sur le marché
Par marie-madeleine le vendredi 13 mars 2009, 23:25 - flâneries - Lien permanent
Sur
le marché j'ai regardé
les passants qui se pressaient
les vendeurs qui appelaient
les acheteurs qui payaient
les couleurs qui brillaient
les fleurs qui s'étalaient
Sur le marché j'ai écouté
les voitures qui circulaient
les marchands qui s'affairaient
les badauds qui bavardaient
les enfants qui grignotaient
les oiseaux qui s'égayaient.
sur le marché j'ai acheté
du poisson pour le dîner
des légumes à cuisiner
du fromage à déguster
du persil à replanter
et des fleurs à regarder.
Dimanche, mardi, vendredi, je fais les courses sur le
marché.
Commentaires
C'est une ambiance speciale
Nous avons un tout petit marché de quartier près de chez nous. Pour un marché conséquent, il faut descendre en ville !!
Bonne journée.
Bonjour Marie Madeleine
Superbe ce marché ça donne envie de faire des achats. Bon week end.
C'est vrai que c'est vraiment sympa le marché... mais , à part pendant les vacances, je ne prends jamais le temps d'y aller ! Peut être aux beaux jours...
Bises
C'est sympa l'ambiance marché mais je ne suis jamais prête , il faut prendre la voiture , se garer , c'est déjà contrariant , dommage car j'aime bien voir les produits frais
Ah! si tu connaissais le marché de St Paul! combavas bien verts, piments rouges, pitayas roses, petites bananes jaunes...
Matheo: j'aime cette atmosphère bon-enfant!
Patriarch: il faut bien que les citadins aient quelques avantages!
Michel:sûr!!!je préfère le marché aux supermarchés pour faire mes achats!!
Sabrina: j'ai la chance d'avoir le temps que je veux..;
Brigitte: "mon" marché est dans une rue toute proche et j'y suis en 1mn!
Muse: ok, j'arrive ! :-))
Bonjour Marie Madeleine
Je suis juste venu faire mon marché. Passe un bon dimanche.
Je te remercie Marie Madeleine de me mettre dans " mes belles découvertes " c'est un plaisir. Bon dimanche.
J'ai un marché dans le patelin d'à côté le dimanche matin, mais je pense trop rarement à y aller, je devrais pourtant ... surtout quand il fait beau comme aujourd'hui.
A bientôt.
Je vais aller faire un tour sur le marché pour acheter du poisson, des légumes, du fromage mais pas des fleurs, j'ai des lys ramenés par l'homme...
De mon ami Jean-Pierre Ghesquière, passé sur l'autre rive il y aura bientôt 3 ans.
Le marché de Came.
« Hier matin je suis allé au marché »
J’attire immédiatement votre attention : cet incipit a l’air tout simple, mais il est trompeur, nous sommes ici en pleine fiction poétique. Nous sommes à Came, et nous sommes le samedi. Or à Came la veille du samedi, le vendredi donc, il n’y a pas de marché. Dire « Hier matin je suis allé au marché » c’est dire une ineptie puisqu’il n’y a pas de marché, ni le vendredi, ni tout autre jour, et de plus il m’arrive rarement d’aller au marché, surtout à Came et un vendredi.
Si encore on était un jeudi et à Peyrehorade, ce pourrait être exact : il y a bien un marché en cette charmante bourgade le mercredi. Mais nous serions alors dans le domaine du reportage, du documentaire, de l’information, dans l’ordre de la transcription exacte de faits précis. Or nous en sommes loin : il s’agit ici de poésie, et en poésie, l’écart à la normale fait partie des possibilités.
Cette première mise au point faite, je reprends :
« Hier matin je suis allé au marché,
« J’ai dû marcher pour aller au marché »
Je vous vois légèrement sourire : je conviens qu’il y a une petite maladresse de style. Au départ j’avais écrit : « Hier matin je suis allé au marché, pour aller au marché j’ai du marcher ». Mais cela soulève un sérieux problème de rimes parce que le nom commun marché c’est marché- É, alors que le verbe marcher c’est marcher- Ê, et cela me donnait une rime en É- Ê qui n’est pas très jolie. C’est pourquoi j’ai finalement opté pour : « Hier matin je suis allé au marché, j’ai dû marcher pour aller au marché ». C’est moins élégant, mais cela rime correctement. Veuillez m’excuser de cette incise, c’était pour vous expliquer la genèse de mon œuvre.
Je continue:
« J’ai acheté un petit potiron
« Pour la somme de deux euros
« Soixante-quatorze tout rond
J’en conviens, là aussi il y a une petite difficulté. « Deux euros soixante-quatorze tout rond » alors que deux euros soixante-quatorze, ce n’est pas tout rond, est-ce bien cela ? Vous n’avez pas tort, mais comprenez-moi, il fallait absolument que je trouve une rime avec potiron. Le choix qu’offre la langue française de mots de trois pieds terminés par « -on » est vaste : aileron, aviron, biberon, cornichon, environ, fanfaron, graisseron, macaron, percheron, puceron, vigneron, caleçon, etc. Cela peut paraître beaucoup, mais n’oubliez pas une chose : c’est de la poésie, non une loterie. On ne peut pas écrire n’importe quoi ! On ne peut pas dire, par exemple « Pour la somme de deux euros soixante-quatorze environ ! … car quand on connaît la somme au centime près, on ne peut plus mettre « environ », cela ne fait pas sérieux. Eh! oui, il faut y penser à des implications ce cette sorte. Il y avait bien une solution qui n’était pas mauvaise, c’était d’écrire « Pour la somme de deux euros et puis quelques poussières ». C’était très beau en soi, seulement je n’avais plus la rime avec potiron, outre le fait qu’évoquer la poussière est peu appétissant à propos de nourriture achetée au marché, et de surcroît injuste envers mes talents de cuisinier.
Nonobstant j’aurais pu utiliser « crème pâtissière » pour rimer avec « poussière », mais cela me mettait devant une délicate situation : de la crème pâtissière, on n’en trouve pas sur le marché mais chez le pâtissier. Or à Came, commune près de laquelle j’habite, non seulement il n’y a pas de marché, mais en plus le pâtissier s’y moque de la poésie, il est fermé le samedi, d’autant plus fermé qu’il n’y a aucun pâtissier à dix kilomètres à la ronde. Ce qui fait qu’on ne pouvait pas dire le poème un samedi à moins de chambouler tout. Si bien qu’au bout d’un moment j’ai pensé : Oh! , ce n’est pas si mal que cela, le mieux est l’ennemi du plus… Eh oui ! voyez-vous, vouloir changer un détail ici implique en général de remanier l’ensemble ailleurs, et parfois de fond en comble. La poésie est un art difficile.
Je continue donc :
« Quand j’ai eu rempli mon panier à prosion… »
Vous avez bien entendu « prosion », vous avez compris que je voulais dire « provision » et vous avez conclu à un lapsus : vous avez tort, j’ai intentionnellement écrit « prosion ». Si j’avais écrit « Quand j’ai eu rempli mon panier à provision », j’aurai eu un pied de trop ! Comptez vous-même, cela fait treize, or je fais dans l’alexandrin, il m’en fallait douze, je devais en supprimer un! La solution la plus simple était de supprimer le dernier, de supprimer «-sion », mais j’en avais besoin pour la rime suivante, j’étais obligé de le garder par souci de cohérence d’ensemble de mon texte. J’ai donc procédé dans l’ordre, je suis passé à l’avant dernier pied, j’ai enlevé « -vi ».
« Quand j’ai eu rempli mon panier à prosion,
« J’étais ravivi et pris une décision… »
Prosion rime avec décision : vous saisissez ici ce que je viens de vous dire sur la cohérence d’ensemble du poême, et de l’incongruité qu’aurait été « provis » rimant avec « décision ». J’aurais pu évidemment choisir la facilité de provis rimant avec décis, mais ces mots n’existent pas en français, il s’agit d’honorer la langue, non de la massacrer à la tronçonneuse, on ne peut exagérer dans la licence poétique, sinon les bornes sont dépassées et alors il n’y a plus de limites.
Et puis surtout, le « -vi » supprimé précédemment, vous constatez que je l’ai recyclé aussitôt, obtenant ainsi un effet dont j’espère que vous appréciez la virtuosité sonore. En plus cela tombait très bien : j’avais besoin de douze pieds et si j’avais écrit « ravie » je n’en aurais eu que onze !
« Comme on trouve au marché
« De si beaux potirons
« Je le dirai à mes potes
« Et ce sera au marché
« Que tous mes potes iront
Je termine donc sur un clin d’œil : deux rimes en « –é », deux rimes en « –iron », mais pour ne pas céder à une symétrie trop facile j’intercale une rime en « -otes ». Quant au calembour final bien connu, là aussi j’innove, nul avant moi n’ayant pensé à l’inclure dans un travail de création poétique.
Il me reste maintenant à récapituler
« Hier matin je suis allé au marché,
« J’ai dû marcher pour aller au marché »
« J’ai acheté un petit potiron
« Pour la somme de deux euros
« Soixante-quatorze tout rond
« Quand j’ai eu rempli mon panier à prosion,
« J’étais ravivi et pris une décision… »
« Comme on trouve au marché
« De si beaux potirons
« Je le dirai à mes potes
« Et ce sera au marché
« Que tous mes potes iront
ça, c'est une des choses qui manquent à Zürich! Les marchés français ont une ambiance particulière, toujours vivante et agréable.
Michel: ça me rappelle le marché de pad'i pas d'o...
Marie Bland: de plus le marché du dimanche a souvent une atmosphère bien particulière, presque festive.
Heure-bleue: veinarde d'avoir un homme qui pense aux fleurs!
Jenofa: Merci pour ce morceau souvenir de jeu avec la langue et les mots. c'est un bel hommage à ton ami disparu
Eve: sauf le marché d'Oerlikon qui m'avait semblé bien agréable
Je découvre ton marché très joliment coloré, et ton blog !
Merci de ton passage !