Comme prévu depuis longtemps je suis arrivée à la maison de retraite intercommunale, le long du bois de Vincennes, avenue de la dame blanche, à 15h.
Traversée du hall d'entrée sous des yeux curieux, discussion avec la responsable de l'animation qui part battre tambour auprès des "pensionnaires" pendant que je m'habille. Entrée de Tornade dans la salle où sont assis une quarantaine de bien vieilles dames et quelques vieux messieurs qui semblent un peu éteints, tous silencieux... "Oh là là, comment ça va se passer? que vais-je faire? " LE TRAC! que font-ils là, qu'attendent-ils?... pas de réaction. "Mon dieu! dans quelle galère me suis-je fourrée? comment vais-je durer plus d'un quart d'heure?" TRAC toujours!

 Soudain un mot, une réponse "on ne fait rien, petite, on est bon à rien" je me tourne vers celui qui vient de parler et... C'EST PARTI! "je m'appelle Tornade! monsieur Bon à rien", je leur raconte l'histoire de Bon à rien, chien d'avalanche qui sauve des vies alors que son maître le croyait bon à rien.  Une femme dit qu'elle aime la montagne, un homme qu'il aime chanter, je lance "étoile des neiges", tous chantent avec moi. L'une dit que je suis mignonne, je lui donne une petite rose, une autre me trouve coquine, une autre préfère la mer et nous chantons tous "méditerrannééé..e", celle qui n'entend rien sourit, je m'approche et l'embrasse. L'une se déchaîne , l'autre parle de sa vie parisienne, un homme trouve que je serai bien à côté de celui que j'ai appelé monsieur Bon à rien, on m'appelle, on chante, on rit avec Nicole, Caroline, Ida, Françoise et tous ceux et celles dont j'ai oublié les prénoms, beaucoup de sourires et de rires! et, quand à 17h30 j'ai voulu partir, on voulait me retenir, me garder encore un peu...
Merveilleux après midi, belle aventure. Il est question que j'y retourne, j'y retournerai. On me demande si je ne veux pas aussi intervenir dans un pavillon plus difficile, où se trouvent les malades, déments etc... Bien sûr que je veux leur faire ce cadeau d'un petit moment de joie.