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Dans les rues de la ville, j'ai toujours le nez en l'air. Comme sur un chemin de campagne, j'ai l'oeil aux aguets, les narines qui frétillent et l'oreille en alerte. A Vincennes ou dans Paris, que je me promène ou porte un panier pour aller au marché, je marche en touriste, toujours prête à découvrir une vibration de l'air, un éclat de lumière ou le chant d'un oiseau. Lorsque je travaillais et traversais le bois, lorsque je longeais La Chaussée de l'étang pour aller à l'école, souvent je m'arrêtais un instant. Je guettais les couleurs nouvelles du printemps ou l'odeur des feuilles mourantes au bord du lac, j'aimais découvrir la fraîcheur de l'air, le mouvement des nuages et le rythme du vent dans les branches.
Grâce au recensement, mes trajets varient et je fréquente des rues où je ne vais guère habituellement. Alors je remarque des pierres brillantes, des portes dentelées et des coins de verdure que je n'avais jamais regardés. Je prends parfois des photos mais surtout, j'inspire, j'expire et alors, je sens la vie en moi qui fusionne avec la vie alentour.