Trois-Etots
Par marie-madeleine le jeudi 11 mars 2010, 21:18 - souvenirs - Lien permanent

J'ai longtemps cru, jusqu'à mes études de psycho, qu'il était normal de
n'avoir aucun souvenir de ma petite enfance. Puis j'ai pensé que ma mémoire
était défaillante jusqu'à ce que je réalise récemment que je n'ai aucun
souvenir d'enfance antérieur à "la maladie de ma soeur". Certes, je
sais ce que j'ai vécu auparavant, j'ai vu des photos,
j'ai entendu des anecdotes, mais je ne me souviens pas. Ma vie
consciente commence à 9 ans. J'ai bloqué tout ce que j'ai vécu jusqu'à ce jour
où j'ai cru que ma petite soeur allait mourir.
Je "travaille" donc avec l'aide d'une thérapeute à la reconstruction de ma
mémoire. C'est ainsi que j'ai ressenti l'envie de retourner à Trois-Etots où
j'ai vécu de 3 à 6 ans. Je n'y étais pas retournée depuis plus de 50 ans, et
les images se sont connectées à ma mémoire corporelle. J'ai "retrouvé"
davantage par le corps que par l'esprit l'unique rue que j'avais déjà montrée
ici, sur le chemin de
l'école pour la première fois, lorsque j'avais 5 ans. .

les 3 grands, enfants d'honneur, en
route pour le mariage de Maguy
La 1ère à
gauche, avec la grande porte du garage en bois gris, c'est là!
J'ai trouvé la maison sans hésiter , et je suis allée directement vers le
chemin sur lequel Maman nous emmenait promener. On a toujours raconté que nous
chantions "c'est le garde-champêtre qui pue qui pète, qui prend son cul pour
une trompette" et filions nous cacher en riant derrière les buissons. Je ne
sais qui nous avait appris cette chanson, Denise la jeune fille qui nous
gardait? Suzanne, une soeur de Maman monitice de colo? ou mes premiers copains
d'école? mais j'ai eu confirmation par des promeneurs habitants de la commune
que là où mon intuition m'avait conduite se trouvait bien la maison du garde
champêtre, à gauche après la mare! Je comprends mieux maintenant mon attrait
pour les mares et les chemins creux

le fameux
chemin du garde-champêtre
Ce samedi après midi, celle qui fut notre maison était fermée, devenue
résidence secondaire comme beaucoup d'autres, et je n'ai rien vu du jardin,
juste aperçu le sommet d'un arbre. Peu de chance que ce soit le vieux cerisier
sur lequel avait été prise une photo de nous 4 avant le départ vers Ryes et la
Normandie!
photo célèbre dans la famille, une échelle sur le cerisier!
Je suis très contente d'avoir enfin retrouvé quelques véritables souvenirs,
des odeurs, des bruits, des couleurs et des images... C'est aussi grâce
àJenofa qui
m'a donné envie d'y venir. Je l'avais croisée en faisant des recherches puis je
suis allée la voir cet été. Elle a vécu à Trois-Etots juste après nous, j'avais
vu des photos sur son blog
et c'est spécialement pour elle que j'ai mis toutes celle-ci! J'y retournerai
aux beaux jours et prendrai d'autres photos car le ciel était sombre ce samedi
27 février!

Commentaires
Quelle belle évocation Marie Madeleine, quelle jolie quête de tes souvenirs enfuis, enfouis dans les replis de ta mémoire meurtrie. Un billet magnifique.
Souvenirs d'enfance!
Toujours émouvants.
Car même s'ils concernent les autres, cela évoque aussi les siens
Gérard.
A Bientôt
Et merci pour les commentaires
Ma belle mère n'a plus d'image de sa mère décédée quand elle avait 7 ans , le traumatisme bloque effectivement la mémoire pour être quitte de souffrir , j'ai des souvenirs de ma première rentrée scolaire à l'âge de 4 ans et demi
Curieux voyage que celui qui mène vers son passé...
Nous avons tous de ces tiroirs
Obscurs et difficiles à ouvrir
Souvent remplis de parfums
Toujours étonnants lorsqu'on les ouvre
Au hasard d'un chemin creux, d'un arbre, d'un son
Là se déballent nos vies
Grands moments ou petits riens
Instants oubliés
Et soudain rappelés
Elle m'a rappelé le Pas-de-Calais où je passais mes vacances enfant, ta Normandie.
Une belle démarche que tu retransmets avec émotion et simplicité et que tu agrémentes avec des photos où j'ai pu reconnaître ton sourire. Alors tu étais la plus grande ?
Jolie votre chanson loool et merci je la connaissais pas celle - la
Il y a des années j'ai aussi replongé dans mon enfance , un des meilleurs choix que j'ai jamais fait et auquel je me réfère souvent quand le besoin de resituer les choses se fait sentir. Arrive un moment où ce " travail " se poursuit seule avec soi-même.
bon week-end Marie-Madeleine amitiés
Célestine:Tu es toujours positive et en cela tu me ressemble un peu
Gérard: ce que tu dis est très vrai et je n'avais jamais réalisé à quel point les souvenirs des autres évoquent les nôtres!
Brigitte: et oui, je le savais mais n'avais pas remarqué ça pour moi, c'est curieux!!
Matheo: toute la vie, on y revient
tristan: décidément mon fils est un poète!
Hermione: j'ai mal raconté sans doute, car Trois-Etots est dans l'Oise
Kéline: je ne savais pas à quel point ce serait riche! contente d'avoir contribué à l'enrichissement de ton patrimoine culturel avec la chanson du garde-champêtre :-))
Oh! comme ce billet me parle!
Comme toi, si je SAIS ce que j'ai vécu dans mon enfance, je n'ai aur peu de souvenirs.
Que des ressentis, c'est très curieux à dire...
Je n'avais jamais entendu parler de ce village de Trois-Etots! Je croyais que votre première maison était à Ryes! Peut-être est ce parce qu'avant je nétais pas née!
J'ai très peu de souvenirs de mes 5 premières années passées à La Celle Saint Cloud, mais je retournerais bien voir la maison où nous habitions: si elle existe toujours!
Je retournerais bien aussi à Meaux dont je me souviens beaucoup mieux!
La chanson je la connaissais:-)!
comme elle est joile cette promenade au pays de tes merveilles !
Mon premier souvenir remonte à la naissance de la soeur qui vient après moi , j'avais 4 ans
Remonter dans ses souvenirs est important et tu nous racontes une partie de ta vie avec beaucoup d'émotion.
Bises
Coumarine:Les ressentis sont sans doute le plus important
Mammilou: Tu n'étais pas née et ça n'a duré qu'un peu plus de 2 ans. Pas étonnant que tu ne t'en souviennes pas.
Bérangère: C'était presque un pélerinage.
Marithé: Oh oui, c'est important et ça me fait un bien fou!
Quel "cheminement" que celui de la mémoire que nous "déplions" (sourire)
Beau travail de mémoire!
Je viens seulement de retrouver un ordi après la tempête du 27 Février.
Je regarde ces images. Je lis ton article. Je suis bouleversée, Marie Madeleine.
Marie-Madeleine, votre mémoire vous joue des tours. La grande porte n'était pas celle de votre maison, mais celle de la grange de la ferme d'André Perdriel. Derrière il y avait l'écurie et la maison que l'on voit avant la pompe allait avec. C'est là qu'habitait Denise la jeune fille qui vous gardait. Grange et maison appartiennent maintenant à son frère, Guy Perdriel. Ce dernier à connu votre père, étant étudiant, pendant les vacances, il a travaillé avec lui et, je crois, qu'il en garde un très bon souvenir. Si vous retournez à Trois Etots, je vous conseille de prendre contact avec lui, il pourrait vous permettre de vous re-situer avec précision.
Oui, la maison qu'a habitée Marie-Madeleine était celle que j'ai connue, moi, comme étant celle de Madame Cariou.
Marie-Madeleine, tu dois te souvenir des vaches et des deux beaux chevaux de trait ardennais d'André Perdriel. Ils étaient si beaux et si doux, ces chevaux! Je ne les ai jamais oubliés.
Et si je te parle de "La Classe", le chien de la ferme? Petite, il me terrorisait avec ces aboiements, alors que j'aurais tant aimé le caresser!
Je me rappelle que papa entrait et sortait librement de la cour de ferme, même en l'absence du patron. En sa présence, il pouvait partir avec un objet qu'il empruntait. Par contre, un jour, il a voulu ressortir avec l'échelle sous le bras en son absence. Et "La Classe" lui a bien fait comprendre qu'il n'en était pas question, ce qui lui a attiré l'admiration sans borne de mon père.
C'est bon, ces souvenirs! Gamins, on était tellement libres, à courir les bois, à rouler dans les prés avec nos vélos, à patouiller dans les mares, sans avoir tout le temps les adultes sur le dos! Pour moi, par comparaison, la ville, c'était la privation de liberté. Les murs, les convenances vestimentaires, les feux rouges, l'obligation de rester enfermée dans l'appartement, etc.
Mais les choses ont changé. Aujourd'hui, même au fond des campagnes, les enfants sont parqués, "ramassés" en autocar et déposés devant l'école comme des paquets, collés devant la télé ou les jeux vidéos par des parents bien contents de les savoir à la maison. Pauvres gosses!
Ceci dit, tu vois, Denise est ma belle-soeur. Ca crée des liens, non?
C'est très amusant que Denise soit ta belle soeur! par contre, je n'ai jamais connu cette liberté dont tu parles avant 12 ans car il y avait toujours une jeune fille ou quelqu'un si Maman ne pouvait être avec nous
C'est pour ça que tu as bien tourné et moi mal (rires----!).
je suis effectivement propriétaire de la maison voisine de la votre, que j'ai
héritée de mes parents. J'y suis malheureusement trés peu souvent. je vous y rencontrerais volontiers pour conforter vos souvenirs, car j'ai beaucoup de reconnaissance pour Mr et Mme Albert qui nous ont beaucoup aidés.
Chère Marie-Madeleine,
J'avais déjà lu ce billet et en étais très troublée. j'ai la chance d'avoir énormément de souvenirs, à tel point que ma soeur aînée qui en a "trop" peu me dit que je suis sa mémoire. Et ces souvenirs sont de réels moments de bonheur et des piliers sur lesquels s'appuient le présent. Je comprends donc ta quête vers ces images et ces senteurs qui susciteraient l'étincelle... Bon courage et merci de partager çà avec nous.
Je viens de tomber sur ce blog et c'est vraiment très bizarre !
Cette maison avec la porte de grange en bois, j'y ai passé mon enfance !
Et j'aimerais bien en savoir plus sur votre histoire !
Si vous voulez bien me contacter par mail, ca me ferais le plus grand des plaisirs !
Trois Etots depuis quelques temps m'apporte bien des surprises. Promis je vous envoie un mail!
Bonjour,
Je suis heureuse de lire votre blog ainsi que tous ces commentaires.
Petite, j'allais à 3-Etot avec mes parents.
J'en garde de très bons souvenirs.
Je suis en train de faire mon arbre généalogique.
Beaucoup de mes aïeuls (Viville, Bonnay et Delahoche)
y sont nés, y ont vécu et y sont parfois décédés et enterrés.
Si certains ou certaines auriez quelques informations ou photos à me transmettre, ce seraient très gentils.
Et si de mon côté, je peux vous transmettre mes données, j'en serais très heureuse.
Merci d'avance.
j'ai été très heureuse de lire votre blog et très touchée. j'affectionne moi aussi ce petit village. Mes parents y ont habités une dizaine d'années, la maison en face de la votre avec un grand porche. ma mère à dû partir au décès de mon père. Nous y retournons souvent puisque mon papa est entéré au cimetière des Trois-étots ainsi que ma petite fille MARGAUX , décédée en 2000. C'est un très joli village, mon petit coin de paradis ...