Demain, c'est le 17 septembre! Date de naissance de ma grand-mère maternelle, née le 17 septembre 1889. Et surtout c'est l'anniversaire de Marie-Liesse née un 17 septembre, 16 mois avant moi.maly3 Elle était la plus proche de mes cousins par l'âge, et aussi ma cousine de coeur, ma complice, et j'étais fière d'être sa confidente. Elle était mon ainée, elle m'apprenait des choses sur les garçons. De toutes les cousines, elle était la plus souriante des demoiselles d'honneur au mariage de Maguy et je l'admirais pour sa pétillance, moi qui étais à cette époque rondelette et timide. maly2 Etait-ce parce qu'elle était malicieuse qu'on l'appelait Maly? Elle était parisienne alors que je vivais en Normandie. Mes parents l'aimaient bien mais ils disaient qu'elle était un peu "délurée" et que ce n'était pas un exemple à suivre! Cela la rendait encore plus admirable car je la trouvais dégourdie, intelligente et "culottée" même en famille, moi qui n'osais l'être qu'en dehors de chez moi ou en cachette.Cela m'exaspérait qu'on ramène tout à des résultats scolaires.Que de confidences et d'épanchements lorsque nous étions enfants et qu'elle venait en vacances, elle qui tenait la bougie pour le baptême de nos poupées. maly1 Puis, adieu Ryes et la Normandie! Nous avons emménagé en Seine-et-Marne et c'est là que Marie-Liesse a été inscrite avec ma soeur et moi à l'Assomption. Elle avait pris du retard, j'étais en avance et je crois que nous étions toutes les deux en 4ème mais je ne suis pas sûre d'avoir été mises dans la même classe de crainte de débordements.... en fin d'année, on n'a pas voulu nous garder, ni l'une ni l'autre, renvoyées pour mauvaise conduite, insolence etc...C'est vrai que nos exploits n'étaient ni scolaires ni catholiques! Nous étions fières de nos dissidences, c'était une surenchère et chacune de nous admirait l'autre pour les interdits qu'elle avait transgressés. Son admiration me rendait heureuse et la mienne l'encourageait. Nous nous sentions proches, un peu exclues, provocantes, tellement différentes de nos frères et soeurs....maly5J'ai atterri au lycée jusqu'au bac, elle est partie travailler en Amérique, par amour. Nos chemins se sont écartés... Sacrée Maly!
maly6Retrouvailles pendant mes études. Elle m'a fait entrer pour un job de vacances comme standardiste chez Gazocéan où elle travaillait avenue Georges V. Là aussi nous partagions nos expériences, nos aspirations, nos idées sur la vie, l'amour et ses déceptions, nous faisions des ravages parmi les hommes, et des projets..."on ne se mariera pas, on aura des enfants toutes seules", elle essayait des fringues dans les grands magasins et je les "piquais" parce qu'elle n'osait pas, nous partagions le goût du risque, des rires, des soirées et des coquineries. Une fois encore nos chemins ont divergé, chacune enlevée par un prince différent! Du temps est passé, je me suis mariée, j'ai eu des enfants. maly7J'ai divorcé, je l'ai appelée, j'allais mal, nous nous sommes retrouvées.... échanges, confidences, la vie, la solitude, les hommes, les enfants, le théatre, elle me donnait des invitations, nous prenions un verre, nous dinions ensemble de temps en temps, nous nous appelions beaucoup. Elle est venue fêter son anniversaire à la maison, elle venait de rencontrer un mec, elle me rappelerait, elle me raconterait... des semaines ont passé, j'ai attendu, laissé un message...et c'est Marie-Noëlle qui m'a prévenue...un AVC, c'était grave, elle ne pouvait plus parler, ni marcher, et le lendemain je suis allée la voir à l'hôpital ...

maly

Maly, ma p'tite Maly, après ces longues années de dépendance, toi qui étais farouchement indépendante, sans parole, toi qui aimais tant les longues discussions, toute abîmée, fatiguée de lutter, je t'ai vu souvent à Avicennes. C'était dur, et je t'ai un peu laissée tomber quand tu es rentrée chez toi... Je comprends que malgré la présence de celui que tu avais rencontré et la vigilance attentive de Catherine, ta soeur, ta vie était insupportable, je comprends que la vie t'ait lassée. Encore une fois nos chemins se sont séparés; maly8