Les cloches
Par marie-madeleine le dimanche 12 octobre 2008, 21:42 - souvenirs - Lien permanent
J'adore les cloches du dimanche matin. Je ne sais à quoi ça
tient?
Souvenirs de jours joyeux sans doute...
Dans ma
famille le dimanche était un jour de fête. Nous laissions les habits de la
semaine et ne mettions pas de tablier. Pour Noël et pour Pâques nous avions de
nouveaux vêtements. Les manteaux d'hiver et les vestes d'été étaient faits chez
la couturière mais c'est Maman qui tricotait et confectionnait le reste que
tout le monde admirait. Je me souviens d'une jupe à carreaux en tissu très doux
que nous avions baptisée carotte-poireau-navet en raison de ses couleurs. Maman
soignait tout particulièrement ces tenues que nous mettions tous les dimanches
et les jours de fête.
Nous
allions toutes les semaines à la messe. Les cloches sonnaient lorsque nous
arrivions à l'église de Ryes. J'étais heureuse de la fierté de mes parents,
j'étais heureuse d'être si bien habillée et savourait le plaisir secret d'être
admirée par les garçons du village. Après la messe, à l'exception des dimanches
où Papa avait un concours important de radio-amateur, nous faisions toujours
quelque chose en famille. Nous allions chez des amis, nous promener en forêt ou
en Suisse Normande, à des fêtes ou à des pique-niques de radios-amateurs, ou
bien tout simplement à la plage d' Arromanches. Nous avions des invités, des
cousins, des amis, nous étions nombreux. Il y avait presque toujours une bande
d'enfants et nous jouions ensemble.
En vacances dans les Vosges, à Allarmont, l'église était tout en
haut du village et il fallait remonter toute la rue pour aller à la messe. Les
garçons qui n'y allaient pas nous regardaient passer, assis sur le bord de la
fontaine ou groupés devant leur maison... Je sentais les regards et faisait
semblant de ne pas les voir...c'était un moment délicieux qui me donnait des
p'tits frissons de plaisir. A la sortie de l'église, nous retrouvions les gens
du village et les copains de vacances. Puis nous allions chercher la grande
tarte aux myrtilles commandée la veille chez la boulangère, madame Absalon. Les
cloches carillonnaient et c'était comme une fête. 
Plus tard, à Valence, monsieur le curé avait organisé une chorale et nous
chantions à la messe. J'aimais chanter à la messe, surtout à la messe de minuit
où j'aimais entendre ma voix de soliste faire résonner le 3Minuit chrétien"
sous les voûtes. Lorsque nous sortions, les cloches sonnaient à toute volée et
c'était beau dans la nuit.
Voilà pourquoi les cloches me rendent joyeuse! elles sont liées à la fête, aux fêtes, à mes joies d'enfants, à mes émois d'adolescente, aux communions, aux mariages, aux jeux dans le jardin et aux promenades avec les cousins. Dés que j'entends les cloches carillonner, je saute avec joie du lit et ouvre grand la fenêtre.
Commentaires
Jolies tintinnabulations...
En vous lisant cela me rappelle beaucoup de choses assez proches et je me demande combien de radio amateurs faisaient aussi de l'Esperanto...
Ce sont deux beaux moyens d'ouverture sur le monde!
Au sujet d'Arromanches :
http://www.fattore.com/Encre.htm
Merci Olivier pour ces belles lignes...