Depuis quelques temps je vais plus au théâtre qu'au cinéma.Pourtant j'ai vu récemment deux films qui m'ont touchée, Julieta parce que c'est beau. Beau du début à la fin, tout est beau, les couleurs, les visages, la finesse des sentiments...J'ai beaucoup aimé

Et dimanche j'ai enfin vu le film de Claire Simon sur le bois de Vincennes, MON bois, celui où je marche plusieurs fois par semaine. C'est là que j'ai étudié dés janvier 1969 après mes années à la Sorbonne dans l'université de nos rêves qui a complètement disparu . C'est le bois que je traversais chaque jour lorsque j'habitais avec G et partais prendre le métro tôt le matin pour ma première année d'enseignement, celui où j'ai emmené promener mes enfants presque chaque jour après l'école et tous les mercredis. J'ai reconnu tous les endroits, la grande prairie derrière la garde républicaine, la plaine de Beethoven, le lac Daumesnil, celui de Saint-Mandé et mon lac préféré, celui des Minimes. J'ai vu les petits chemins et les fourrés aux alentours de la porte jaune, les allées où mes enfants ont fait leur premiers essais en vélo. J'ai reconnu les terrains de rugby du Polygone et les profondeurs où s'abritent les tentes des sans-abris. J'ai vu la rivière où j'emmenais mes élèves pécher des tétards, où mon fils est tombé dans l'eau gelée recouverte d'une couche de glace sous les yeux de gens terrifiés . J'ai admiré des images qui ressemblent aux photos que je fais lorsque l'herbe est blanchie ou lorsque les bourgeons s'ouvrent. J'ai seulement regretté l'absence de la Cartoucherie. Dommage aussi de ne pas montrer de rondes joyeuses, ni de pique-nique de nos familles autour d'une nappe fleurie. Il n'y a pas non plus le vieux manège derrière la mairie où se sont succédées 3 générations de petits vincennois. Manquent les chants d'oiseaux et l'observatoire... Malgré ce choix de la cinéaste qui a préféré mettre en lumière des aspects plus secrets, j'ai passé un très bon moment en regardant "Le bois dont les rêves sont faits".

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