Est-ce dans la biographie de Berthe Morisot? ou dans celle de Degas? dans les écrits de Mallarmé ou au musée d'Orsay? Je ne sais plus où j'avais découvert les oeuvres de Mary Cassatt, cette américaine si parisienne, cette femme qui elle aussi dut se battre pour avoir une place dans le milieu masculin de la peinture au temps des impressionnistes.

J'avais l'intention d'aller voir ses oeuvres à l'American center of art & culture mais je voulais d'abord voir celles d'Edward Hopper que j'aime vraiment beaucoup. L'ennui c'est que le Grand Palais fait tant de battage, qu'il y a toujours un monde fou. Je voulais donc y être dès les premiers jours, avant l'envahissement de tous parce que c'est "l'expo" qu'il faut avoir vue, celle qui s'affiche en couverture des magazines et dont on parlera dans son salon, celle que les comités d'entreprise offrent aux employés en visites privées mais bondées. C'est formidable pour divulguer l'art et développer les connaissances mais c'est contrariant car tout ce monde grouille, déambule et papote autour de ce qu'on aimerait pouvoir apprécier longuement en silence.
Je suis donc passée au Grand Palais après avoir déjeuné au restaurant feutré du Rond-Point, le lendemain de l'ouverture, la bouche en coeur, sans réserver, prête à faire un peu la queue . ....2h d'attente annonce l'homme-barrière. Glups! demi-tour donc, direction avenue de New-York en longeant la Seine (et les voitures!) avec vue sur la Tour Eiffel toujours majestueuse entre les nuages et les arbres qui bordent la voie Pompidou.

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L'accueil au centre américain est très sympathique, le prix d'entrée raisonnable, et dans la salle d'exposition l'atmosphère est feutrée et l'éclairage intime. Il n'y a pas de bousculade, on peut prendre son temps et les échanges entre les visiteurs se font en chuchotant. C'est ainsi que j'aime les expositions! J'ai pu admirer la délicatesse des portraits et scènes intimistes gravées ou dessinées par Mary Cassatt. J'ai découvert une technique que je ne connaissais pas: la contre-épreuve. Il s'agit du transfert d'un pastel sur un papier humidifié, ce qui donne un effet très doux et léger que j'ai adoré!

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NB: Le gris du chapeau pour le sérieux, l'enveloppe visible qu'on porte aux yeux du monde, le gris sage un peu neutre sans risque et sans menace, le gris de leurs costumes ou de nos cheveux vieillissant, le gris clair auréole l'enfant sans prendre de lumière ni troubler le visage. Ainsi resplendit-elle, la fillette aux joues roses, ce rose presque rouge profond et grave. C'est l'éclat de la joue, la douceur de la robe et la force d'une parure sous le grand chapeau gris. Sans la passion trop rouge, sans puissance excessive, le rose éclaire la sérénité et l'harmonie de ce visage enfantin. Le vert autour de lui, vient en complément de couleur signer la finition de cette contre-épreuve que j'aime.

Alors, ma chère Bertille, l'ai-je réussi mon apostille?