le blog de marie madeleine

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samedi 12 juillet 2008

habitudes de langage

valence__1_.JPGQuand je vais sur la tombe de mes parents, à Valence, je dis généralement "je vais chez Papa et Maman" et je reste volontiers un moment planter et nettoyer les fleurs sur les tombes de la famille, ou bien, assise sur l'unique banc qui regarde le ciel, je respire le grand calme... On s'étonne lorsque je déclare aimer les cimetières, et c'est vrai, j'aime la tranquillité qui s'en dégage.
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Contrairement à Ryes, Valence-en-brie ne réveille aucune nostalgie. C'est pourtant à la Ferme des Bordes que j'ai passé mon adolescence! Ce que j'aime beaucoup, c'est passer devant l'ancienne maison de mes parents, longer la mare-aux-usages et m'imprégner de la lumière sous les arches boisées, puis de rejoindre la Route Royale qui mène à Fontainebleau.

vendredi 6 juin 2008

te souviens tu, Tristan?

fabrice_0003.jpgTe souviens-tu Tristan, de ton copain Fabrice de la crèche? Vous étiez ensemble pour les anniversaires, au manège et au bac à sable du bois où nous nous retrouvions le mercredi avec nos enfants, Colette, Doris et moi ? Je ne me souviens pas très bien ensuite...il n'était peut être pas à Franklin Roosevelt mais à l'école du Centre! Sa mère était instit avec moi, à la fois élitiste et puritaine, et on ne voyait guère son père qui était médecin. Son frère aîné, proche de sa mère, vous agaçait un peu du haut de ses années en plus. Fabrice était aussi brun que Rémi était blond. Vous étiez bien sages le temps d'une glace, Rémi, Sébastien, Fabrice et toi, pour les 2 ans d'Aurelia!
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Et bien, je l'ai vu débouler en intermède, sur la scène du théatre du Rond Point lundi dernier, toujours un peu rond, vif et plein d'humour, le p'tit Fabrice Eboué....ça m'a fait drôle!

mardi 3 juin 2008

étudiante en 1968

Lundi soir j'étais au Rond point pour une soirée débat sur l'Impensée 68. La première partie était vivante, l'idée des enfants de 68 est riche et Virginie Linhart tellement spontanée! mais comme c'était difficile pour moi d'écouter François Dosse, il semble que je n'étais pas la seule, vu de l'endormissement de la salle, sans doute vaut il mieux lire ses écrits! Tout ça m'a ramenée 40 ans en arrière et à "mon" mai 68.....

1968_0002.jpgEn 1968 je terminais tranquillement ma licence de psycho. J'étais une étudiante banale et n'étais guère politisée, j'étais passionnée de psycho-pathologie et de linguistique, je fumais comme un troupier, je sèchais les cours, j'aimais descendre la rue Mouffetard pour rejoindre Censier où avaient lieu certains TD, j'y travaillais au secrétariat pour payer mes erreurs de jeunesse, j'allais voir un médecin pour obtenir "la pilule" dans un coin glauque du 20ème. Je passais des journées au café en face de la rue Jacques Callot, je militais pour la libération des femmes, je lisais Combat. Je faisais la fête aux soirées des Beaux Arts et de l'X qui était alors rue de la montagne Ste Geneviève.
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J'aimais les enfants, j'allais chercher Olivier et Arnaud, à l'école de la rue Saint Benoit, deux gamins insupportables et adorables, je les emmenais au Luxembourg et les gardais jusqu'au soir dans leur appartement de la rue du Dragon, je m'échappais parfois au ski et à la mer, je détestais le carcan de la famille et de la religion, je critiquais les institutions et transgressais la loi, je chapardais des vêtements avec ma cousine rue de Rivoli, je volais des tas de 33 tours chez Gibert Jeune et je les revendais pas très cher.
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J'habitais Vincennes avec ma soeur et déplorais qu'elle veuille parfois travailler quand je voulais m'amuser, J'avais les cheveux longs, je m'habillais en 14 ans et portais des mini-robes, ma couleur favorite était le violet, je tricotais des gros pulls, des châles et des bijoux au crochet, je dévorais Dostoievski, Lévi-Straus, j'étais fan d'Henri Michaux, j'idéalisais Simone de Beauvoir, j'écoutais Lizt, Bob Dylan et Joan Baez, les Beatles, les Rolling Stones et Chuck Berry. Je marchais dans Paris sans chaussure et dansais sur le toit de mon appartement. Papa et Maman lisaient le Figaro, Match, La vie catholique et Télérama, j'avais honte, mais quand j'allais chez eux, je me faisais des robes et des tuniques à manches larges avec une superbe machine à coudre à pédale, je conduisais une 2CV bleue et jouais à cache-cache en voiture dans les champs de maïs.

J'avais un petit ami étudiant en peinture qui s'appelait Lionel, nous passions des heures sur le Pont des Arts à exposer ses oeuvres, je restais le soir longtemps sur les quais à l'écouter jouer de la guitare avec ses copains. Nous descendions depuis Montmartre jusqu'à la rue Mazarine en suivant la fanfare des Beaux Arts et en enlevant un vêtement à chaque carrefour. Je n'étais pas fidèle mais je l'aimais beaucoup, nous reconstruisions le monde et rêvions de justice sociale et de grands changements.

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Après le 22 mars, les discussions se prolongèrent au café, le Mazarine ou le Mazet. Lionel était trotskyste et j'assistais aux réunions par amour autant que par conviction! Il y avait des tracts à distribuer, nous voulions rejoindre Nanterre, certains travaillèrent chez Renault, nous préparions la révolution, nous rêvions d' Action, nous voulions associer nos professeurs et les ouvriers à notre combat. Nous étions en guerre contre les maoistes et les JCR, et traitions de fascistes ceux qui ne pensaient pas comme nous. J'étais au meeting de la Sorbonne le 3 mai, je distribuais Action, le 6 mai je confiais mon canif au barman de notre bistrot pour ne pas être considérée comme armée en cas d'arrestation, j'étais à Denfert le 7et puis dans la rue, à Censier, etc...

Les leaders de tous les groupes de gauche étaient autoritaires et intolérants et s'écoutaient parler. Je n'osais pas prendre la parole car je n'avais pas une grande culture politique. Nous avons crié victoire au départ de de Gaulle et à l'extension des grêves, il m'est arrivé de venir à pieds de Vincennes et de dormir à la Sorbonne ou sous les ponts pour être sur place le lendemain matin, j'étais à l'Odéon, aux Beaux arts... Je me suis fâchée avec mes parents parce que je fredonnais l'Internationale en arrivant chez eux, je crois qu'ils avaient le souvenir de 1936 et qu'ils avaient peur pour la "tête brûlée" que j'étais, selon eux. J'ai dû chercher du travail et j'ai été vendeuse au Prisunic de Vincennes.

1968_0004.jpgLes idées ont été récupérées par les intellectuels et les politico-syndicalistes, il y a eu les accords de Grenelle, les évacuations, les législatives, les déceptions, les sanctions... J'ai été dégôutée de la Politique, il était temps d'aller en vacances! L'année suivante j'ai suivi les cours à Vincennes pendant un an et puis j'ai décidé de me lancer dans la vie, j'ai postulé comme institutrice suppléante et je me suis défoncée dans ce beau métier sans jamais le regretter.

mardi 18 mars 2008

Mélancolie, le mot est joli...

Un peu mélancolique ce soir...le mot est joli et pourtant ...

«S'il existe un enfer en ce monde, il se trouve dans le coeur d'un homme mélancolique.» Robert Burton dans Anatomie de la Mélancolie

Ma vie, la vie que j'ai choisie, me convient la plupart du temps, et me ravit, indépendance oblige! mais quelquefois la solitude me pèse et laisse rôder autour de moi dame mélancolie... Elle passe et s'éloigne , car les sources de joie sont nombreuses.
Sans doute est ce pour cela que je pense à mes grands parents paternels. On a beaucoup parlé des poilus avec la disparition du dernier, mort la semaine dernière, et je pense au père de mon père qui n'a pas eu la joie d'être grand-père.
mars_180a.jpg Né le 6 avril 1887, mort le 16 avril 1916 , au Ravin des courtes chausses, en forêt d'Argonne. Il avait 29 ans, s'était marié 4 ans avant, le 9 avril 1912, et avait un fils de 4 mois et demi, mon père.

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Le père a t'il jamais pu voir et porter son fils? je ne sais plus mais j'ai été émue par ce qu'il écrivait à son sujet dans son carnet, au crayon. Je pense à cette jeune maman de 27 ans, l'âge d'Eve et de Camille. Je l'imagine vraiment seule, son bébé dans les bras. Il avait exactement l'âge de Lelia , mais le petit Marius ne verra jamais son papa. Comme elle a dû souffrir la pauvre Juliette! Il y avait de vraies raisons à sa mélancolie. Elle relisait les carnets et gardait précieusement les petits objets que son tout jeune mari faisait dans les tranchées, gravant patiemment le nom de sa belle dans le vert des feuilles fraîches.

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samedi 9 février 2008

la haie d'aucubas

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En rentrant du bois où j'ai marché cet après midi j'ai longé une haie d'aucubas dont les fruits brillaient au soleil.




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Il y avait à Ryes, au fond du parc, une grande haie d'aucubas le long du mur qui nous séparait du jardin potager. C'était un endroit où nous aimions nous cacher. Les aucubas étaient denses, c'était sombre, ça faisait un peu peur! On voyait la maison sans en entendre les bruits, ce qui donnait l'impression d'être loin et que personne ne pourrait nous trouver. Je me souviens m' y être souvent blottie pour lire en secret... Bien sûr, c'était un refuge que tout le monde connaissait, une de nos cachettes favorites lors des grandes parties de "boîte" auxquelles nous jouions (sans bâton), avec nos parents, nos cousins, nos oncles et tantes, et qui se prolongeaient tard dans le noir du soir pour notre plus grande joie...

mercredi 6 février 2008

un coup de vieux!

Je croyais avoir atteint le statut suprême du vieillissement serein... médaillée en février, retraitée au mois de septembre, grand-mère en novembre, ça y est! je suis sur la voie du repos, en route vers la sagesse. Eh bien, non! je viens de franchir une nouvelle étape et la naissance de Naël qui m'a faite grand-tante, me donne un sacré "coup de vieux".
Grand-mère, c'est comme une montée d'escalier, on grimpe d'une génération, c'est noble, tout va bien. Mais grand-tante ça me fait penser aux vieilles dames qu'il fallait embrasser enfant, celles qu'on voyait rarement et qui semblaient étrangères mais dont on savait qu'elles font partie de la famille...tante_Guite.jpgLà, c'est Tante Guite!... il y avait aussi Tante Louise, Tante Lili, Tante Germaine et Tante Marcelle. Nous avions une grand-tante que j'aimais bien, Alida , qu'on appelait "Tante Lida" que Maman trouvait chochote parce qu'elle se maquillait trop. Elle était guillerette, vive et indépendante. Son mari amateur de livres anciens mais plus vieux qu'elle, était mort, et elle vivait seule rue Raffet dans un appartement coquet, raffiné et décoré comme une maison de poupée.
lida.jpgQuand elle venait nous voir, elle arrivait seule dans sa 4CV, pimpante, gantée bien sûr, parfumée, poudrée, elle nous serrait et nous embrassait encore et encore en nous appelant "mes p'tits coeurs", ce qui à la fois nous faisait rire et nous ravissait car soudain nous devenions importants. J'ai le souvenir de m'être sentie ridicule devant les autres mais précieuse en secret, éclatante, presque rare comme un très beau bijou caché qui brille quand on ouvre l'écrin. Bien sûr après son départ, avec mes frères et ma soeur, nous explosions tous les quatre de moquerie joyeuse: "nous sommes 4 petits coeurs, qu'ils sont mignons mes chéris! oh les beaux p'tits coeurs!"

Maintenant encore, cinquante ans après, devenue grand-tante, je m'imagine appeler Naël "mon petit coeur" et ça me fait pouffer de rire!

jeudi 11 octobre 2007

La roue tourne au bois de Vincennes

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En traversant le bois, je suis passée devant le manège, celui qui se trouve à l'entrée du bois quand on vient du cours Marigny, juste derrière le petit square où je retrouvais Doris et les autres mamans quand les enfants étaient petits, je n'ai pu m'empêcher de penser que j'y retrouverai peut être Dominique lorsque nous emmènerons nos petits enfants au bois...

et je me rappelle comme Tristan et Eve aimaient les manèges!
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jeudi 27 septembre 2007

dentiste, flic, prof etc...


"Ouvrez! fermez!...fermez, non ouvrez! fermez!"

Je reviens de Charenton où je vais régulièrement chez le dentiste car, en ce qui concerne les dents, je suis précoce, je veux dire en avance pour mon âge car j'ai au moins 80 ans dans ce domaine! Depuis que j'ai 8 ans je n'ai cessé d'aller chez le dentiste sauf quelques périodes creuses que j'ai payées en creux dentaires!
Aujourd'hui nous avons ri toutes les deux quand elle a répété ses "ouvrez! fermez!" en pensant aux millions de fois où elle donne ces ordres, s'embrouillant parfois dans l'ordre, comme le flic dit "circulez! avancez!"
Et nous, les profs, combien de "écoutez! taisez-vous!" dans notre carrière?

mardi 18 septembre 2007

la petite maisonnette que mon père habitait...

J'ai dans la tête ce soir un refrain que nous avait chanté Maman

''Quand j'étais au village, j'écoutais les oiseaux
maintenant que je suis dame, j'écoute la radio.

Et pourtant, je regrette tant, je regrette en secret
La petite maisonnette que mon père habitait.''

J'ai cherché et trouvé d'autres couplets que j'avais oubliés ou que je n'avais peut être jamais entendus ...

j'ai souvent cette mélodie dans la tête! simple rengaine ou pouvoir de l'inconscient?
Il y a aussi " Dedans ma chaumière pour y vivre heureux, combien faut-il être? il faut être deux"...
et "Isabelle si le roi savait ça, à la robe de dentelle vous n'auriez plus jamais droit, Isabelle si le roi savait ça"...

jeudi 13 septembre 2007

La maison de Ryes

J'ai retrouvé une photo de Ryes. Je n'ai jamais de regrets et suis plutôt tournée vers l'avenir que vers le passé. Quelquefois pourtant se glissent dans mes rêveries des souvenirs de Normandie....
J'y ai vécu enfant, de 6 à 12 ans, avec Marie-Claire, Pierre et François. La plupart de mes souvenirs sont effacés, sans doute effacés par la peur, lors de la maladie qui faillit m'enlever ma petite soeur. Des fêtes, des jeux et des rires pourtant, pendant les vacances où souvent des cousins et cousines se joignaient à nous car la maison était grande et maman disponible. Quand on évoque cette période on dit " à la maison de Ryes".

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lundi 30 juillet 2007

" j'irai revoir ma Normandie..."


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La lumière, les couleurs... les herbages sont si beaux après la pluie, surtout derrière l'église de Ryes vue depuis "Les Monts".

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samedi 16 juin 2007

PAPA

C'est la fête des pères!

Lorsqu'on parle de la fête des mères, je pense à Maman, bien sûr, mais aussi à moi comme mère de Tristan et Eve.

Lorsqu'on parle de la fête des pères, je ne pense qu'à Papa puisque je ne peux penser en tant que père!

A la différence des enfants dans la cour de récréation, je parle au passé, mais moi aussi je peux dire que mon père était grand et fort car il était protecteur. Il travaillait beaucoup, certes, mais il prenait soin de nous et quand il n'était pas en réunion, on allait lui dire bonsoir dans son bureau avant de monter dormir. C'est maman qui venait nous border.

Les images préférées que je garde de mon père, c'est:

papa.jpgPapa jouant sur la plage avec nous, les 4 enfants,

Papa radio-amateur, tout en haut, dans la maison de Ryes,

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Papa grand-père faisant souffler les bougies de son gâteau d'anniversaire par ses petits enfants,

J'aimais bien dire, à cause du double sens phonétique: mon père est maire...
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La plus belle image de Papa, celle qui me rend fière d'être sa fille, c'est quand il prenait Maman dans ses bras, l'oeil brillant et rieur, alors qu'elle faisait semblant de vouloir s'échapper.