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Le festival L'Afrique en marche s'est terminé hier soir par un spectacle étonnant, musique et danses d'un groupe de pigmées. C'est dans ce cadre que j'avais rencontré chez Millepages Scholastique Mukasonga, auteur de "La femme aux pieds nus" et découvert Gaston-Paul Effa, écrivain qui m'était parfaitement inconnu.

Lorsqu'il parle d'enseignement, il exprime ce que j'ai ressenti, lorsqu'il écrit sur la musique des mots il raconte la même chose que moi, lorsqu'il parle de ses racines et du retour à la source, il dit mieux que moi ce que je pense, alors bien sûr, je trouve que c'est un écrivain formidable! Sa plume est à la fois légère et riche d'images fortes. Il écrit dans une langue que j'aime, plutôt classique et chaleureuse, il s'exprime clairement en public. Il est philosophe et théologien, lorrain, camerounais, professeur, chercheur, cuisinier, écrivain. J'ai aussitôt dévoré son dernier livre que j'ai beaucoup aimé "Je la voulais lointaine".

Un mot faisait obliquer son monologue vers une autre direction, le faisait rebondir, retrouver comme par un mystérieux hasard une idée déjà abordée, sur laquelle maintenant il revenait, qu'il développait, qui s'entrecroisait avec d'autres, s'enrichissait d'aperçus nouveaux qui proliféraient à leur tour en une gerbe toujours plus nourrie, plus dense, plus éblouissante

Ce qui me surprend toujours c'est qu'on puisse croire avoir épuisé un paysage, compris un être, achevé une recherche quelle qu'elle soit. ''

Il s'agit bien d'une quête d'identité, de l'histoire d'une naissance ou plutôt re-naissance de celui qui se serait engourdi. A travers l'africain exilé, il s'agit de moi, de vous, et de tous ceux qui à travers les ornières et les obstacles de la vie sont en route vers sa source. J'ai donc poursuivi ma lecture avec "Nous les enfants de la tradition"où Osele poursuit sa recherche vers l'essentiel, son chemin vers la lumière qu'il trouvera en lui-même.

Il y aura toujours cette voix en moi que rien n'a jamais pu réduire au silence et qui s'acharne à me souffler que vivre, c'est descendre toujours plus loin en nous, que le seul combat qui vaille la peine d'être mené, c'est celui qui descelle et dénude. Il ne saurait se confondre avec aucun mensonge et aucune consolation.

Quel bonheur lorsque la lecture vous aide à "fermer les yeux et entendre battre la lumière en vous"(extrait d'une dédicace )

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