Le plus jeune frère de Maman, le Papa de ma cousine est parti rejoindre ses frères et soeurs dans un autre monde. Je vais aller lui dire au revoir demain, à Lyon.
Il était mon plus jeune oncle, le plus proche de nous lorsque nous étions petits. Les autres étaient mariés, ce qui pour nous enfants, était synonyme de vieux. Et il avait une si jolie fiancée ! Quel grand jour lorsqu’ avec les cousines, nous fûmes demoiselles d'honneur à son mariage! C’est comme un souvenir de rêve... Plus tard, nous aimions bien quand « les petits Michel » venaient à Valence, trois blonds et une brunette, tous mignons et frisés comme des poupons.'

Catherine, sa filleule, me disait hier qu'il était le seul fil qui nous reliait encore à cette partie de nos racines. Il était le dernier des Sept. Et lorsque Mamée disait Les Sept, elle n'était pas peu fière! Nous savions tous ce que ça voulait dire: les Sept enfants de Mamée et Bon Papa, c'était un peu comme Le club des cinq, ou Les quatre filles du docteur March mais en mieux: Les Sept aux yeux bleus comme leurs parents, les Sept à Suresnes, les Sept en vacances, les Sept à Fessy, les Sept avant la guerre, les Sept pendant l'Exode.... Que de pages d'histoires et d'aventures évoquées pour nous! C'était plus vrai, plus extraordinaire que dans nos lectures, et plus proche de nous aussi. Et mon oncle Michel était le plus jeune, le petit dernier.

vicq1935.jpgLes sept en vacances à Vicq sur Gartempe,1935

Voilà que s'ouvre la page du dernier tome "Les retrouvailles des Sept". Je me demande qui le rédige là-haut? sans doute Suzanne? ou Marie-Thérèse? Et pendant que sous le regard attendri de son mari, Reine-Marie surveille du haut du balcon si personne ne fait de bêtises, Jean déclame, Pierre fait les illustrations, et Michel chante, ou vice-versa car ils savaient tout faire dans cette famille d'artistes. Voilà que lui aussi a retrouvé son frère Maurice qui les attendait depuis si longtemps! et nos cousins, la petite Françoise, Dominique, Jean-Louis, Marie-Liesse et François.

J'ai trouvé dans les souvenirs de Maman une lettre datant du 26 janvier 1928. C’est Mamée qui écrivait à ses filles pensionnaires et parlait de son petit dernier en disant:

«…et Michel est notre rayon de soleil. Il répète tout ce qu’il entend et m’amuse beaucoup »

michel_0003.jpgBon Papa et ses 4 fils à St Germain en Laye, 1928