le blog de marie madeleine

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vendredi 9 septembre 2011

Jean-Georges

bateau

Les enfants n'attendront plus l'arrivée de son bateau comme le faisaient Tristan et Eve à Fium'alto ou au port de Campoloro,
Il ne regardera plus la mer pendant de longues heures en maintenant la barre,
Il ne curera plus sa pipe avec le dos d'une petite cuillère en argent,
Il n'observera plus les étoiles à la lunette longtemps dans la nuit ,
Il n'ira plus remplir la carafe au tonneau avant de passer à table
Il ne s'assiéra plus devant son bureau pour faire des mots fléchés
Il ne travaillera plus l'acier pour en faire des girouettes ou d'irréels objets,
Il ne sera plus près de Véronique qui sera seule dans leur grande maison,e
Il ne me montrera plus fièrement les photos de ses petits enfants.
Il ne me dira plus qu'il se sent malvenu chez moi si le tabac me dérange,
Nous n'aurons plus d'interminables conversations après le dîner,
Nous ne parlerons plus de politique, de société et de tous "ces cons qui....,"
Nous ne nous chamaillerons plus pour nos divergences,
Il ne s 'emballera plus pour de nobles idées et la justice sociale,
Il ne nous embrassera plus aussi fort que s'il donnait un coup de tête,

Quand je suis passée chez eux il y a 3 semaines, je lui avais dit qu'il était courageux et digne mais que je voyais bien qu'il était très fatigué puisque nous n'avions pas polémiqué. Il m'a dit qu'il était content que je sois venue.

J'ai connu Jean-Georges en 1972, lorsque j'ai connu le père de mes enfants car il était le mari de sa soeur. Il était de 5 ans mon aîné et fut mon beau-frère jusqu'à mon divorce. Nous sommes restés proches, échangions des confidences et quelques engueulades que ma belle-soeur tentait de pacifier. Il a lutté pendant un an. Les médicaments et et les rayons l'ont épuisé. Son coeur s'est arrêté hier soir. Je suis triste mais il vivra dans mon coeur et ne souffrira plus.

girouette.JPG

mercredi 11 mai 2011

11 mai 1981

C'était le 11 mai, le lendemain du 10 mai, ce grand jour où le monde avait changé, notre monde. Allégresse au réveil, sachant depuis la veille que notre président serait un président de gauche. INCROYABLE!! nous l'avions tant imaginé, tant désiré et espéré, que c'était comme une légende, un rêve inaccessible, et voilà que c'était arrivé. ENFIN l'avenir s'annonçait rose.

rose.jpg

A l'école, ce fut un matin joyeux et dans la classe les enfants faisaient des remarques qui laissaient deviner l'opinion de leurs parents. C'était amusant car certains étaient inquiets, d'autres étaient joyeux.La veille à 20h, lorsque fut dévoilé le visage de notre futur président, nous avions hurlé de joie. Il y eut cris et manifestations de liesse dans la rue. Je mourais d'envie d'aller à la Bastille mais ce ne fut pas possible car c'était l'heure du coucher de Tristan qui n'avait que 4 ans et de plus je craignais la foule alors que s'agitait dans mon gros ventre celle que je ne connaissais pas encore très bien, celle dont nous n'avions pas encore choisi le prénom, la petite Eve qui serait plus tard tellement fière d'être née sous Mitterand.

mercredi 6 avril 2011

il y a 40 ans...

Après une vie monastique dans l'isolement complet, je me sens parfaitement sereine et les travers des uns ou des autres, au lieu de m'agacer, me font sourire.

Eh oui, dix jours sans parler ni communiquer d'aucune manière, dix jours sans lire, sans écrire ou dessiner, dix jours avec un changement d'alimentation et de rythme de vie ( lever à 4h et coucher à 9h, alors que je me lève plutôt à 8h et me couche entre minuit et 1h), dix jours sans autre souci matériel que prendre sa douche ou faire son lit, ça vous met dans une sorte de cocon feutré hors du monde. Dix heures de méditation par jour dont 3h sans un seul mouvement, quelques heures de repos dans la journée sans autre occupation que la pensée en marchant dans un petit bois ou allongée sur son lit, ça vous fait réfléchir et ça transforme une femme !

Dimanche matin je suis rentrée vers 10h, et sur le marché où je voulais faire mes courses, j'étais comme un zombie et ne savais trop quoi acheter pour me nourrir. Lundi j'ai gardé un rythme très lent et fait quelques pas rue du Midi, au soleil. Et puis enfin j'ai plongé dans la ville! Dans le métro ou chez Gibert, les comportements stressés m'ont amusée, sur le boulevard Saint Michel, les débordements de vêtements, chaussures, marchandises à consommer ont cessé de me donner la nausée et m'ont plongée 40 ans en arrière....

1971a.jpg(Vincennes, rue R du Temple au dessus de chez Gard, le fleuriste, où je vivais avec ma soeur)

C'était en 1971, l'époque où dans mon premier appartement de Vincennes je lisais Lautréamont, Henri Miller et Dostoïovski, où j'écoutais sur les 33 tours achetés chez Gibert, Léonard Cohen, Ferré, Barbara ou les Stones, Nous flânions alors, et bavardions sur le boulevard en allant de l'Institut de psycho rue Serpente à La Sorbonne, nous montions parfois plus haut vers le Luxembourg, rêvions devant la vitrine chez Carel et attendions les soldes pour y acheter nos chaussures, nous allions rue de Rennes pour trouver du Liberty et admirer les robes chez Laura Ashley en attendant de les acheter à Londres. La mode était la même, ballerines et mocassins, tuniques en liberty, robes à fleurs ou rayures marines très courtes, ce qui désespérait Maman. Rien ne dure, tout change, c'est la roue du temps! J'ai fouillé dans mes albums et retrouvé des photos, j'étais jeune et mince, j'avais des illusions, j'étais insouciante. La vie m'a mise sur des rails que je ne connaissais pas, apporté belles surprises et désillusions, j'ai enseigné, je me suis mariée, j'ai eu deux enfants, j'ai divorcé, les enfants ont grandi, j'ai cessé de travailler...

1971b.jpg( Mimizan dans les landes, en vacances avec Gilbert,"petit ami" de cette époque)

J'ai maintenant des rides et des rondeurs, mais j'ai accompli mes missions d'institutrice et de mère, j'ai des petits-enfants, j'ai la chance d'avoir hérité d'un bon patrimoine génétique, d'une bonne santé et d'une nature joyeuse et optimiste malgré les moments difficiles, je me sens complète et comblée, prête pour la suite sur une voie inconnue où la roue ne cesse de tourner...

vendredi 18 février 2011

chez ma grand-mère

En traversant Versailles l'autre jour, je suis passée devant chez ma grand-mère. Enfin, c'est beaucoup dire puisque la maison n'existe plus! plus de terrain de tennis, plus de grands arbres, plus de cachettes ni de courses folles avec les cousins! plus de parties de "Boîte" avec les oncles et tantes, plus rien du grand parc où plusieurs bâtiments d'une clinique ont remplacé le lieu des retrouvailles familiales.

J'aimais bien la maison de Versailles et m'y sentais un peu chez moi. J'aimais beaucoup ma grand-mère. Certains de mes cousins, y compris Marie-Liesse, avaient beau la trouver dure et intolérante, je la savais droite et noble, un peu vieille France certes, mais digne et généreuse. Il faut dire que j'ai partagé sa vie un peu plus que les autres puisque j'ai vécu chez elle pendant toute une année scolaire. Comme nous vivions près de Fontainebleau, mes parents étaient très inquiets de me savoir seule à Paris, moi qui avait soi-disant le diable au corps! Ils m'avaient confiée à ma grand-mère maternelle conscients de sa fermeté, en attendant que ma soeur, beaucoup plus raisonnable disaient-ils, devienne aussi parisienne le temps des études de médecines qu'elle projetait de faire. En fait ma jeune soeur deviendrait un peu mon garde-fou... grrrr!!
Je prenais chaque jour le train à la gare Rive Droite pour rejoindre la Sorbonne ou l'institut de psycho, et je rentrais le soir par Saint Lazare, ou par une sorte de taxi collectif qui partait de la porte de Saint Cloud selon l'heure et le lieu de mes activités. Ma grand-mère était veuve depuis plus de 10 ans. J'aimais partager le dîner qu'elle avait préparé, les soirées de confidences, surtout quand ma tante Suzanne qui vivait avec elle, n'était pas là. Je me sentais heureuse et respectée. Je me souviens de nos conversations intimes, de certaines choses que je lui ai dites et qu'elle a sues garder pour elle. Je connaissais ses habitudes de prières, ses préoccupations pour ses enfants, j'avais plusieurs fois croisé "son" clochard qui venait régulièrement par la porte de service chercher son sandwich et sa pièce de monnaie...ça m'a fait une impression bizarre de passer avenue Franchet d'Esperey!

versailles photo de la maison retrouvée dans les trésors de Maman!

mercredi 26 janvier 2011

jour particulier

Dans le petit matin d'hier, l'oiseau solitaire s'est mis à chanter. Je m'étais couchée tard et j'aurais bien continué à dormir mais le chant était si clair que j'ai ouvert ma fenêtre et je l'ai écouté. Il était très très tôt et j'ai aimé la fraîcheur de la nuit. En frissonnant je me suis dit "la journée va bien commencer" et je me suis rendormie. Je dors toujours comme un bébé! Au lever du jour, je me suis réveillée, le ciel était lumineux et je me suis souvenue que c'était le 25 janvier. Ce n'est pas un jour comme les autres puisque c'est mon anniversaire. Pour certains c'est un jour tout à fait ordinaire mais pour moi, c'est un jour de lumière. Pourtant, j'en ai soufflé des bougies depuis ma première année! Le téléphone a beaucoup sonné, j'ai reçu du courrier, des cadeaux et messages d'amitié. J'ai reçu des amis chez moi, les vins étaient bons, le repas réussi, lectures nouvelles et dentelles, gourmandises et surprises...il était tard quand mes amis sont partis. Ce fut une belle soirée!

J'avais trouvé quelque temps auparavant le petit carnet rouge, agenda de Maman l'année de ma naissance. Je suis née un vendredi,....quelques mots, le prénom de Papa et le nom des visiteurs, puis des pages blanches. Immobile à la maternité jusqu'au 17 février, elle n'a rien pu écrire, ma jeune maman gagnée par l'infection. Elle nous a souvent raconté qu'elle souffrait de ne pas pouvoir prendre son bébé dans les bras, de n'avoir pas le droit de m'allaiter, et qu'elle n'a pu sortir qu'avec une complice qui mit le thermomètre sous l'eau froide pour faire chuter la température. De retour à la maison, elle dut rester allongée sans bouger, avec des poches de glace sur le ventre jusqu'au 1er avril. Ces pages parfois écrites d'une main bien faible, sont pour moi très émouvantes et je les ai scannées afin de les conserver. Hier était un mardi et c'était mon anniversaire.

25janvier.jpg

1avril.jpg

mercredi 29 décembre 2010

les années zéro

noel83.jpgNoël 1983, réveil matinal. Tristan avait 5 ans et Eve 2 ans

Enfant, jeune-fille, mère et maintenant grand-mère, j'ai toujours aimé l'atmosphère des fêtes de Noël et du jour de l'an...et pourtant cette fin d'année est difficile. Est-ce une question de pression atmosphérique? d'alimentation? Non, c'est cette grippe qui m'empêche de sortir depuis 4 jours. Voilà que je suis obligée de me booster pour manger, pour me lever et bouger un peu alors qu'habituellement je déborde d'énergie. Mes petits-enfants sont à 500m et je suis clouée chez moi sans forces! Serait-ce la marque des années en zéro?

noel88-cadeaux.jpgNoël 1988. Plaisir de mère devant la joie des enfants

En 1990 je venais de décider de divorcer après deux années difficiles et douloureuses pour moi. Je me forçais à ne pas être trop sombre, je me culpabilisais à cause des enfants. Je n'avais pas de tonus, pas de courage, je me forçais pour tout, je n'avais envie de rien, j'attendais... j'espèrais la fin de cette année là, comme si le passage d'un chiffre m'apporterait une délivrance.

2000 fut le premier Noël sans Maman! Depuis 1993 Papa n'était plus là et son absence nous attristait, et voilà qu'en 2000 nous étions orphelins! J'avais souvent râlé contre cette quasi obligation de Noël à Valence et j'aurais parfois aimé ne pas prendre la voiture le matin du 25 décembre. Et voilà que ça manquait! Maintenant c'est chez nous que se retrouvent nos enfants. Ainsi va la vie...on dit que la roue tourne.

2010 fut un beau Noël sous la neige. Ma nièce n'a pas pu quitter Toulouse, nous n'avons pas pu aller chez ma soeur. Contrariétés mais rien de grave! Les enfants sont venus, nous avons passé un bon Noël. J'ai des enfants, des petits-enfants et des amis formidables. Cette année mon prince fut changé en crapaud il y a 8 mois mais l'absence se fait de moins en moins sentir. J'espère retrouver ma forme avec la fin de cette grippe. Encore une fois j'attends la fin d'une année en zéro, j'attends 2011.

mairiearrière de la mairie de Vincennes, côté rue de Fontenay

mercredi 8 septembre 2010

Le dernier des sept

Le plus jeune frère de Maman, le Papa de ma cousine est parti rejoindre ses frères et soeurs dans un autre monde. Je vais aller lui dire au revoir demain, à Lyon.
Il était mon plus jeune oncle, le plus proche de nous lorsque nous étions petits. Les autres étaient mariés, ce qui pour nous enfants, était synonyme de vieux. Et il avait une si jolie fiancée ! Quel grand jour lorsqu’ avec les cousines, nous fûmes demoiselles d'honneur à son mariage! C’est comme un souvenir de rêve... Plus tard, nous aimions bien quand « les petits Michel » venaient à Valence, trois blonds et une brunette, tous mignons et frisés comme des poupons.'

Catherine, sa filleule, me disait hier qu'il était le seul fil qui nous reliait encore à cette partie de nos racines. Il était le dernier des Sept. Et lorsque Mamée disait Les Sept, elle n'était pas peu fière! Nous savions tous ce que ça voulait dire: les Sept enfants de Mamée et Bon Papa, c'était un peu comme Le club des cinq, ou Les quatre filles du docteur March mais en mieux: Les Sept aux yeux bleus comme leurs parents, les Sept à Suresnes, les Sept en vacances, les Sept à Fessy, les Sept avant la guerre, les Sept pendant l'Exode.... Que de pages d'histoires et d'aventures évoquées pour nous! C'était plus vrai, plus extraordinaire que dans nos lectures, et plus proche de nous aussi. Et mon oncle Michel était le plus jeune, le petit dernier.

vicq1935.jpgLes sept en vacances à Vicq sur Gartempe,1935

Voilà que s'ouvre la page du dernier tome "Les retrouvailles des Sept". Je me demande qui le rédige là-haut? sans doute Suzanne? ou Marie-Thérèse? Et pendant que sous le regard attendri de son mari, Reine-Marie surveille du haut du balcon si personne ne fait de bêtises, Jean déclame, Pierre fait les illustrations, et Michel chante, ou vice-versa car ils savaient tout faire dans cette famille d'artistes. Voilà que lui aussi a retrouvé son frère Maurice qui les attendait depuis si longtemps! et nos cousins, la petite Françoise, Dominique, Jean-Louis, Marie-Liesse et François.

J'ai trouvé dans les souvenirs de Maman une lettre datant du 26 janvier 1928. C’est Mamée qui écrivait à ses filles pensionnaires et parlait de son petit dernier en disant:

«…et Michel est notre rayon de soleil. Il répète tout ce qu’il entend et m’amuse beaucoup »

michel_0003.jpgBon Papa et ses 4 fils à St Germain en Laye, 1928

mardi 20 avril 2010

Reine-Marie

reine-marie.jpg

Elle aurait 95 ans. Il y a 10 ans, Reine-Marie fêtait son dernier anniversaire. C'était ma Maman. Elle était née le 20 avril 1915. Elle fut enfant, jeune fille, l'aînée d'une famille de sept enfants puis devint la femme de Papa jusqu'à sa mort en 1993. Ce fut terrible pour elle mais peu à peu elle a retrouvé le goût de vivre, seule dans sa grande maison. Elle aimait les enfants, surtout les petits, a consacré une partie de sa vie aux enfants mongoliens, puis à nous quatre, ses enfants. Elle aimait beaucoup ses petits-enfants, fière d'en avoir neuf. Elle était très "famille" et réunissait tous les ans ses frères, soeurs, neveux et nièces avec ses amis dans la salle des fêtes qui porte maintenant le nom de Papa. Maman adorait la campagne, la nature et la simplicité mais détestait les engrais, le progrès, et avait toujours craint la venue de l'an 2000...

Maman avait mal au genou depuis longtemps. Quelques mois auparavant je l'avais accompagnée à la clinique de Montereau envoyée par le médecin. Quand on lui a assuré que c'était une radio de la hanche qui était prescrite, elle refusé fermement " quel âne ce médecin, je vais le voir pour le genou et il s'occupe de ma hanche!" mal informée des symptômes qui l'ont clouée au lit trois mois plus tard. Elle a dansé le soir du 31 décembre 1999 chez mon "petit" frère. Le 1er janvier elle n'a pas pu se lever et a dû être opérée.

De la clinique à la maison de rééducation, de malaise en mal-être, du retour chez elle qui fut dramatique jusqu'à la maison de retraite, puis à l'hôpital, ce fut une sorte de parcours du combattant pour Maman qui ne s'est pas rétablie. Elle devait entrer dans un établissement de soins palliatifs que nous avions visité quelques jours plus tôt avec Tristan. Sans doute était-ce trop de changement pour elle. "Tout le monde est si gentil avec moi" disait-elle en ce mois d'août à l'hôpital de Montereau, elle aurait voulu y rester.

Mes frères et soeur étaient en vacances. J'étais partie en juillet, je venais la voir tous les 2 jours. Un matin je me suis arrêtée signer la sortie avant de monter la voir et quand je suis arrivée, j'ai su que ça n'allait pas. J'ai fait appeler le médecin. On m'a fait sortir. On est venu me chercher "il va falloir être courageuse". Un prêtre est venu. Je suis restée près de Maman qui s'inquiétait de mes frères et soeur. Je l'ai rassurée "je vais les appeler, ne t'inquiète pas". Elle s'est apaisée. J'ai eu l'impression qu'elle me passait le relais. Je suis restée là un long moment et puis j'ai prévenu l'infirmière, je suis sortie dans la rue, je me suis assise sur un banc, j'ai respiré, j'ai appelé mes frères et ma soeur, j'ai pris le relais....

J'ai envie de dire "Bon anniversaire ma petite Maman" et de lui offrir des fleurs des champs, ses préférées.

fleurs_des_champs.jpg

jeudi 8 avril 2010

Ma Normandie

normande photo prise dans le parc de la maison de Ryes, en 1954 avant l'année terrible où mourut mon grand-père et où j'ai eu tellement peur de perdre ma petite soeur.

Ma Normandie

Quand tout renaît à l'espérance,
Et que l'hiver fuit loin de nous.
Sous le beau ciel de notre France,
Quand le soleil revient plus doux,
Quand la nature est reverdie,
Quand l'hirondelle est de retour,
J'aime à revoir ma Normandie,
C'est le pays qui m'a donné le jour.

J'ai vu les lacs de l'Helvétie,
Et ses chalets et ses glaciers.
J'ai vu le ciel de l'Italie
Et Venise et ses gondoliers.
En saluant chaque patrie
Je me disais: aucun séjour
N'est plus beau que ma Normandie:
C'est le pays qui m'a donné le jour.

Il est un âge dans la vie
Où chaque rêve doit finir,
Un âge où l'âme recueillie
A besoin de se souvenir.
lorsque ma muse refroidie
Aura fini ses chants d'amour,
J'irai revoir ma Normandie
C'est le pays qui m'a donné le jour.

C'est une chanson qui date de 1836 et que nous avions apprise à l'école. Je me souviens l'avoir chantée sur l'estrade pour les prix, en costume de normande, à l'école de Ryes. J'ai encore très souvent la mélodie et les paroles en tête.

dreamcarte postale d'une série que j'ai découverte et appréciée

Et le rêve s'est réalisé! il a fait un temps de plus en plus beau chaque jour dans cette Normandie dont je me sens un peu l'enfant! Je l'avais évoquée __ici__ l'an dernier à la même époque et je viens d'y passer à nouveau quelques jours enchanteurs... soleil, vent, amitié, rires, dessin, flâneries le long des grandes plages, visites historiques et souvenirs, danse et bavardages... Le week-end de Pâques prolongé fut un vrai moment de détente et d'échanges dans cette région chère à mon coeur.

les fillesavec Christine et Thérèse à la pointe du Hoc

eglise_ryeséglise de Ryes, vue depuis la promenade des monts

chemin_presbytèrechemin de mes premières amours, à Ryes, face au presbytère

plagel'extrémité de la plage d'Arromanches

jeudi 11 mars 2010

Trois-Etots

le-hameau

J'ai longtemps cru, jusqu'à mes études de psycho, qu'il était normal de n'avoir aucun souvenir de ma petite enfance. Puis j'ai pensé que ma mémoire était défaillante jusqu'à ce que je réalise récemment que je n'ai aucun souvenir d'enfance antérieur à "la maladie de ma soeur". Certes, je sais ce que j'ai vécu auparavant, j'ai vu des photos, j'ai entendu des anecdotes, mais je ne me souviens pas. Ma vie consciente commence à 9 ans. J'ai bloqué tout ce que j'ai vécu jusqu'à ce jour où j'ai cru que ma petite soeur allait mourir.

Je "travaille" donc avec l'aide d'une thérapeute à la reconstruction de ma mémoire. C'est ainsi que j'ai ressenti l'envie de retourner à Trois-Etots où j'ai vécu de 3 à 6 ans. Je n'y étais pas retournée depuis plus de 50 ans, et les images se sont connectées à ma mémoire corporelle. J'ai "retrouvé" davantage par le corps que par l'esprit l'unique rue que j'avais déjà montrée ici, sur le chemin de l'école pour la première fois, lorsque j'avais 5 ans. .

trois-etots

1951mariage_maguy.jpgles 3 grands, enfants d'honneur, en route pour le mariage de Maguy

la maisonLa 1ère à gauche, avec la grande porte du garage en bois gris, c'est là!

J'ai trouvé la maison sans hésiter , et je suis allée directement vers le chemin sur lequel Maman nous emmenait promener. On a toujours raconté que nous chantions "c'est le garde-champêtre qui pue qui pète, qui prend son cul pour une trompette" et filions nous cacher en riant derrière les buissons. Je ne sais qui nous avait appris cette chanson, Denise la jeune fille qui nous gardait? Suzanne, une soeur de Maman monitice de colo? ou mes premiers copains d'école? mais j'ai eu confirmation par des promeneurs habitants de la commune que là où mon intuition m'avait conduite se trouvait bien la maison du garde champêtre, à gauche après la mare! Je comprends mieux maintenant mon attrait pour les mares et les chemins creux

IMGP4254.jpg

le_cheminle fameux chemin du garde-champêtre

Ce samedi après midi, celle qui fut notre maison était fermée, devenue résidence secondaire comme beaucoup d'autres, et je n'ai rien vu du jardin, juste aperçu le sommet d'un arbre. Peu de chance que ce soit le vieux cerisier sur lequel avait été prise une photo de nous 4 avant le départ vers Ryes et la Normandie!

1952_echelle.jpg photo célèbre dans la famille, une échelle sur le cerisier!

Je suis très contente d'avoir enfin retrouvé quelques véritables souvenirs, des odeurs, des bruits, des couleurs et des images... C'est aussi grâce àJenofa qui m'a donné envie d'y venir. Je l'avais croisée en faisant des recherches puis je suis allée la voir cet été. Elle a vécu à Trois-Etots juste après nous, j'avais vu des photos sur son blog et c'est spécialement pour elle que j'ai mis toutes celle-ci! J'y retournerai aux beaux jours et prendrai d'autres photos car le ciel était sombre ce samedi 27 février!

ciel_noir

jeudi 11 février 2010

my best friend

Elle est anglaise et s'appelle Jane.
C'est Helen Dessones qui l'avait recommandée à mes parents. Jane était la fille d'un de ses amis, un monsieur "très bien" qui élevait ses trois enfants tout seul. Elle avait l'âge de ma soeur, elle serait sa correspondante. Je ne sais plus comment elle est arrivée mais je sais que nous l'attendions tous, impatients de recevoir "la correspondante anglaise de Marie-Claire". Je me souviens qu'au début j'ai été déçue, elle me semblait un peu gauche, tellement timide et discrète. En réalité c'est la barrière de la langue qui l'empêchait de s'exprimer et puis la nourriture, les habitudes qui étaient encore très différentes d'un pays à l'autre à cette époque là!

Je ne sais comment ça s'est passé mais on s'est beaucoup parlé... elle dit maintenant que c'est parce que que je n'étais pas sage, que j'étais "mad" et que ça la fascinait. Plus tard, lorsque j'allais chez elle, à Greenfingers et que nous allions voir sa grand-mère ou tante, Jane me présentait en abrégeant mon prénom " This is Marie-Mad" et la vieille dame disait immanquablement "Why do you say that? she is so nice!" ça me chatouillait le coeur.

Elle fit des études de français à Aberdeen, les poursuivit à Paris, vécut avec moi rue Raymond du Temple à Vincennes. Je la trouvais très intelligente. Elle avait l'air bien sage mais savait faire la folle. Nous avons dansé sur les toits rue Mouffetard, fait des petits jobs au ministère des finances, travaillé pour le CNRS. Nous avons fait du stop ensemble, chanté à tue-tête sur le Cours Marigny, nous avons eu très peur d'un homme qui nous avait raccompagné un soir. Nous sommes parties en 2cv toutes les deux, avons passé des vacances, avons tremblé la nuit en Sologne, imaginé le pire à cause d'un boeuf qui ruminait devant la grange où nous avions passé la nuit. Nous avons raconté nos fredaines et susurré nos secrets. J'ai bien aimé Fiz, devenu son mari, Ils sont venus en Dordogne avec nous, nous sommes allés en Ecosse avec eux. A quatre, c'était plus difficile. Ils ont élevé trois enfants, nous en avons eu deux. Nous étions un peu loin, la Manche nous séparait, il n'y avait pas d'Eurostar.

jane_1972a.jpg1972- Jane et Fiz en face de moi, fromage et Cahors au gouffre de Proumeyssac

Nous avons continué à nous écrire, de moins en moins souvent...mais c'est elle que j'ai eu envie de voir ab-so-lu-ment quand j'étais tellement triste et que j'allais tellement mal en 1989! Depuis, nous nous sommes retrouvées régulièrement, parfois ici, le plus souvent chez elle, à Richmond. Ses 2 garçons ont une maladie très grave, orpheline, et c'est dur. Ils sont musiciens tous les deux et Corrie vient de se marier. Sa fille a deux enfants, c'est sa joie de vivre. Elle est épaulée par Fiz toujours solide et courageux, attentif et plein d'humour. Nous bavardons au téléphone, nous nous envoyons des cartes juste pour dire "coucou, je pense à toi et je t'embrasse". Plusieurs fois nous avons passé quelques jours toutes les deux, sans famille et sans soucis, dans le Kent ou en Normandie. C'est ma meilleure amie et elle aime me présenter en disant " This is Marie-Mad, she is my best friend!"
Aujourd'hui c'est son anniversaire. Happy birthday, my dear Janie!

mardi 9 février 2010

7 & 8 février 1945

1945-mariage.jpg
Il y a soixante-cinq ans, le 9 février mes parents commencèrent leur vie commune. Le 7 février 1945, Reine-Marie avait épousé Marius. Le lendemain, 8 février les passants s'arrêtaient devant l'Eglise et une petite fille avait été surprise: "regardez la mariée, on dirait une première communiante!" C'est vrai que Papa était grand et Maman toute petite!

D'ailleurs elle montait toujours sur quelque chose pour les photos avec ses frères et soeurs. Tu vois, Marie-Jo il est mignon, le petit dernier au bout, c'est mon oncle Michel et c'est surtout ton Papa!
1945-les7.jpg

mercredi 8 juillet 2009

drôle de dame

J'ai rencontré chez le boulanger une ancienne collègue-instit-mère d'élève-presqu'amie- pas vue depuis plusieurs années. Grossie, vieillie, les traits ridés malgré le maquillage un peu fort... En la voyant je réalise mon propre vieillissement, surtout qu'elle a 5 ans de moins que moi! Nous évoquons quelques copines communes de l'époque de nos divorces et de nos folles sorties de filles. L'une vient de prendre sa retraite, l'autre s'est arrêtée l'année de ses 55 ans comme beaucoup d'instituteurs. Puis elle me dit qu'elle travaille toujours, car elle ne sait rien faire de ses 10 doigts et "les expos, le ciné, ça va bien un peu". Elle s'arrêtera en même temps que son ami/mari? pour être sûre de ne pas s'ennuyer.

Alors là!! quelle drôle de femme! je comprends pourquoi on a si peu de choses en commun! Moi qui déteste la dépendance, je ne pourrais me contenter de suivre quelqu'un. Et puis j'ai la chance d'aimer lire, écrire, dessiner, coudre, tricoter... Je me souviens de robes, jupes, de chemises, et même de mon premier tailleur en velours cotelé bleu canard cousu avec la vieille Singer à pédale. maman-tricotevalence Merci Maman de m'avoir appris tant de choses. D'ailleurs si j'ai lancé les tricots-thés chez moi, c'est sans doute en souvenir de l'ambiance des ouvrages et divers bricolages que nous faisions dans la grande salle qui fut auparavant notre salle de travail pour les devoirs.(1973: Maman tricote, je fais du crochet tandis qu'un de mes frères monte des films super8)

vendredi 19 juin 2009

19 juin 1981

ça y est! Eve a ouvert chaque jour un paquet glissé dans sa valise dimanche dernier et aujourd'hui, elle a 28 ans!

Elle avait choisi de faire son entrée dans le monde après l'euphorie de l'élection de Mitterand. Les échographies étaient rares à cette époque, et nous ne savions pas si l'enfant qui allait naître serait une fille ou un garçon. Nous disions "le bébé". Dans la nuit, il m'a semblé qu'il frappait à la porte, et peu après minuit, nous avons appelé Sandy, la baby-sitter. Une heure plus tard aux Diaconnesses, juste après notre arrivée, pft! mademoiselle montra le bout de son nez et j'ai connu ma fille!

naissance_eve
Pendant les 9 mois d'attente, je m'inquiètais de savoir si je pourrais aimer aussi fort un autre enfant que mon fils. Dés qu'Eve est arrivée et fut posée sur mon ventre, j'ai su que mes craintes étaient vaines. Ce fut la deuxième grande joie de ma vie. Le matin au réveil Tristan fut content de savoir qu'il avait une soeur et fut impatient de la voir mais il savait que la maternité n'autorisait la visite des enfants qu'après plusieurs jours. Mes parents vinrent le chercher après être passés voir la petite Eve. Il fut très ému quand il la vit une semaine plus tard, et ce fut le début d'une sacrée complicité!

2complices.jpg

dimanche 7 juin 2009

MAMAN

1916

Elle a un an sur la photo et s'appelle Reine-Marie. Elle est née en 1915, son père était ingénieur des Arts et Métiers et sa mère pianiste. Ma grand-mère avait 26 ans. Mon grand-père avait 27 ans, ils s'étaient mariés un an avant, c'était la guerre, il était officier. Elle fut l'aînée de 7 enfants, apprit à coudre et à broder, s'occupa d'enfants mongoliens, puis épousa Papa en 1945, juste après la guerre. Ils eurent 4 enfants en 3 ans 1/2!



Voici quelques photos de ta vie, Maman, avant ma naissance, puisque je fus la première à te dire "Maman", et la dernière aussi. En 2000, j'étais près de toi, tu m'as passé le relais... je suis devenue la patriarche de ma famille.

maman à 6 ans (devant Bon Papa) un dimanche avec un ami de la famille en forêt de Compiègne alors que Mamée attendait son cinquième enfant.

maman_20ans jeune fille raffinée et demoiselle d'honneur au mariage d'une amie
1939 à 24 ans tu es l'aînée mais la plus petite grimpée sur un essieu derrière ton plus jeune frère, en vacances en Haute-Savoie. D'ailleurs Tristan n'habite qu'à quelques kms de Fessy, dans une vieille ferme savoyarde, ça te plairait beaucoup!
mariage_1945.jpg





petite mariée si fière avec ton 1m54 d'avoir la même taille que la reine d'Angleterre! Tu nous as raconté qu'un enfant te voyant sortir de l'église si petite, s'écria sur ton passage: "oh! regardez la mariée, on dirait une communiante!". Bonne fête ma petite Maman.





samedi 9 mai 2009

partie de campagne

Sympathique partie de campagne du côté de L'Isle Adam. Tout était réussi, l'accueil du maître dans sa jolie maison, les conversations en terrasse à l'apéritif, le pique-nique de surprises à découvrir, et même le soleil qui s'invita au cours de notre promenade digestive parmi les herbages sur les hauteurs de Parmain. Repos dans la verdure et conversations précieuses à nos esprits assoiffés d'échanges sans détour purent clore l'après midi dans l'allégresse.
Au détour du chemin.... des champs de blé comme il y avait derrière la ferme des Bordes, avec un petit bois comme celui où je me cachais enfant pour rêver d'amour et griffonner des poèmes sur mon cahier d'écolière. Nous y allions marcher avec nos cousins et cousines et revenions des promenades les bras chargés de branches et fleurs printanières.

dominique

Avec nous quatre, il y a Marie-Noëlle venue en vacances, Patrick, François et leur grande soeur, notre Dominique dont la disparition en montagne laisse parfois la tristesse errer dans le coeur de chacun d'entre nous. Je suis passée souvent au petit cimetière de Sambrancher, au pied du Grand Saint-Bernard, lui faire un p'tit coucou!

Plaisir, amitié, souvenirs, merci Bruno pour cette charmante invitation.

lundi 4 mai 2009

sainte Marie-Madeleine

Enfant, j'ai porté mon prénom avec difficulté et me sentais un peu comme le diable tandis que, mystique, je rêvais d'être sainte ou martyre. Plus tard j'aimais provoquer le monde puisqu'après tout ma sainte patronne était pécheresse! J'ai beaucoup tardé à apprécier mon prénom, et c'est lorsque je fus devenue adulte que j'y ai trouvé un symbole parfait de plénitude et de féminité. Un été à l'Espace, j'ai participé à un atelier de créations de chansons. J'avais choisi comme thème "Marie-Madeleine". Je viens de retrouver quelques couplets que j'avais écris et qui furent mis en musique par Marie-Do.

Femme saleté pleure tes péchés,
toi la rebelle notre modèle
un jour ta colère jaillira.

Femme amoureuse et généreuse,
plaisir des hommes, encore tu donnes,
toujours tu aimes et aimeras.

La bien-aimée, femme sacrée,
femme choisie au paradis
c'est toi Marie de Magdala.

refrain:

Robe ou drap blanc, drapeau de femmes
Reine ou putain, quelle est ton âme?
chemin de croix, chemin de foi
Marie au miel c'est pourtant toi.

mm_penitente

Marie-Madeleine pénitente peinte au XVI ème siècle par El Greco

mercredi 8 avril 2009

les plages normandes

Que de souvenirs sur les plages normandes....le vent certes, l'eau froide bien sûr, mais aussi la famille, mes parents, mes frères et soeurs.

Nous avions passé de merveilleuses vacances en 1951, à Hatainville près de Carterets. Je pense que ce fut aussi un temps de repérage pour Papa puisqu'un an après, il y revenait comme expert pour évaluer les dégâts de la guerre et installait toute la famille à Ryes. C'est là que nous avons vécu de juillet 1952 à juillet 1958: 6 ans seulement et pourtant le souvenir en est immense comme si j'y avais passé l'essentiel de ma vie! D'ailleurs je l'évoque souvent dans mes souvenirs, à propos d'une chose ou l'autre, ici ou .

hatainville

C'est surtout à Arromanches que nous allions souvent le jeudi et les jours de vacances dès les beaux jours. Nous partions à pieds avec Maman par la petite route qui venait de Ryes et passait juste au bout de l'allée de la maison... 3km à pieds, le chemin était un peu long mais nous aimions le trajet, impatients d'arriver à la plage. De très loin, nous sentions l'odeur de la mer et descendions bien vite, courant à l'arrivée sur la plage entre les blokhaus. Lorsqu'il fallait rentrer nous remontions doucement en jouant sur la bordure de pierre. Papa venait nous chercher en voiture car nous étions bien fatigués tous les 4 et Maman aussi sans doute!. C'était aussi souvent une promenade du dimanche avec les amis ou cousins qui nous rendaient visite.

la_mer

lundi 2 mars 2009

il y a 32 ans

val 1977 Il y a 32 ans, c'était un mercredi et depuis 9 mois et 3 jours je l'attendais, ou plutôt nous l'attendions, son papa et moi. Il avait fait deux mois de montagne à Val d'Isère, nous espèrions que tout allait bien (pas d'échographie à cette époque!), nous ne savions pas que ce serait un garçon, rugbyman et montagnard!

attente2 J'avais tricoté, beaucoup marché, traversé le bois de Vincennes de long en large, je sautais et m'impatientais! J'allais tous les deux jours à la maternité où on me disait d'être patiente, que le bébé n'avait pas de problème, que 9 mois c'est juste une moyenne. Je scrutais mon ventre, et lui prenait son temps, se faisait les ongles et lissait soigneusement ses pétales comme la rose du Petit Prince.

Deux jours plus tard on déclencherait la naissance.... sans doute s'est-il dit alors qu'il était prêt et assez autonome pour décider tout seul, qu'il nous avait déjà fait patienter trois jours, pft! il m'a fait signe en fin d'après midi. Je suis partie le soir, après le match de rugby que regardait son père à la télé et il n'a pas tardé à montrer le bout de son nez pendant la nuit, le 3 mars à 2h50! Ce fut le premier plus beau jour de ma vie (le deuxième fut celui de la naissance d'Eve).tristan_mars77

lundi 23 février 2009

toilette de poupées

Quand je vois Lelia comme ça

poupon_lelia

ça me rappelle Eve et ses poupées

eve_poupon
....mais ça, c'est tout une histoire que je raconterai une autre fois!

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