Chaque année le 8 mars, j'ai le coeur en fête. Cette année j'ai fait un atelier de croquis "spécial femmes". Oui, aujourd'hui,c'était la journée de la femme. Oh je sais certains ricanent "vous avez une journée, nous en avons 364". Et j'entends celles qui pleurnichent "parlons-en", "de qui se moque t'on?". J'aurais pu tomber là-dedans moi aussi, féministe militante des années 60! il serait de bon ton d'être restée dans la grogne, de critiquer ou ridiculiser, de vouloir que les choses soient autrement, de vivre dans le manque. On nous y entraîne, partout, dans la presse, à la radio ou à la télé (bon là je ne suis pas très forte car depuis 7 mois, j'ai débranché la mienne) mais l'atmosphère est à la plainte, les désagréments sont valorisés, ce qui permet d'oublier les famines et les exterminations, les viols, les excisions, les morts, les horreurs, et les guerres qui rôdent tout autour. On manque de temps, d'argent, de robot, de montre, de bijoux, de loisirs, de soleil, etc...plaignons nous!

Aimer les choses simples, être satisfait de petites choses n'est pas moderne. Ce serait le privilège des esprits simples, des bienheureux. Sans doute suis-je de ceux là car j'ai décidé de voir les choses ainsi. J'ai appris à déceler les petits bonheurs, à grapiller une joie par-ci par-là, de me régaler d'une pomme de terre et de salade, je me suis exercée à repérer le moindre espoir, à apprécier la chance d'avoir un lit, une famille, des amis. Oui, pour moi chaque jour est la journée de la femme, chaque jour est la journée de l'homme, mais le 8 mars est le jour où je me sens reine, où chaque femme devrait porter une couronne.

reine.jpg fière de ma couronne de fleurs pour la Fête-Dieu à Ryes lorsque j'avais 7 ans