qui vit aux Etats- Unis, né en 1964, à André Gide dont l'écriture est tellement raffinée voire un peu maniérée, né presque cent années plus tôt, en passant par George Sand, femme exceptionnelle aux idées révolutionnaires et à l'écriture un peu désuette, aussi terrienne que ses origines, née au début du XIXème.

Voici quelques extraits de mes 3 derniers voyages:

Carlos Ruiz Zafon:
L'ombre du vent est à l'image de son site, sur fond noir d'où sortent des taches de lumières dans les méandres sans fin des tourmentes de la vie.

des phrases que j'ai aimées:

rien ne marque autant un lecteur que le premier livre qui s'ouvre vraiment un chemin jusqu'à son coeur.

Les mots avec lesquels on empoisonne le coeur d'un enfant, par petitesse ou ignorance, restent enkystés dans sa mémoire et, tôt ou tard, lui brûlent l'âme.

Nous restons vivants tant que quelqu'un se souvient de nous

et une que j'ai eu du mal à accepter:

Faire confiance aux femmes est une chose, et faire confiance à ce qu'elles disent en est une autre.

André Gide:
La symphonie pastorale m'avait bouleversée. Je l'avais découvert en 3ème, au lycée, pendant une heure de colle, alors que j'avais terminé la punition obligatoire. J'ai lu les autres oeuvres au fil des années et relu il y a quelques années La porte étroite pour confirmer mon horreur du sacrifice. Il n'y avait guère que L'Ecole des femmes que je ne connaissais pas et dont l'actualité des propos m'a sidérée:

Quelles réflexions sur l'être et le paraître, le rôle de l'église, la puissance des mots!

C'est que, au fond, l'Eglise et lui ne se soucient que des dehors. L'abbé s'accomode bien plus volontiers d'un simulacre qui le sert que de ma sincérité qui le gêne

Je sais à présent découvrir dans les grands auteurs du passé, à travers ce qui ne me paraissait que pompe froide et beau langage, beaucoup de confidence, au point que de certains d'entre eux j'ai fait des conseillers secrets, des amis , et c'est souvent pès d'eux que j'ai cherché refuge...car je me sens terriblement seule.

car tout naturellement, et presque malgré soi, on en vient à penser ce que l'on a dit.

George Sand:
Quand Eve m'a demandé si j'avais des livres de George Sand dont elle n'avaitétudié que des extraits à l'école, j'ai cherché en vain dans mes étagères. Et au rayon poche chez Millepages, on ne trouve rien, il faut aller voir au rayon classique. C'est ainsi que j'ai relu chez Eve La Petite Fadette de mon enfance. Je me souvenais bien de l'étage de la bibliothèque de mes parents où elle était rangée et de l'aspect du livre dans la collection Nelson dont j'ai encore quelques exemplaires, mais pas du tout de la finesse psychologique et des idées. Comment l'aurais-je pu à 12 ans?

Landry ne pouvait pas deviner cette jalousie de son frère ; car, de son naturel, il n'avait eu, quant à lui, jalousie de rien en sa vie.

La belle Madelon qui était renommée pour son air sage et pour ses manières fières avec les garçons, était cependant très coquette en dessous, et pas moitié si raisonnable ni si fidèle dans ses amitiés que le pauvre Grelet, dont on avait si mal parlé

Moi, je crois que l'amour me commanderait encore plus que ce que l'amitié me fait faire.

Je crois bien que, quand elle le suivait par les champs et par les chemins, en lui disant des folies et des taquineries pour le forcer à s'occuper d'elle, elle ne savait point encore ce qu'elle faisait, ni ce qui la poussait vers lui.

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mardi 1 décembre 2009

l'entre-deux

Entre deux eaux. Entre chien et loup. Entracte.

Je viens de refermer mon livre et me sens toute chose. c'est une séparation qui me laisse pantoise, un peu désemparée. Je ressens comme un vide et reste assise un moment, les yeux dans les étoiles. C'est le départ d'amis invités à dîner, les conversations se sont tues, la porte s'est refermée, la table n'est pas encore débarrassée et le silence s'installe, bienveillant. C'est le retour d'une soirée joyeuse où la danse et les échanges ont tourbillonné, j'enlève mes chaussures et laisse vagabonder mes pensées. C'est le moment où il rentre chez lui, après tant d'échanges et d'intimité, j'ai la joie sur le coeur et les larmes près des yeux. C'est le départ du train ou l'avion qui s'envole, l'ascenseur qui démarre quand les enfants s'en vont, et le ventre se noue, juste au creux, sous les côtes...

L'entre-deux. C'est le vestibule où j'avais accroché mon manteau et posé mon foulard. Je me recoiffe devant le miroir, remets du rouge à lèvres, attrape le manteau et plonge dans la rue. Changer d'atmosphère, braver la vie, difficile bascule! Je me suis préparée, j'ai passé du temps chez Millepages et choisi les prochaines lectures. Il me faut toujours un moment, une sorte de sas pour passer d'un livre à l'autre. Et voilà, j'attendrai demain pour me plonger dans "l'ombre du vent" après le monde délicieux, enjoué, vif, plein de larmes et de rires de Katherine Pancol.
livres

dimanche 29 novembre 2009

L'atelier du peintre

Eve a régulièrement des rendez-vous à Paris. Elle essaie souvent de les regrouper pour venir passer quelques jours à Vincennes, retrouver ses amis, voir son père quand il n'est pas en Corse, flâner, etc....Nous prenons le temps de parler toutes les deux et nous nous organisons souvent pour voir un spectacle ensemble. Cette semaine nous sommes allées voir "L'atelier du peintre" du cirque Plume.

cirque

La barbe, c'est d'aller au fond du Parc de La Villette le soir: parking sud complet, nord inaccessible avec les travaux! et puis c'est sombre, loin, difficile de se garer. Heureusement nous avons passé une excellente soirée. Non seulement ils sont tous très "pro" dans leur domaine mais il y a une exceptionnelle cohésion du groupe. Et puis, tout est beau, la musique avec les clowns ou les gymnastes, les associations d'images et d'acrobaties, la variété des matières et du décor. Un vrai bonheur! Malheureusement, je crois qu'il ne reste guère de place à Paris pour cette année :-(( mais on peut le voir ailleurs!

dimanche 20 septembre 2009

Le mec de la tombe d'à côté

Je suis attirée par les histoires d'esprits, je respire à travers les tombes, je devine les ondes qui traversent les cimetières...je m'y sens à l'aise, comme l'an dernier pendant l'expo... ou comme dans le cimetière des anges, à Londres.

cimetière

C'est sans doute pour cela que l'un des livres choisis chez Millepages cette semaine est Le mec de la tombe d'à côté. Un nom pareil, c'était tentant! Je n'écris pas souvent sur mes lectures, mais là, je n'ai pas été déçue, ce fut une vraie bonne surprise. J'ai commencé le soir et terminé le lendemain matin. Certes ce n'est pas très long, 250 pages chez Babel, mais surtout c'est poignant, c'est fort et la gravité sourde s'exprime légèrement. Généralement, je suis plutôt agacée par les chapîtres où alternent les pensées de l'un puis de l'autre avant de se rejoindre dans une vie ou une histoire. Par exemple, je n'ai jamais pu "entrer" complètement dans l'Elégance du hérisson malgré son écriture d'exception, mais dans ce roman, pas de problème, c'est simple. Les ressentis se croisent sans difficulté et sont décrits avec délicatesse et maturité. Pourtant quelle aventure, quelle rencontre détonante, caricaturale entre la bibliothécaire raffinée et le rustre paysan ! j'ai ri toute seule, j'ai espéré et me suis mise en colère. Dur dur les différences culturelles!! Katarina Mazetti écrit en suédois, alors bien sûr, c'est une traduction que j'ai lue. C'est drôle, c'est vif et je me suis délectée.

mardi 7 juillet 2009

Encore et encore...

Cette fois encore, ça commence fort!
mozambique
J'attends toujours la parution en collection de poche des livres que je convoite, pour des raisons de coût, et aussi parce que c'est moins lourd dans mon sac à main. Cette fois-ci, c'est Eve qui a acheté Dans la nuit du Mozambique et me l'a prêté. C'est un recueil de récits que j'ai lu dans le train au retour de Zurich. Je préfère généralement les romans ou les livres qui touchent à la psychologie ou para-psy mais je ne me lasse jamais de lire Laurent Gaudé. Son écriture est forte, parfois violente et me touche beaucoup.

jeudi 21 mai 2009

même pas lu Millenium!

En lisant le billet de Brigitte, je me dis "Ouf!". J'avais cru que c'était obligatoire, que j'allais devoir m'y coller pour ne pas vous sembler trop bizarre... je n'osais pas le dire mais je ne suis pas tentée par la lecture de cette trilogie que s'arrachent les filles! Je me suis dit que peut-être, par curiosité, j'emprunterai le 1er tome à quelqu'une pour ne pas être totalement hors circuit. Bref, je n'ai pas lu Millenium! par contre, je viens de dévorer "Le troisième secret", thriller de Steve Berry, je me suis plongée dans "Les dessous de l'affaire Colonna" - tiens, il est passé aux oubliettes! - et je découvre "Le traité du désir" de Gérard Leleu, un document qu'on devrait offrir aux jeunes couples pour un anniversaire de mariage sans attendre qu'ils soient en souffrance.ann_mariage.jpg

Et je me suis "régalée" en lisant récemment "Les rêves de mon père" de Barack Obama qu'il a écrit il y a plus de 10 ans! C'est une agréable lecture, vive et facile. Il a raison Paul Auster quand il dit "Je ne peux pas cacher que je suis très content que le président des Etats-Unis soit non seulement un écrivain, mais un bon écrivain”! De plus, j'ai aimé découvrir cet homme droit et sincère, avec ses doutes, ses aspirations et ses difficultés. C'est très émouvant. Je comprends mieux la ferveur qu'il a soulevé en nous, l'espoir qu'il fait naître et pourquoi il s'est lancé dans cette mission impossible. Pourvu que la présidence ne le gâche pas!

lundi 18 mai 2009

1, 2, 3 sardines

Au début de la pièce, j'étais sur mes gardes, fleurais l'odeur du gag et me disais en secret "oh la la! ce n'est guère le genre qui va me plaire, comment vais-je tout à l'heure dire à Martin que je n'ai pas aimé? Il faut dire que je déteste la vulgarité, je n'aime pas ce qui touche à l'ordinaire, bref, le boulevard, ce n'est pas trop mon truc, sauf exception. Et bien, ce n'est certes pas littéraire ni intellectuel, mais rien de vulgaire ou grossier, beaucoup de surprises et de mouvements dans " 1, 2, 3, sardines". Grâce au talent des comédiens, aux personnages bien plantés, j'ai passé un bon moment. D'ailleurs on m'entendit rire de bon coeur ce samedi après-midi à La Roseraie de Croissy s/seine!
sardines Le pot en terrasse au "village" et le dîner-pique-nique-sur-les-bords-de-seine, transféré chez la maman de Patricia en raison du froid et de la grisaille, furent eux aussi animés et très joyeux!

jeudi 14 mai 2009

Trente ans avec Millepages

millepages
Je ne sais plus exactement quand...à la fin des années 70? au début des années 80? C'était peu de temps après la naissance de mon fils, dans la rue du premier appartement vincennois où j'ai vécu avec ma soeur alors que nous étions étudiantes. Une toute petite librairie s'est installée presqu'au bout de la rue, au coin de la rue Lejemptel, juste au début de cette partie où la rue Raymond du temple était tellement crapoteuse que nous ne nous y aventurions guère.

En y pénétrant par curiosité, la première fois, j'ai découvert une sorte de caverne d'Ali Baba! Pourtant, malgré l'espace très réduit, le libraire savait toujours de quoi je parlais et je trouvais tout ce que je cherchais. Il me semble qu'ils étaient deux, ou trois, des jeunes sympathiques qui se pliaient en quatre pour m' aider et me laissaient fouiller dans les tas de livres empilés. Très vite, j'ai changé mes habitudes, et j'ai fréquenté régulièrement cette petite librairie. Je ne continuais à aller rue du midi, chez monsieur Paris dont la barbe et les cheveux blanchissaient, que pour l'achat des manuels scolaires.

Un jour Francis annonça qu'il fermait la boutique - désolation! - mais qu'il ouvrait un plus grand espace - ouf! - rue de Fontenay, de l'autre côté de la rue de Montreuil. Au début, cela semblait loin mais c'était spacieux et finalement pas très éloigné de la bibliothèque où j'allais régulièrement avec mes enfants. Tristan et Eve aimaient y choisir leurs achats pendant que je faisais les miens. J'y ai acheté aussi des livres pour ma bibliothèque de classe, puis les livres de prix pour l'école quand je fus directrice de l'école du Sud. Il y eut une grande fête au centre Pompidou, pour l'inauguration, ou pour un anniversaire, je ne sais plus! Je ne voyais pratiquement plus mon p'tit libraire du coin de la rue! Très occupé par de multiples activités, Francis est devenu un "grand" libraire, éditeur, créateur d'évènements... il s'est entouré de collaborateurs compétents. C'est maintenant Pascal Thuot qui dirige la librairie, organise et anime des rencontres littéraires. D'année en année, l'espace est à nouveau trop étroit et il fallut pousser les murs, les livres d'enfants s'exilèrent un peu plus loin, puis les BD: trois librairies Millepages rue de Fontenay qui pourtant ne suffirent bientôt plus.

Et voilà! samedi dernier, nouveau déménagement, nouvel agrandissement sur deux niveaux, plus près du château, plus près de la médiathèque, de la mairie, et plus près de chez moi. C'est clair, c'est fonctionnel et beau. On sent encore le "neuf" mais déjà on respire l'odeur du papier, on vibre en feuilletant les pages, on entend les voix de l'écrit. Comme je suis devenue grand-mère, je continuerai à fréquenter aussi l'ancienne librairie où le coin des enfants déménage pour s'étendre un peu plus :-)) Presque trente ans de ma vie où je flâne, rêve, glâne des infos, rencontre des écrivains, choisis mes lectures chez Millepages.

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mercredi 25 mars 2009

Enfers et voyage

gaudeToujours cette écriture somptueuse et chaude que j'aime tant chez Laurent Gaudé! C'est la même émotion puissante que j'avais évoquée après avoir lu Le Soleil des Scortas. Dans La Porte des Enfers les vivants rencontrent les morts, les âmes se croisent et s'expriment dans un même langage. Le père rejoint son fils dans un voyage aux Enfers et lui offre la vie en échange de la sienne devenue inutile. Conscience de la mort lièe à la vie comme dans une superbe constellation familiale. C'est une force de l'écrit qui rappelle celle de la matière dans certaines sculptures. D'ailleurs le titre du roman est bien proche de celui de la Porte de l'Enfer qu'on peut toujours voir dans le jardin du musée Rodin et la description des Enfers n'est pas sans rappeler le texte de Dante dans La Divine Comédie.

Un très beau livre, vraiment.

vendredi 6 mars 2009

Jane Austen

Ce soir je reste à la maison et je regarde la télé pour voir Raison et sentiments.

jane_austenJ'ai lu tout Jane Austen, avec délices, et j'ai prêté beaucoup de ses livres... Je crois que c'est par mon amie Jane que je l'ai connue. Nous en avions parlé en marchant dans la campagne anglaise, à propos du Devon et de romantisme. Depuis, j'ai même cherché s'il n'y en avait pas un autre, un écrit qu'on aurait découvert plus tard....ainsi ai-je trouvé Sanditon inachevé à la mort de l'auteur et terminé audacieusement par une romancière moderne dans l'esprit et le style de l'auteur.

Il ne se passe rien dans ses romans, ou plutôt toujours la même chose: des jeunes filles spontanées de bonne famille, des maisons dans la verdure, des hommes à épouser, un tricheur ou briseur de coeur, des gentlemen et des braves gens...on prend le thé, on s'ennuie dans les réceptions, on marche dans le vent, on respire la nature. Pourtant, l'air de rien les jeunes filles bouillonnent intérieurement, se rebellent contre le carcan de la société. Indomptables et délicates à la fois, discrètement distinguées elles finissent par épouser l'homme généreux qui fait fi de sa fortune ou de son titre et qui vient à l'amour après s'être acquité de ses engagements!

Jane Austen se moque en douceur des conventions, décrit avec grâce les coutumes de l'Angleterre. Le langage est vif et parfois drôle, les femmes se posent des questions sur les privilèges masculins et la condition féminine. Charme désuet et mouchoirs en dentelle, sentiments contradictoires, on pleure et on rit beaucoup chez Jane Austen! Moi j'adore. Peut-être que malgré les années qui passent il reste toujours un peu d' une héroïne de Jane Austen au fond de moi :-))

mercredi 11 février 2009

comme un bonbon

Devant m, p ou b le n devient m à quelques exceptions près, par exemple bonbon parce que: un bonbon, c'est bon.

C'est le petit livre Ma grand-mère avait les mêmes de Philippe Delerm qui me fait penser à ça, parce que ça se déguste et c'est bon... y compris le délicieux sous titre Les dessous affriolants de petites phrases. Cette fois encore, ses petits textes en prose sont pour moi comme les bonbons aux fruits de mon enfance. On en choisissait un enveloppé dans un papier cristal coloré, on devinait son goût par la couleur, on fredonnait sa musique en le touchant, on salivait au crissement du papier et frémissait en le sortant de l'emballage pour le mettre dans la bouche. Et là...mmmm le jus sucré caressait nos papilles. Plaisir éphémère qu'on faisait durer le plus longtemps possible .

C'est un des cadeaux qu'Eve m'a offert, je l'ai lu pendant un trajet de métro comme on suce un bonbon, délicatement. Délicieux, vraiment!

mercredi 14 janvier 2009

pas d'émotion

tango_pasion
De belles performances techniques mais bien peu d'émotion pour Tango Pasion. Et puis, pour moi, le tango sans une pointe de rouge dans les vêtements...c'est dommage. Heureusement il y avait le fond de scène! A l'entracte je lève toujours les yeux vers le plafond et je pense qu'ici le plafonnier vaut bien un coup d'oeil.

plafond

lundi 29 décembre 2008

images, images!

formes_danses
Eblouissante nef du Grand Palais dans La nuit des images. Nous avons été saisies Eve et moi par ce tourbillon d'images et de sons. Il y en a de toutes sortes, de toutes tailles, fixes, mobiles, vives ou sombres, sous nos pieds, devant nos yeux, au dessus de nos têtes...

grand_palaislettres
Fascinant. A voir absolument avant le 1er janvier!

jeudi 11 septembre 2008

double inscription en -thèque

bibliMoins de temps de lecture pendant l'été mais après Les cerfs-volants de R Gary et Les années de Virginia Woolf, j'ai tout de même lu quelques romans: Clair de Femme de Romain Gary, Madame Bâ d'Erik Orsenna, Crimes et démesure de Jean-Paul Carminati, ce qu'ils savent de Charlie Price, L'enfance d'un chef de Jean-Paul Sartre, La fille au pied de la croix de J-C Duchon-Doris, Les chevaliers du subjonctif d'Erik Orsenna (encore lui? et bien oui, et je pense que cette lecture délicieuse, comme celle de La grammaire est une chanson douce aiderait bien des élèves avant les leçons de langue française et l'étude du subjonctif !).
Alors,ça y est, je me suis enfin décidée à acheter moins de livres et je suis allée m'inscrire à la médiathèque. De plus, comme j'avais eu la bonne surprise au retour des vacances, de trouver une lettre signifiant que j'ai gagné un Libre Pass pour la cinémathèque, je suis allée le chercher cet après midi et vais pouvoir profiter au maximum de bibliothèque, photothèque, videothèque, cinémathèque, et tous les trucs en -thèque.

lundi 7 juillet 2008

lacunes

gary.jpg

Quand on vieillit, on a de moins en moins de chance de tout rater parce qu'on n'a plus le temps, et on peut vivre tranquillement en se contentant de ce qu'on a raté déjà.

Rien ne vaut la peine d'être vécu qui n'est d'abord une oeuvre d'imagination, ou alors la mer ne serait plus que de l'eau salée....

Ce sont deux phrases de Romain Gary dans Les cerfs-volants. Eve me l'a prêté en me disant que ça lui avait beaucoup plu ( nous échangeons beaucoup de livres toutes les deux!) . En effet, je l'ai "dévoré"car c'est très poétique, facile à lire, vivant et plein de remarques percutantes. De cet auteur, je n'avais rien lu d'autre que Chien blanc, Lady L et Les oiseaux vont mourir au Pérou. Alors je suis allée chez Millepages acheter quelques autres romans du même auteur, pour combler mes lacunes pendant les vacances.

mardi 10 juin 2008

un conte de Noël

"Mon fils a fait de moi son fils et j'en éprouve une joie immense....C'est au début du film Un conte de Noël où les personnages sont parfois drôles alors que le sujet est grave. Une histoire de famille où il est question de disputes, de jalousie, de souffrances et de joies, de rejet, de condamnations et des générations passées... et qui m'a permis de replonger dans les livres que j'avais lus comme Cette famille qui vit en nousde Chantal Realland, et Comment paye-t-on les fautes de ses ancêtres de Nina Canault et Aïe mes aieux d' Anne Ancellin.

Très beau film d'Arnaud Desplechin avec de merveilleux acteurs. Je retournerai le voir.

jeudi 5 juin 2008

grisaille vestimentaire

Difficile de choisir comment s'habiller avec la grisaille de ce matin de juin! A ce sujet, je me suis fort amusée en lisant certains passages de La Touche étoile de Benoîte Groult.

Aujourd'hui, l'âge ingrat, c'est devenu le nôtre!....ce n'est plus une partie de plaisir de s'habiller. Les noms des marques à eux seuls découragent toute approche: comment se pointer chez Chipie, Les Copains, Petite Nana ou Zazie?...les vendeuses ont dix-huit ans et les vendeurs l'âge du mépris. C'est aussi pénible d'être âgée que d'être obèse. Avec cette différence que la vieillesse est sans remède.

Beaucoup de sensibilité et beaucoup d'humour dans ses propos, et quelle lucidité! C'est étonnant pour moi de penser que cette femme est née seulement 5 ans après Maman qui elle aussi aurait pu dire:

Car je la dorlote cette fleur de ma jeunesse toujours vivante, insolente et parfois déchirante. Il faut la rentrer à l'abri des premières gelées et des quotidiennes vacheries. Lire par mégarde des magazines de vrais jeunes et regarder les fringues dans les vitrines branchées vous remet bien vite à votre place dans cette société de marché, la dernière.

soir.jpgMais je crois que la plus grande difficulté qui a été aussi celle de Maman, est

Il faut en tous cas admettre une vérité dérangeante: on est vieux dans le regard des autres bien avant de l'être dans le sien.

La grisaille donne pourtant de si belles lumières en fin de journée, peut être comme au soir de la vie....

mardi 20 mai 2008

En cours de route...

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En cours de route, j'ai rencontré des musiciens....

et maintenant que j'ai retrouvé la forme après un séjour bienfaisant en Haute Savoie, je voudrais remercier ces deux là qui m'ont tellement aidée dans le choix et l'accueil des musiciens pour le festival. Sûr que si j'organise une fête je saurai qui contacter!

artpresence_259.jpg
C'était une bonne idée la Batucada de Francis, Patrick, tous les jours! et au centre comme nous l'avions souhaité toutes les deux dès le départ...J'ai beaucoup aimé l'ambiance créée par Sam, les choix et la vivacité de Jonathan&cie, le dynamisme du groupe bordelais the little psychedelic's flowerz, les compositions chaleureuses des Manao, la fanfare et la poésie du Ptit bazar. J'ai apprécié le courage d'Emeline qui ose se lancer dans une nouvelle carrière. J'ai encore une fois adoré En cours de root, musiciens-poètes, ils chantent avec beaucoup d'humour et sans se prendre au sérieux.
Et quelle belle émotion dégagée par Bob et sa guitare!

artpresence_260.jpg Les croquis sont de Pierre Bobot. Bravo Marion pour la sélection des artistes!

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