Quatre heures seulement pour aller de Paris à Zurich, une heure de moins depuis que le TGV passe par Dijon au lieu de traverser l'Alsace et Strasbourg, quatre heures seulement de la Gare de Lyon à la gare centrale de cette cité lacustre entourée de montagnes où ma fille a choisi de vivre.

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A peine ai-je eu le temps de lire, de tricoter un peu, et de laisser mon esprit flotter au rythme du TGV, de sentir le ronronnement du train qui glisse entre le ciel et la terre mouillée, de guetter les grimaces de l'eau au fil d'une rivière grisonnante. Nuages serrés, peupliers dénudés et quelques vaches paisibles dans les prés encore verts. Petites maisons avec jardins, toits rouges salis par les ans, voitures alignées sur les longues routes grises... et hop me voici au coeur des lumières et de l'ambiance de fête qui précède Noël!

Dans le hall de la gare, Eve m'attend, l'immense sapin scintille de mille cristaux, dehors les décorations brillent et les choeurs d'enfants succèdent aux chorales dans le grand "Christmas tree" tandis que les odeurs de saucisses et de raclette titillent nos papilles. Chaque jour j'ai retrouvé Eve après son travail pour une crêpe ou une saucisse avec un vin chaud dans la rue alors qu'à midi elle m'a fait découvrir les restos qu'elle aime bien du côté de son bureau.

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J'ai marché dans la ville, visité le Kunthaus (musée des beaux arts), les belles oeuvres de Chagall et l'exposition de Giovanni Giacometi, le père d'Alberto, celui de "L'homme qui marche" que j'ai vu en bonne place dans un espace clair. Nous sommes allées voir "La maison Corse" au cinéma, écouter Maceo Parker dans la grande halle d'un théatre qui fêtait ses 20 ans. Lorsque la neige recouvrit la ville, nous avons longé le lac pour le grand plaisir de ma fille qui n'est pas fille de photographe pour rien!! Magnifique week-end blanc où nous avons flâné dans la vieille ville, fait quelques achats pour Noël, et sommes allées à Bâle voir les oeuvres tardives de Degas exposées à la Fondation Beyeler dans de vastes salles claires sans la foule et le bruit du Grand Palais...

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Quatre heures de train seulement pour une semaine avec ma fille, ça valait bien la peine! Le train a quitté la ville et ronronne à travers la campagne. Clochers esseulés au-dessus des habitations grises, haies basses et taillées dans les prairies désertes, tas de bois, murs de pierre, village aux rues silencieuses autour de son église. Tiens! là, sur son vélo, un homme qui pédale! En route vers Paris, je suis repartie dans le train qui respire et parfois souffle un peu. Gouttes de pluie sur les carreaux, je lis et somnole au rythme du retour.