Je me réjouissais d'aller voir à Chaillot Metamorphosis.Dés l'entrée dans la salle, le décor m'a surprise et séduite. Quelle déception ensuite! Quelques danses m'ont fascinée, les références aux mythes fondateurs m'ont interessée, un moment de poésie m'a émue, la montée en puissance musicale m'a emprisonnée, mais chaque fois l'envolée qui se fait dans la violence et souligne la noirceur du monde m'a terrifiée. Le texte d'Ovide est un prétexte à plus de deux heures de bric à brac sonore et lumineux, à plus de deux heures de vomissures de couleurs et de mots. Cette vision de la violence du monde contemporain et de ses puissances manipulatrice est trop loin de moi, trop loin de l'espoir et de l'amour, de ma façon de voir le monde et d'appréhender la vie. Ce fut difficile à supporter aussi bien pour Pablo que pour moi. En sortant j'avais mal à la tête mal au coeur, envie de boire et de me laver.

metamorphosis.jpg un des moments que j'ai trouvé très beau au cours de cette soirée

Cette année c'est la première fois qu'un spectacle me déçoit mais heureusement j'ai vu d'autres choses!
En janvier ma fille et moi avons été enchantées par "La Locandiera" de Goldoni que nous avons vu le soir de mon anniversaire au théâtre de l'Atelier. Le texte vif est porté par d'excellents comédiens et nous avons bien ri et souvent souri avec émotion devant l'interprétation vive et légère de Dominique Blanc, Locandiera pétillante et futée, porte-drapeau des femmes.
Quand elle m'a invitée à voir "Le Pianiste aux 50 Doigts"de Pascal Amoyel au théatre du Ranelagh, Sylvie ne savait pas que j'adore Cziffra découvert grâce à Maman avec les Rhapsodies hongroises de Lizt lorsque j'étais enfant. Merveilleux partage musical qui donne envie de reprendre les propos du Canard enchaîné "Pascal Amoyel fait feu de tout doigt"ou de France musique "Le spectacle de Pascal Amoyel sur Cziffra… Bouleversant… des frissons !"
Quelle force sombre et quels comédiens dans "Mangez le si vous voulez" d'après Jean Teulé au théâtre Tristan Bernard. C'est l'histoire vraie d'un fait divers (1870)où un seul mot mal interprété conduit son auteur à la torture et à la mort. C'est terrifiant! Heureusement que le grotesque et l'humour nous aide à supporter cette histoire tellement possible, tellement actuelle.
J'ai vu "Liliom" au théâtre de La Colline, pièce écrite par un dramaturge hongrois dont Fritz Lang fit un film en 1934. Représentation sensible et fine pour d'émouvants personnages qu'on voit se battre pour sortir de la misère sociale mais aussi affective et culturelle.
Au théatre de Belleville, "La maladie de la mort" d'après Marguerite Duras est un spectacle étonnant et riche entre danse, performance théatrale et jeux de lumière magnifiques.
Avant d'en parler à mes amis et à leurs enfants j'ai vu Eve Dadiès, superbe sorcière clowne que je vous conseille d'aller voir avec vos 4- 8 ans si elle remonte sur scène aux prochaines vacances scolaires

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La lecture théatrale à Vincennes d "Exploits mortels" de Rasmus Lindberg m'a donné envie d'aller voir "Le mardi où Morty est mort à La Cartoucherie. Oui mais quand? ça ne dure que jusqu'au 13 avril et l'emploi du temps de mes soirées est très chargé jusque là!