Entre deux eaux. Entre chien et loup. Entracte.

Je viens de refermer mon livre et me sens toute chose. c'est une séparation qui me laisse pantoise, un peu désemparée. Je ressens comme un vide et reste assise un moment, les yeux dans les étoiles. C'est le départ d'amis invités à dîner, les conversations se sont tues, la porte s'est refermée, la table n'est pas encore débarrassée et le silence s'installe, bienveillant. C'est le retour d'une soirée joyeuse où la danse et les échanges ont tourbillonné, j'enlève mes chaussures et laisse vagabonder mes pensées. C'est le moment où il rentre chez lui, après tant d'échanges et d'intimité, j'ai la joie sur le coeur et les larmes près des yeux. C'est le départ du train ou l'avion qui s'envole, l'ascenseur qui démarre quand les enfants s'en vont, et le ventre se noue, juste au creux, sous les côtes...

L'entre-deux. C'est le vestibule où j'avais accroché mon manteau et posé mon foulard. Je me recoiffe devant le miroir, remets du rouge à lèvres, attrape le manteau et plonge dans la rue. Changer d'atmosphère, braver la vie, difficile bascule! Je me suis préparée, j'ai passé du temps chez Millepages et choisi les prochaines lectures. Il me faut toujours un moment, une sorte de sas pour passer d'un livre à l'autre. Et voilà, j'attendrai demain pour me plonger dans "l'ombre du vent" après le monde délicieux, enjoué, vif, plein de larmes et de rires de Katherine Pancol.
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