mes voyages
Par marie-madeleine le mercredi 6 janvier 2010, 13:58 - livres et spectacles - Lien permanent
Honteux! jusqu'à 10h la tête sur une pile d'oreillers et le reste du corps
enfoui sous la couette...pourtant, je ne clochardise pas comme disait ma
grand-mère des gens qui traînent au lit. Non! au contraire je voyage! Ma
première évasion 2010 m'entraîne sur Les vaisseaux du coeur, roman de
Benoîte Groult dont j'ai parlé dans un précédent billet. C'est ainsi que je
commence mes journées les matins où je ne vais pas à la gym, où je ne prends
pas le train, où je n'ai pas d'engagement... C'est chaque fois un merveilleux
voyage! pas seulement dans l'histoire, l'aventure ou le suspense, pas seulement
dans l'atmosphère ou les idées ni dans une époque, mais surtout dans la langue.
Surprises et variétés du rythme, des mots et des tournures sont toujours au
rendez-vous. C'est ce qui m'a le plus frappé dans mes dernières
lectures.
Il faut dire que je suis passée de Carlos Ruiz Zafon, écrivain espagnol qui
vit aux Etats- Unis, né en 1964, à André Gide dont l'écriture est tellement
raffinée voire un peu maniérée, né presque cent années plus tôt, en passant par
George Sand, femme exceptionnelle aux idées révolutionnaires et à l'écriture un
peu désuette, aussi terrienne que ses origines, née au début du
XIXème.
Voici quelques extraits de mes 3 derniers voyages:
Carlos Ruiz
Zafon:
L'ombre du vent est à l'image de son site, sur fond
noir d'où sortent des taches de lumières dans les méandres sans fin des
tourmentes de la vie.
des phrases que j'ai aimées:
rien ne marque autant un lecteur que le premier livre qui s'ouvre vraiment un chemin jusqu'à son coeur.
Les mots avec lesquels on empoisonne le coeur d'un enfant, par petitesse ou ignorance, restent enkystés dans sa mémoire et, tôt ou tard, lui brûlent l'âme.
Nous restons vivants tant que quelqu'un se souvient de nous
et une que j'ai eu du mal à accepter:
Faire confiance aux femmes est une chose, et faire confiance à ce qu'elles disent en est une autre.
André
Gide:
La symphonie pastorale m'avait bouleversée. Je l'avais découvert en
3ème, au lycée, pendant une heure de colle, alors que j'avais terminé la
punition obligatoire. J'ai lu les autres oeuvres au fil des années et relu il y
a quelques années La porte étroite pour confirmer mon horreur du
sacrifice. Il n'y avait guère que L'Ecole des femmes
que je ne connaissais pas et dont l'actualité des propos m'a sidérée:
Quelles réflexions sur l'être et le paraître, le rôle de l'église, la puissance des mots!
C'est que, au fond, l'Eglise et lui ne se soucient que des dehors. L'abbé s'accomode bien plus volontiers d'un simulacre qui le sert que de ma sincérité qui le gêne
Je sais à présent découvrir dans les grands auteurs du passé, à travers ce qui ne me paraissait que pompe froide et beau langage, beaucoup de confidence, au point que de certains d'entre eux j'ai fait des conseillers secrets, des amis , et c'est souvent pès d'eux que j'ai cherché refuge...car je me sens terriblement seule.
car tout naturellement, et presque malgré soi, on en vient à penser ce que l'on a dit.
George
Sand:
Quand Eve m'a demandé si j'avais des livres de George Sand dont elle
n'avaitétudié que des extraits à l'école, j'ai cherché en vain dans mes
étagères. Et au rayon poche chez Millepages, on ne trouve rien, il faut aller
voir au rayon classique. C'est ainsi que j'ai relu chez Eve La
Petite Fadette de mon enfance. Je me souvenais bien de l'étage de
la bibliothèque de mes parents où elle était rangée et de l'aspect du livre
dans la collection Nelson dont j'ai encore quelques exemplaires, mais pas du
tout de la finesse psychologique et des idées. Comment l'aurais-je pu à 12
ans?
Landry ne pouvait pas deviner cette jalousie de son frère ; car, de son naturel, il n'avait eu, quant à lui, jalousie de rien en sa vie.
La belle Madelon qui était renommée pour son air sage et pour ses manières fières avec les garçons, était cependant très coquette en dessous, et pas moitié si raisonnable ni si fidèle dans ses amitiés que le pauvre Grelet, dont on avait si mal parlé
Moi, je crois que l'amour me commanderait encore plus que ce que l'amitié me fait faire.
Je crois bien que, quand elle le suivait par les champs et par les chemins, en lui disant des folies et des taquineries pour le forcer à s'occuper d'elle, elle ne savait point encore ce qu'elle faisait, ni ce qui la poussait vers lui.

Commentaires
Dés qu'on me parle de Sand je fais des boutons!
sourire
Voyager enfouie sous la couette, ne risquant qu'un coup de téléphone de ton fils... Bien peu aventureuse mère, oh combien je te comprends!
Ah! Marie Madeleine, combien ce billet parle à mon cœur de littéraire, d'amoureuse des mots et de la belle langue...Combien je voudrais rester certains matins sous la couette et voyage par la pensée comme tu le fais.
Je me dis que lorsque j'aurai pleinement vécu la passion de mon métier, une nouvelle porte s'ouvrira devant moi, et que je vivrai alors la passion de la retraite comme tu le fais.
Je me dis que j'aurai encore plus de temps pour écrire des billets qui inciteront les autres à partager mes beaux voyages, comme tu le fais.
Merci
Célestine
Le Zafon...qui aurait tout pour me plaire et bien je n'arrive toujours pas y rentrer, c'est dingue ça!
Voici des extraits choisis avec soin et qui m'incitent à lire en entier les livres dont tu parles. Je ne connais pas Carlos Ruiz Zafon, et aujourd'hui la bibliothèquie est ouverte toute la journée...:
Matheo: dommage pour toi!
Mon fils: surtout que comme tu le sais, je ne suis pas une femme du froid!
Célestine: depuis que je t'ai croisée sur les blogs, je sais que nous< avons bien des points communs. C'est pour le plaisir des mots que j'avais fait un certificat de linguistique
Mab: mais on peut s'en passer! Pour ma part je n'ai jamais pu aller au bout de "l'élégance du hérisson", va savoir pourquoi!
Kéline:Profite bien de la bibli! je ferais mieux d'y aller plus souvent plutôt que chez Millepages, mais je suis incorrigible avec les livres!
Eh bien voila que ce blog prend de la hauteur ... Peut être finiras tu par écrire, comme tu en es capable, un jour, un livre.
Les voyages sous la couette, avec un lit électrique, je pratique aussi presque tous les matins. Je viens de finir les Yasmina Khadra (qui est un homme), tu peux les lire, sujets contemporains écrits sans militantisme inutile mais avec une intelligence et une qualité d'écriture devenues assez rares...
Bons voyages matinaux et bonne année !
JF.
De vrais voyages que je fais moi-aussi avec les livres, mais plutôt le soir avant de dormir... ce qui ne m'empêche pas de faire des cauchemards.
les livres...un vrai bonheur...je ne comprends pas les gens qui ne lisent jamais, et il y en a beaucoup! mon livre préféré, celui qui m'a fait fondre, je devais avoir 12 ans, j'ai dû le lire plus de 7 fois...Jane EYRE...d'ailleurs "heure bleue" ne tenait pas une librairie....? la veinarde, pouvoir toucher et sentir un livre j'adore...et tu as raison ce sont des voyages qui ne coûtent pas chers, dans mes moyens...hihihi...
J'aime relire des classiques que je pique chez mes enfants , j'aime les descriptions , je m'impreigne des atmosphères par contre j'aime moins les policiers , ça ne m'évade pas .
Jf: tu es bien condescendant....il y aurait selon toi, des activités nobles et d'autres qui ne le sont pas?
Madame x:mais Jane Eyre est une merveille, comme les Hauts de Hurlevent!
Brigitte: J'ai eu ma période policier, mais ce n'est pas ce que je préfère.
Lire le matin.... quel luxe ! j'attends avec impatience le moment où je pourrais aussi voyager sous la couette dès le réveil .... Pour l'instant je me contente de voyager le soir, juste avant de rejoindre Morphée !!!
BIZ