le blog de marie madeleine

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mardi 20 avril 2010

Reine-Marie

reine-marie.jpg

Elle aurait 95 ans. Il y a 10 ans, Reine-Marie fêtait son dernier anniversaire. C'était ma Maman. Elle était née le 20 avril 1915. Elle fut enfant, jeune fille, l'aînée d'une famille de sept enfants puis devint la femme de mon Papa jusqu'à sa mort en 1993. Ce fut terrible pour elle mais peu à peu elle a retrouvé le goût de vivre, seule dans sa grande maison. Elle aimait les enfants, surtout les petits, a consacré une partie de sa vie aux enfants mongoliens, puis à nous quatre, ses enfants. Elle aimait beaucoup ses petits-enfants, fière d'en avoir neuf. Elle était très "famille" et réunissait tous les ans ses frères, soeurs, neveux et nièces avec ses amis dans la salle des fêtes qui porte maintenant le nom de Papa. Maman adorait la campagne, la nature et la simplicité mais détestait les engrais, le progrès, et avait toujours craint la venue de l'an 2000...

1970_1_.jpg

Maman avait mal au genou depuis longtemps. Quelques mois auparavant je l'avais accompagnée à la clinique de Montereau envoyée par le médecin. Quand on lui a assuré que c'était une radio de la hanche qui était prescrite, elle refusé fermement " quel âne ce médecin, je vais le voir pour le genou et il s'occupe de ma hanche!" mal informée des symptômes qui l'ont clouée au lit trois mois plus tard. Elle a dansé le soir du 31 décembre 1999 chez mon "petit" frère. Le 1er janvier elle n'a pas pu se lever et a dû être opérée.

De la clinique à la maison de rééducation, de malaise en mal-être, du retour chez elle qui fut dramatique jusqu'à la maison de retraite, puis à l'hôpital, ce fut une sorte de parcours du combattant pour Maman qui ne s'est pas rétablie. Elle devait entrer dans un établissement de soins palliatifs que nous avions visité quelques jours plus tôt avec Tristan. Sans doute était-ce trop de changement pour elle. "Tout le monde est si gentil avec moi" disait-elle en ce mois d'août à l'hôpital de Montereau, elle aurait voulu y rester.

Mes frères et soeur étaient en vacances. J'étais partie en juillet, je venais la voir tous les 2 jours. Un matin je me suis arrêtée signer la sortie avant de monter la voir et quand je suis arrivée, j'ai su que ça n'allait pas. J'ai fait appeler le médecin. On m'a fait sortir. On est venu me chercher "il va falloir être courageuse". Un prêtre est venu. Je suis restée près de Maman qui s'inquiétait de mes frères et soeur. Je l'ai rassurée "je vais les appeler, ne t'inquiète pas". Elle s'est apaisée. J'ai eu l'impression qu'elle me passait le relais. Je suis restée là un long moment et puis j'ai prévenu l'infirmière, je suis sortie dans la rue, je me suis assise sur un banc, j'ai respiré, j'ai appelé mes frères et ma soeur, j'ai pris le relais....

J'ai envie de dire "Bon anniversaire ma petite Maman" et de lui offrir des fleurs des champs, ses préférées.

fleurs_des_champs.jpg

jeudi 8 avril 2010

Ma Normandie

normande photo prise dans le parc de la maison de Ryes, en 1954 avant l'année terrible où mourut mon grand-père et où j'ai eu tellement peur de perdre ma petite soeur.

Ma Normandie

Quand tout renaît à l'espérance,
Et que l'hiver fuit loin de nous.
Sous le beau ciel de notre France,
Quand le soleil revient plus doux,
Quand la nature est reverdie,
Quand l'hirondelle est de retour,
J'aime à revoir ma Normandie,
C'est le pays qui m'a donné le jour.

J'ai vu les lacs de l'Helvétie,
Et ses chalets et ses glaciers.
J'ai vu le ciel de l'Italie
Et Venise et ses gondoliers.
En saluant chaque patrie
Je me disais: aucun séjour
N'est plus beau que ma Normandie:
C'est le pays qui m'a donné le jour.

Il est un âge dans la vie
Où chaque rêve doit finir,
Un âge où l'âme recueillie
A besoin de se souvenir.
lorsque ma muse refroidie
Aura fini ses chants d'amour,
J'irai revoir ma Normandie
C'est le pays qui m'a donné le jour.

C'est une chanson qui date de 1836 et que nous avions apprise à l'école. Je me souviens l'avoir chantée sur l'estrade pour les prix, en costume de normande, à l'école de Ryes. J'ai encore très souvent la mélodie et les paroles en tête.

dreamcarte postale d'une série que j'ai découverte et appréciée

Et le rêve s'est réalisé! il a fait un temps de plus en plus beau chaque jour dans cette Normandie dont je me sens un peu l'enfant! Je l'avais évoquée __ici__ l'an dernier à la même époque et je viens d'y passer à nouveau quelques jours enchanteurs... soleil, vent, amitié, rires, dessin, flâneries le long des grandes plages, visites historiques et souvenirs, danse et bavardages... Le week-end de Pâques prolongé fut un vrai moment de détente et d'échanges dans cette région chère à mon coeur.

les fillesavec Christine et Thérèse à la pointe du Hoc

eglise_ryeséglise de Ryes, vue depuis la promenade des monts

chemin_presbytèrechemin de mes premières amours, à Ryes, face au presbytère

plagel'extrémité de la plage d'Arromanches

jeudi 11 mars 2010

Trois-Etots

le-hameau

J'ai longtemps cru, jusqu'à mes études de psycho, qu'il était normal de n'avoir aucun souvenir de ma petite enfance. Puis j'ai pensé que ma mémoire était défaillante jusqu'à ce que je réalise récemment que je n'ai aucun souvenir d'enfance antérieur à "la maladie de ma soeur". Certes, je sais ce que j'ai vécu auparavant, j'ai vu des photos, j'ai entendu des anecdotes, mais je ne me souviens pas. Ma vie consciente commence à 9 ans. J'ai bloqué tout ce que j'ai vécu jusqu'à ce jour où j'ai cru que ma petite soeur allait mourir.

Je "travaille" donc avec l'aide d'une thérapeute à la reconstruction de ma mémoire. C'est ainsi que j'ai ressenti l'envie de retourner à Trois-Etots où j'ai vécu de 3 à 6 ans. Je n'y étais pas retournée depuis plus de 50 ans, et les images se sont connectées à ma mémoire corporelle. J'ai "retrouvé" davantage par le corps que par l'esprit l'unique rue que j'avais déjà montrée ici, sur le chemin de l'école pour la première fois, lorsque j'avais 5 ans. .

trois-etots

1951mariage_maguy.jpgles 3 grands, enfants d'honneur, en route pour le mariage de Maguy

la maisonLa 1ère à gauche, avec la grande porte du garage en bois gris, c'est là!

J'ai trouvé la maison sans hésiter , et je suis allée directement vers le chemin sur lequel Maman nous emmenait promener. On a toujours raconté que nous chantions "c'est le garde-champêtre qui pue qui pète, qui prend son cul pour une trompette" et filions nous cacher en riant derrière les buissons. Je ne sais qui nous avait appris cette chanson, Denise la jeune fille qui nous gardait? Suzanne, une soeur de Maman monitice de colo? ou mes premiers copains d'école? mais j'ai eu confirmation par des promeneurs habitants de la commune que là où mon intuition m'avait conduite se trouvait bien la maison du garde champêtre, à gauche après la mare! Je comprends mieux maintenant mon attrait pour les mares et les chemins creux

IMGP4254.jpg

le_cheminle fameux chemin du garde-champêtre

Ce samedi après midi, celle qui fut notre maison était fermée, devenue résidence secondaire comme beaucoup d'autres, et je n'ai rien vu du jardin, juste aperçu le sommet d'un arbre. Peu de chance que ce soit le vieux cerisier sur lequel avait été prise une photo de nous 4 avant le départ vers Ryes et la Normandie!

1952_echelle.jpg photo célèbre dans la famille, une échelle sur le cerisier!

Je suis très contente d'avoir enfin retrouvé quelques véritables souvenirs, des odeurs, des bruits, des couleurs et des images... C'est aussi grâce àJenofa qui m'a donné envie d'y venir. Je l'avais croisée en faisant des recherches puis je suis allée la voir cet été. Elle a vécu à Trois-Etots juste après nous, j'avais vu des photos sur son blog et c'est spécialement pour elle que j'ai mis toutes celle-ci! J'y retournerai aux beaux jours et prendrai d'autres photos car le ciel était sombre ce samedi 27 février!

ciel_noir

jeudi 11 février 2010

my best friend

Elle est anglaise et s'appelle Jane.
C'est Helen Dessones qui l'avait recommandée à mes parents. Jane était la fille d'un de ses amis, un monsieur "très bien" qui élevait ses trois enfants tout seul. Elle avait l'âge de ma soeur, elle serait sa correspondante. Je ne sais plus comment elle est arrivée mais je sais que nous l'attendions tous, impatients de recevoir "la correspondante anglaise de Marie-Claire". Je me souviens qu'au début j'ai été déçue, elle me semblait un peu gauche, tellement timide et discrète. En réalité c'est la barrière de la langue qui l'empêchait de s'exprimer et puis la nourriture, les habitudes qui étaient encore très différentes d'un pays à l'autre à cette époque là!

Je ne sais comment ça s'est passé mais on s'est beaucoup parlé... elle dit maintenant que c'est parce que que je n'étais pas sage, que j'étais "mad" et que ça la fascinait. Plus tard, lorsque j'allais chez elle, à Greenfingers et que nous allions voir sa grand-mère ou tante, Jane me présentait en abrégeant mon prénom " This is Marie-Mad" et la vieille dame disait immanquablement "Why do you say that? she is so nice!" ça me chatouillait le coeur.

Elle fit des études de français à Aberdeen, les poursuivit à Paris, vécut avec moi rue Raymond du Temple à Vincennes. Je la trouvais très intelligente. Elle avait l'air bien sage mais savait faire la folle. Nous avons dansé sur les toits rue Mouffetard, fait des petits jobs au ministère des finances, travaillé pour le CNRS. Nous avons fait du stop ensemble, chanté à tue-tête sur le Cours Marigny, nous avons eu très peur d'un homme qui nous avait raccompagné un soir. Nous sommes parties en 2cv toutes les deux, avons passé des vacances, avons tremblé la nuit en Sologne, imaginé le pire à cause d'un boeuf qui ruminait devant la grange où nous avions passé la nuit. Nous avons raconté nos fredaines et susurré nos secrets. J'ai bien aimé Fiz, devenu son mari, Ils sont venus en Dordogne avec nous, nous sommes allés en Ecosse avec eux. A quatre, c'était plus difficile. Ils ont élevé trois enfants, nous en avons eu deux. Nous étions un peu loin, la Manche nous séparait, il n'y avait pas d'Eurostar.

jane_1972a.jpg1972- Jane et Fiz en face de moi, fromage et Cahors au gouffre de Proumeyssac

Nous avons continué à nous écrire, de moins en moins souvent...mais c'est elle que j'ai eu envie de voir ab-so-lu-ment quand j'étais tellement triste et que j'allais tellement mal en 1989! Depuis, nous nous sommes retrouvées régulièrement, parfois ici, le plus souvent chez elle, à Richmond. Ses 2 garçons ont une maladie très grave, orpheline, et c'est dur. Ils sont musiciens tous les deux et Corrie vient de se marier. Sa fille a deux enfants, c'est sa joie de vivre. Elle est épaulée par Fiz toujours solide et courageux, attentif et plein d'humour. Nous bavardons au téléphone, nous nous envoyons des cartes juste pour dire "coucou, je pense à toi et je t'embrasse". Plusieurs fois nous avons passé quelques jours toutes les deux, sans famille et sans soucis, dans le Kent ou en Normandie. C'est ma meilleure amie et elle aime me présenter en disant " This is Marie-Mad, she is my best friend!"
Aujourd'hui c'est son anniversaire. Happy birthday, my dear Janie!

mardi 9 février 2010

7 & 8 février 1945

1945-mariage.jpg
Il y a soixante-cinq ans, le 9 février mes parents commencèrent leur vie commune. Le 7 février 1945, Reine-Marie avait épousé Marius. Le lendemain, 8 février les passants s'arrêtaient devant l'Eglise et une petite fille avait été surprise: "regardez la mariée, on dirait une première communiante!" C'est vrai que Papa était grand et Maman toute petite!

D'ailleurs elle montait toujours sur quelque chose pour les photos avec ses frères et soeurs. Tu vois, Marie-Jo il est mignon, le petit dernier au bout, c'est mon oncle Michel et c'est surtout ton Papa!
1945-les7.jpg

mercredi 8 juillet 2009

drôle de dame

J'ai rencontré chez le boulanger une ancienne collègue-instit-mère d'élève-presqu'amie- pas vue depuis plusieurs années. Grossie, vieillie, les traits ridés malgré le maquillage un peu fort... En la voyant je réalise mon propre vieillissement, surtout qu'elle a 5 ans de moins que moi! Nous évoquons quelques copines communes de l'époque de nos divorces et de nos folles sorties de filles. L'une vient de prendre sa retraite, l'autre s'est arrêtée l'année de ses 55 ans comme beaucoup d'instits( alors que j'ai attendu de dépasser 60 ). Puis elle me dit qu'elle travaille toujours, car elle ne sait rien faire de ses 10 doigts et "les expos, le ciné, ça va bien un peu". Elle s'arrêtera en même temps que son ami/mari? pour être sûre de ne pas s'ennuyer.

Alors là!! quelle drôle de femme! je comprends pourquoi on a si peu de choses en commun! Moi qui déteste la dépendance, je ne pourrais me contenter de suivre quelqu'un. Et puis j'ai la chance d'aimer lire, écrire, dessiner, coudre, tricoter... Je me souviens de robes, jupes, de chemises, et même de mon premier tailleur en velours cotelé bleu canard cousu avec la vieille Singer à pédale. maman-tricotevalence Merci Maman de m'avoir appris tant de choses. D'ailleurs si j'ai lancé les tricots-thés chez moi, c'est sans doute en souvenir de l'ambiance des ouvrages et divers bricolages que nous faisions dans la grande salle qui fut auparavant notre salle de travail pour les devoirs.(1973: Maman tricote, je fais du crochet tandis qu'un de mes frères monte des films super8)

vendredi 19 juin 2009

19 juin 1981

ça y est! Eve a ouvert chaque jour un paquet glissé dans sa valise dimanche dernier et aujourd'hui, elle a 28 ans!

Elle avait choisi de faire son entrée dans le monde après l'euphorie de l'élection de Mitterand. Les échographies étaient rares à cette époque, et nous ne savions pas si l'enfant qui allait naître serait une fille ou un garçon. Nous disions "le bébé". Dans la nuit, il m'a semblé qu'il frappait à la porte, et peu après minuit, nous avons appelé Sandy, la baby-sitter. Une heure plus tard aux Diaconnesses, juste après notre arrivée, pft! mademoiselle montra le bout de son nez et j'ai connu ma fille!

naissance_eve
Pendant les 9 mois d'attente, je m'inquiètais de savoir si je pourrais aimer aussi fort un autre enfant que mon fils. Dés qu'Eve est arrivée et fut posée sur mon ventre, j'ai su que mes craintes étaient vaines. Ce fut la deuxième grande joie de ma vie. Le matin au réveil Tristan fut content de savoir qu'il avait une soeur et fut impatient de la voir mais il savait que la maternité n'autorisait la visite des enfants qu'après plusieurs jours. Mes parents vinrent le chercher après être passés voir la petite Eve. Il fut très ému quand il la vit une semaine plus tard, et ce fut le début d'une sacrée complicité!

2complices.jpg

dimanche 7 juin 2009

MAMAN

1916

Elle a un an sur la photo et s'appelle Reine-Marie. Elle est née en 1915, son père était ingénieur des Arts et Métiers et sa mère pianiste. Ma grand-mère avait 26 ans. Mon grand-père avait 27 ans, ils s'étaient mariés un an avant, c'était la guerre, il était officier. Elle fut l'aînée de 7 enfants, apprit à coudre et à broder, s'occupa d'enfants mongoliens, puis épousa Papa en 1945, juste après la guerre. Ils eurent 4 enfants en 3 ans 1/2!



Voici quelques photos de ta vie, Maman, avant ma naissance, puisque je fus la première à te dire "Maman", et la dernière aussi. En 2000, j'étais près de toi, tu m'as passé le relais... je suis devenue la patriarche de ma famille.

maman à 6 ans (devant Bon Papa) un dimanche avec un ami de la famille en forêt de Compiègne alors que Mamée attendait son cinquième enfant.

maman_20ans jeune fille raffinée et demoiselle d'honneur au mariage d'une amie
1939 à 24 ans tu es l'aînée mais la plus petite grimpée sur un essieu derrière ton plus jeune frère, en vacances en Haute-Savoie. D'ailleurs Tristan n'habite qu'à quelques kms de Fessy, dans une vieille ferme savoyarde, ça te plairait beaucoup!
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petite mariée si fière avec ton 1m54 d'avoir la même taille que la reine d'Angleterre! Tu nous as raconté qu'un enfant te voyant sortir de l'église si petite, s'écria sur ton passage: "oh! regardez la mariée, on dirait une communiante!". Bonne fête ma petite Maman.





jeudi 14 mai 2009

ma vie avec Millepages

millepages
Je ne sais plus exactement quand...à la fin des années 70? au début des années 80? C'était peu de temps après la naissance de mon fils, dans la rue du premier appartement vincennois où j'ai vécu avec ma soeur alors que nous étions étudiantes. Une toute petite librairie s'est installée presqu'au bout de la rue, au coin de la rue Lejemptel, juste avant cette partie où la rue Raymond du temple était tellement crapoteuse que nous ne nous y aventurions guère.

En y pénétrant par curiosité, la première fois, j'ai découvert une sorte de caverne d'Ali Baba! Pourtant, malgré l'espace très réduit, le libraire savait toujours de quoi je parlais et je trouvais tout ce que je cherchais. Il me semble qu'ils étaient deux, ou trois, des jeunes sympathiques qui se pliaient en quatre pour m' aider et me laissaient fouiller dans les tas de livres empilés. Très vite, j'ai changé mes habitudes, et j'ai fréquenté régulièrement cette petite librairie. Je ne continuais à aller rue du midi, chez monsieur Paris dont la barbe et les cheveux blanchissaient, que pour l'achat des manuels scolaires.

Un jour Francis annonça qu'il fermait la boutique - désolation! - mais qu'il ouvrait un plus grand espace - ouf! - rue de Fontenay, de l'autre côté de la rue de Montreuil. Au début, cela semblait loin mais c'était spacieux et finalement pas très éloigné de la bibliothèque où j'allais régulièrement avec mes enfants. Tristan et Eve aimaient y choisir leurs achats pendant que je faisais les miens. J'y ai acheté aussi des livres pour ma bibliothèque de classe, puis les livres de prix pour l'école quand je fus directrice de l'école du Sud. Il y eut une grande fête au centre Pompidou, pour l'inauguration, ou pour un anniversaire, je ne sais plus! Je ne voyais pratiquement plus mon p'tit libraire du coin de la rue! Très occupé par de multiples activités, Francis est devenu un "grand" libraire, éditeur, créateur d'évènements... il s'est entouré de collaborateurs compétents qui font vivre la librairie dont Pascal Thuot est responsable. D'année en année, l'espace est à nouveau trop étroit et il fallut pousser les murs, les livres d'enfants s'exilèrent un peu plus loin, puis les BD: trois librairies Millepages rue de Fontenay qui pourtant ne suffirent bientôt plus.

Et voilà! samedi dernier, nouveau déménagement, nouvel agrandissement sur deux niveaux, plus près du château, plus près de la médiathèque, de la mairie, et plus près de chez moi. C'est clair, c'est fonctionnel et beau. On sent encore le "neuf" mais déjà on respire l'odeur du papier, on vibre en feuilletant les pages, on entend les voix de l'écrit. Comme je suis devenue grand-mère, je continuerai à fréquenter aussi l'ancienne librairie où le coin des enfants déménage pour s'étendre un peu plus :-)) Presque trente ans de ma vie où je flâne, rêve, glâne des infos et choisis mes lectures chez Millepages.

millepages2millepages1

samedi 9 mai 2009

partie de campagne

Sympathique partie de campagne du côté de L'Isle Adam. Tout était réussi, l'accueil du maître dans sa jolie maison, les conversations en terrasse à l'apéritif, le pique-nique de surprises à découvrir, et même le soleil qui s'invita au cours de notre promenade digestive parmi les herbages sur les hauteurs de Parmain. Repos dans la verdure et conversations précieuses à nos esprits assoiffés d'échanges sans détour purent clore l'après midi dans l'allégresse.
Au détour du chemin.... des champs de blé comme il y avait derrière la ferme des Bordes, avec un petit bois comme celui où je me cachais enfant pour rêver d'amour et griffonner des poèmes sur mon cahier d'écolière. Nous y allions marcher avec nos cousins et cousines et revenions des promenades les bras chargés de branches et fleurs printanières.

dominique

Avec nous quatre, il y a Marie-Noëlle venue en vacances, Patrick, François et leur grande soeur, notre Dominique dont la disparition en montagne laisse parfois la tristesse errer dans le coeur de chacun d'entre nous. Je suis passée souvent au petit cimetière de Sambrancher, au pied du Grand Saint-Bernard, lui faire un p'tit coucou!

Plaisir, amitié, souvenirs, merci Bruno pour cette charmante invitation.

lundi 4 mai 2009

sainte Marie-Madeleine

Enfant, j'ai porté mon prénom avec difficulté et me sentais un peu comme le diable tandis que, mystique, je rêvais d'être sainte ou martyre. Plus tard j'aimais provoquer le monde puisqu'après tout ma sainte patronne était pécheresse! J'ai beaucoup tardé à apprécier mon prénom, et c'est lorsque je fus devenue adulte que j'y ai trouvé un symbole parfait de plénitude et de féminité. Un été à l'Espace, j'ai participé à l'atelier de créations de chanson de Marie-Do. J'avais choisi comme thème "Marie-Madeleine". Je viens de retrouver quelques couplets créés et mis en musique à cette occasion.

Femme saleté pleure tes péchés,
toi la rebelle notre modèle
un jour ta colère jaillira.

Femme amoureuse et généreuse,
plaisir des hommes, encore tu donnes,
toujours tu aimes et aimeras.

La bien-aimée, femme sacrée,
femme choisie au paradis
c'est toi Marie de Magdala.

refrain:

Robe ou drap blanc, drapeau de femmes
Reine ou putain, quelle est ton âme?
chemin de croix, chemin de foi
Marie au miel c'est pourtant toi.

mm_penitente

Marie-Madeleine pénitente peinte au XVI ème siècle par El Greco

mercredi 8 avril 2009

les plages normandes

Que de souvenirs sur les plages normandes....le vent certes, l'eau froide bien sûr, mais aussi la famille, mes parents, mes frères et soeurs.

Nous avions passé de merveilleuses vacances en 1951, à Hatainville près de Carterets. Je pense que ce fut aussi un temps de repérage pour Papa puisqu'un an après, il y revenait comme expert pour évaluer les dégâts de la guerre et installait toute la famille à Ryes. C'est là que nous avons vécu de juillet 1952 à juillet 1958: 6 ans seulement et pourtant le souvenir en est immense comme si j'y avais passé l'essentiel de ma vie! D'ailleurs je l'évoque souvent dans mes souvenirs, à propos d'une chose ou l'autre, ici ou .

hatainville

C'est surtout à Arromanches que nous allions souvent le jeudi et les jours de vacances dès les beaux jours. Nous partions à pieds avec Maman par la petite route qui venait de Ryes et passait juste au bout de l'allée de la maison... 3km à pieds, le chemin était un peu long mais nous aimions le trajet, impatients d'arriver à la plage. De très loin, nous sentions l'odeur de la mer et descendions bien vite, courant à l'arrivée sur la plage entre les blokhaus. Lorsqu'il fallait rentrer nous remontions doucement en jouant sur la bordure de pierre. Papa venait nous chercher en voiture car nous étions bien fatigués tous les 4 et Maman aussi sans doute!. C'était aussi souvent une promenade du dimanche avec les amis ou cousins qui nous rendaient visite.

la_mer

lundi 2 mars 2009

il y a 32 ans

val 1977 Il y a 32 ans, c'était un mercredi et depuis 9 mois et 3 jours je l'attendais, ou plutôt nous l'attendions, son papa et moi. Il avait fait deux mois de montagne à Val d'Isère, nous espèrions que tout allait bien (pas d'échographie à cette époque!), nous ne savions pas que ce serait un garçon, rugbyman et montagnard!

attente2 J'avais tricoté, beaucoup marché, traversé le bois de Vincennes de long en large, je sautais et m'impatientais! J'allais tous les deux jours à la maternité où on me disait d'être patiente, que le bébé n'avait pas de problème, que 9 mois c'est juste une moyenne. Je scrutais mon ventre, et lui prenait son temps, se faisait les ongles et lissait soigneusement ses pétales comme la rose du Petit Prince.

Deux jours plus tard on déclencherait la naissance.... sans doute s'est-il dit alors qu'il était prêt et assez autonome pour décider tout seul, qu'il nous avait déjà fait patienter trois jours, pft! il m'a fait signe en fin d'après midi. Je suis partie le soir, après le match de rugby que regardait son père à la télé et il n'a pas tardé à montrer le bout de son nez pendant la nuit, le 3 mars à 2h50! Ce fut le premier plus beau jour de ma vie (le deuxième fut celui de la naissance d'Eve).tristan_mars77

lundi 23 février 2009

toilette de poupées

Quand je vois Lelia comme ça

poupon_lelia

ça me rappelle Eve et ses poupées

eve_poupon
....mais ça, c'est tout une histoire que je raconterai une autre fois!

jeudi 19 février 2009

mes grands-mères

mamie








120 ans!

C'est l'âge qu'elles auraient aujourd'hui. L'une est née le 28 août 1889, l'autre le 17 septembre de la même année. Elles ne se connaissaient pas. La première est devenue la mère de Papa et l'autre celle de Maman. Les deux photos ont été prises en 1909 et 1910, sans doute parce qu'elles venaient d'avoir 20 ans.
mamée_20ans




Elles étaient mes deux grands-mères, Juliette et Madeleine que nous appelions Mamie et Mamée. Mamie perdit son mari lorsque Papa avait 6 mois et ma soeur, mes frères et moi fûmes ses 4 petits enfants. Mamée eut 7 enfants dont Maman était l'aînée et 21 petits enfants. Papa et Maman sont tous deux nés en 1915 et se sont mariés en février 1945.






mercredi 18 février 2009

Tristan & Eve enfants

tristan-eve Eve est allée passer le week-end dernier chez Tristan et Camille. Elle était contente de voir son neveu et sa nièce, et aussi de bavarder avec son frère. Quand je vois les photos de Lelia avec son petit frère, je me souviens de l'attention que Tristan portait à sa petite soeur, de leurs jeux, des éclats de rire, des chahuts, de leur complicité et de leur merveilleuse joie de vivre... Encore maintenant ils partagent leurs soucis, échangent des avis, se demandent conseil et gardent une sorte d'admiration l'un pour l'autre, et moi, je les admire tous les deux! frere-soeur

vendredi 30 janvier 2009

L'attente

Il fignole, il bricole, il veut se mettre sur son 31 et justement le 31, c'est demain!
Le bébé qu'on attend tous dans la famille a choisi de rester un plus longtemps au chaud et de faire patienter encore sa mère qui est allée à la maternité, a passé une écho, a reçu confirmation que Bébé va très bien. Il se la coule douce, s'amuse juste à nous faire courir à chaque sonnerie du téléphone, se réjouit en secret des questions alentours et se plait à partager davantage les activités de sa maman. Ainsi fit son père il y a presque trente-deux ans. Quelle attente! on ne passait qu'une échographie aux Diaconnesses, à 3 mois de grossesse, mais pas pour examiner le bébé à terme... Quelqu'un m'avait offert un album de l'école des loisirs, Bébé, c'est l'histoire d'un bébé qui tarde à naître. J'avais adoré et j'ai gardé ce livre dont voici un extrait:bb_1bb_2bb_3

dimanche 25 janvier 2009

question

D'habitude je dors comme un bébé et me réveille plutôt tard. Hier soir je me suis couchée bien après minuit et pourtant ce matin, j'étais debout avant le lever du soleil. Serait-ce par hasard parce que je suis venue au monde il y a ax+b années?

Comme chaque 25 janvier depuis la naissance de Tristan et d'Eve, je pense à Maman, à la joie ressentie lorsqu'on découvre son enfant et à l'émotion qui vous submerge lorsqu'on vous le met dans les bras. famille_1946Pas étonnant que Maman ait souffert de rester allongée pendant des semaines avec des poches de glace sur le ventre à cause de l'infection qui suivit ma naissance, mais quelle joie sur son visage lorsque j'ai eu 3 mois et qu'elle put enfin sortir avec sa fille! C'est pourquoi tous les ans, je respecte ce dicton que Brigitte m'a fait découvrir "Pour ton anniversaire, offre des fleurs à ta mère."

Maintenant que j'ai vu mon fils devenir père, si fier de sa fille et tellement impatient de connaître son deuxième enfant, je comprends la fierté du regard de Papa. Il avait à peine plus de 30 ans et un grand sentiment de responsabilité de chef de famille. Je trouve merveilleux que ce soient nos enfants qui nous aident à comprendre le passé et l'importance de nos actes.

lundi 5 janvier 2009

emmitoufflée, chapeautée...

neigeNeige ce matin et toute la journée! Je n'aime pas la neige en ville à cause de la gadoue sur les trottoirs mais aujourd'hui c'est resté blanc toute la journée devant chez moi et dans les rues de Vincennes. Pour sortir, je m'étais bien emmitoufflée (j'adore ce mot!) mais je n'avais pas mis de chapeau car je ne suis pas en sucre :-)) et j'ai profité des perles naturelles sur mes cheveux. Peut-être l'aurais-je mis, si j'en avais un aussi beau que ma grand-mère dans sa tenue de montagne? Il faut reconnaître que c'était l'été à Chamonix, et qu'il fallait se protéger du soleil en août 1911, ce qui n'était pas le cas aujourd'hui!mer de glace

dimanche 4 janvier 2009

amies d'enfance

4_amis J'ai débuté l'année chez mon amie d'enfance.Nous nous connaissons depuis la naissance, ou plus exactement je la connais depuis qu'elle est née puisque je vins au monde en janvier tandis qu' elle naquit en novembre de la même année... Mes parents s'étaient rencontrés grâce aux siens. Papa et Jacques avaient fait ensemble leurs études d'ingénieurs, Bernadette et Maman avaient fréquenté le même cours pour préparer les jeunes filles au mariage. Ils restèrent deux couples amis toute leur vie. Quelques années après la guerre, des experts agricoles étant recherchés pour évaluer les dégâts en Normandie, nos pères sont partis et nos familles les ont suivis. Que de jeux dans le parc de Ryes, que de rencontres au cours de nos jeunes et belles années!
1953 Le père de Marie-Paule était mon parrain que j'adorais, Papa était le parrain de son deuxième fils qui l'admira beaucoup et de la petite avant-dernière, Brigitte. Sa mère fut marraine de mon plus jeune frère et Maman celle de je ne sais plus lequel dans la fratrie. Nous n'étions que quatre, ils étaient dix enfants, nous disions "parrain Jacques et Bernadette", ils appelaient Papa et Maman "Tonton Marius et l'amie Reine". Nous passions des dimanches en famille, fêtions les baptêmes, les fêtes, communions, anniversaires avec eux comme avec nos cousins. Nos parents se soutenaient dans les moments difficiles et se réjouissaient ensemble. .
1956 Nos deux familles sont revenues en région parisienne à la fin des années 50. A 11ans, je fus marraine de la "petite-dernière " Adolescente, je prenais mon vélo pour faire seule les 35km qui nous séparaient. J'aimais aller chez mon parrain, c'était une grande famille chaleureuse et accueillante, Marie-Paule et moi nous faisions des confidences et racontions nos histoires de coeur. J'admirais ses grands frères et trouvait que les plus jeunes étaient mignons. Je me sentais bien chez eux. Il y eut des mariages, des naissances, des séparations et des retrouvailles, des enterrements et la suite de la vie. Nous avons des souvenirs communs, des similitudes et des différences, et cette année encore, j'ai aimé passer les premiers jours de l'année à Versailles, avec ma plus ancienne amie d'enfance!

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